Déserts médicaux : la Corse manque de certains spécialistes

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Écrit par Audrey Altimare .

L'association des maires ruraux de France a publié, le 30 septembre dernier, une étude sur la santé en milieu rural. L'association pointe du doigt de nombreux déserts médicaux, mais la Corse semble mieux s'en sortir que d'autres territoires même si l'île affiche des besoins dans certaines spécialités.

"Les chiffres exclusifs du manque de médecins". C'est en ces termes que l'association des maires ruraux de France AMRF) introduit ses études sur la santé en milieu rural.

Ainsi, au niveau national, l'AMRF évalue à 10 millions le nombre de Français vivant dans "un territoire où l'accès aux soins est de qualité inférieure à celle de la moyenne du pays". "Six millions d'entre eux résident à plus de 30 minutes d'un service d'urgence", précise le document de 15 pages.

Ces études visent à montrer "l'importance de la proximité dans l'organisation du service de santé" tout en proposant d'ouvrir un "débat contradictoire afin d'offrir de nouvelles solutions aux habitants du monde rural."

Selon l'association, dans les bassins de vie ruraux, un médecin généraliste couvre en moyenne 30 km2, contre 5 km2 dans les bassins de vie urbains. "La réalité de l'accessibilité à la présence médicale est six fois plus faible en milieu rural qu'en ville", alerte l'AMRF.

Cinq médecins généralistes manquants à Ghisonaccia

Actuellement, la moyenne nationale du nombre de médecins généralistes est de 0.83 pour 1.000 habitants. Si la Corse semble bien lotie, deux intercommunalités souffrent d'un manque. Ainsi, pour la communauté de communes de Castagniccia-Casinca, Penta-di-Casinca a été choisie comme exemple. 30 médecins généralistes y exercent, pour 39.435 habitants, soit une densité de professionnels de santé de 0.8 pour 1.000 habitants. Pour atteindre la moyenne nationale, la commune manque de trois médecins, soit un manque de 10 %.

Même constat pour Ghisonaccia, de la communauté de communes du Fiumorbu-Castellu, qui compte 11 médecins généralistes pour 19.634 habitants, soit une densité de professionnels de santé de 0.6 pour 1.000 habitants. Pour atteindre la moyenne nationale, il manque cinq médecins à la commune, soit un manque de 45 %.

À titre indicatif, pour des populations environ équivalentes aux villes insulaires étudiées, Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), 17.171 habitants, compte un médecin généraliste. Il faudrait 14 praticiens supplémentaires pour atteindre la moyenne nationale, soit un manque de 1.300 %. À Vierzon (Cher), 43.822 habitants, 18 médecins sont installés, il en faudrait 36 pour atteindre la moyenne nationale, soit un manque de 100 %. 

Un manque de certains spécialistes dans l'île

En plus des médecins généralistes, l'étude de l'AMRF dresse également le bilan de l'accès à 11 spécialités étudié à l'échelle départementale : Anesthésie-Réanimation ; cardiologie ; dermatologie et vénérologie ; gynécologie ; gastroentérologie et hépatologie ; ORL et chirurgie cervico faciale ; ophtalmologie ; pédiatrie ; psychiatrie ; radiodiagnostic imagerie médicale ; rhumatologie.

La Corse-du-Sud affiche un excédent de 23 médecins comparé à la moyenne nationale toutes spécialités confondues. Néanmoins, cette moyenne n'est pas atteinte en gynécologie (trois médecins manquants), pédiatrie (un médecin manquant), psychiatrie (un médecin manquant).

La Haute-Corse manque quant à elle de 16 médecins par rapport à la moyenne nationale toutes spécialités confondues. Ces besoins se retrouvent en dermatologie (quatre médecins manquants), gynécologie (un médecin manquant), ORL (un médecin manquant), pédiatrie (trois médecins manquants), radiodiagnostic imagerie médicale (sept médecins manquants).

Quatre propositions de l'association des maires ruraux de France

Afin de répondre au mieux aux problématiques soulevées par ses études, l'association des maires ruraux de France établit quatre propositions. D'abord, "donner les moyens aux étudiants en santé de faire des stages hors du lieu de formation initiale", puis "mettre en place et développer les équipes de soins coordonnées autour du patient". Ces dernières permettent de ramener le patient au cœur du sujet, en permettant à n'importe quel professionnel de santé présent aux côtés du patient, de déclencher une coordination au cœur d'un épisode de soin.

Troisième proposition : "faciliter l'installation afin de permettre une meilleure répartition des professionnels de santé." Pour cela, l'AMRF milite pour la création d'un guichet unique d'accompagnement qui centralise, à l'échelle de chaque département, les besoins territoriaux, les aides financières, l'accompagnement administratif et les informations relatives à la vie familiale du professionnel.

Enfin, elle souhaite développer de nouvelles manières de pratiquer susceptibles d'assurer à la population une prise en charge rapide et en proximité. Faciliter pour tous les professionnels de santé les exercices mixtes, ville hôpital, particulièrement en zone sous dotée. Développer le partage des compétences entre professionnels de santé.

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