Covid19 : l'Italie entamera fin janvier une "campagne de vaccination sans précédent"

L'Italie entamera fin janvier une "campagne de vaccination sans précédent" en commençant par les catégories de la population les plus exposées au Covid-19, a annoncé samedi 21 novembre le ministre italien de la Santé Roberto Speranza.
 
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ILLUSTRATION. © Sylvie CAMBON / MaxPPP
Le calendrier de vaccination contre la Covid-19 s'accélère.

Alors que le laboratoire Moderna table sur une autorisation de mise sur le marché de sa formule aux Etats-Unis et en Europe dès la mi-décembre, et que Pfizer indique posséder un vaccin "efficace à 90%" ; aux quatre coins du globe, les pays s'organisent pour mettre au plus vite la main sur la solution gagnante.

Ainsi, en Italie, pays durement touché par la pandémie, une campagne de vaccination "sans précédent" destinée en priorité aux populations "les plus exposées" à la Covid-19 sera entamée dès la fin janvier.

Une campagne "requerra une mobilisation extraordinaire de toutes les forces en présence" a estimé le ministre de la Santé, Roberto Speranza, samedi 21 novembre.

Méfiance vis-à-vis du vaccin

L'annonce n'a pas été reçue partout dans la péninsule avec le même enthousiasme. Le mouvement opposé aux vaccinations compte ainsi de nombreux adeptes dans le pays.

Selon un sondage Ipsos en date du 5 novembre, seul 65% de la population italienne serait encline à se faire vacciner. Soit le quatrième taux le plus bas sur 15 pays étudiés, mais devant la France, avec seulement 54% de la population se déclarant "d'accord" ou "plutôt d'accord" pour un vaccin.
Dans le détail, et selon une étude du 17 novembre du même institut, 16% des Italiens interrogés affirment qu'ils refuseront le vaccin qui sera disponible en 2021 et 42% attendront pour en mesurer d'abord l'efficacité.

Seuls un tiers d'entre eux ont répondu qu'ils le feraient "certainement sitôt sera-t-il disponible". En outre, 58% estiment qu'il n'y en aura pas suffisamment pour tout le monde.

Les vaccins ont représenté un bond en avant dans l'histoire de l'humanité.

Roberto Speranza, ministre de la Santé italien



Un pourcentage d'individus enclins à se faire vacciner insuffisant pour garantir une immunité grégaire – ou de groupe -.

Cette notion médicale représente le moment à partir duquel un taux suffisant d'une population est immunisé contre une maladie. Les personnes vaccinées agissent ainsi comme une "barrière" face à la maladie, empêchant sa transmission. Pour la Covid-19, ce seuil est estimé autour de 70%.

"Les vaccins ont représenté un bond en avant dans l'histoire de l'humanité" a ainsi rappelé le ministre italien de la Santé, insistant sur l'importance de se faire vacciner.

"Aujourd'hui, nous parlons d'une possibilité concrète [...] Dans peu de temps nous pourrons disposer de cet instrument et cela nous donne la mesure de la capacité de l'être humain à réagir face à un défi aussi grand", a-t-il ajouté.

Mise au point du comité technico-scientifique

Le 20 novembre, veille de l'intervention du ministre, le comité technico-scientifique, un organisme public chargé de conseiller le gouvernement dans sa politique de lutte contre la pandémie, avait rappelé que "la présence de l'Agence italienne du médicament et des agences internationales de régulation nous donne des garanties sur la sécurité des vaccins".

La présence de l'Agence italienne du médicament [...] nous donne des garanties sur la sécurité des vaccins.

Une mise au point intervenue après qu'un virologue de renom, Andrea Crisanti, très présent dans les médias, eut déclaré : "Normalement il faut de cinq à huit ans pour produire un vaccin et donc celui de janvier, moi, je ne le ferais pas".

Plus de 48.000 décès depuis le début de la pandémie

L'Italie est le premier pays européen à avoir été durement frappé par la première vague de la pandémie. Il a jusqu'ici enregistré au moins 1,34 million de cas, dont plus de 48 000 ont été mortels. Le pays est également le deuxième le plus vieux au monde après le Japon, quand les populations les plus âgées sont les plus à risque face au coronavirus.

La péninsule est actuellement divisée en différentes zones en fonction des risques face à la pandémie, allant du rouge au jaune en passant par l'orange. Tout le pays doit respecter un couvre-feu actif entre 22h et 5h.
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