Don Georges Gianni élu président du Syvadec 

Le nouveau président du syndicat de valorisation des déchets est Don Georges Gianni. Il a obtenu ce matin 62 voix sur les 105 délégués du Syvadec et dépasse ainsi le second candidat Guy Armanet soutenu par Gilles Simeoni. L’élection d'aujourd'hui a aussi été le théâtre de faits plus politiques
Ce mardi 18 août, Don Georges Gianni, maire de Lecci, a été élu président du Syvadec.
Ce mardi 18 août, Don Georges Gianni, maire de Lecci, a été élu président du Syvadec. © Jennifer Cappai / France 3 Corse
Don Georges Gianni, maire de Lecci, a été élu président du Syvadec (syndicat de valorisation des déchets corses) ce mardi 18 août. Avec 62 bulletins sur 105 en sa faveur, il distance de 20 voix sur rival de Femu a Corsica, Guy Armanet, maire de Santa-Maria-di-Lota.

 

Malgré ce résultat plus que confortable cette élection ne s’est pas faite dans le consensus. La composition du bureau a divisé les élus. Deux vice-présidences ont été proposées à la communauté d’agglomération de Bastia (Cab) et trois pour la communauté d’agglomération du pays ajaccien (Capa). 

En début d’après-midi, les élus de la Cab, du Cap, de L’Île-Rousse-Balagne, de l’Alta-Rocca et d’une partie du Sud ont refusé de participer aux votes et quittent les lieux. Pour eux, la garantie d’application de la collectivité de Corse n’était pas acquise. « J’ai été très clair. J’ai dit que nous allions appliquer cette feuille de route validée par la collectivité de Corse. On le fera aussi vite que l’on pourra », assure le nouveau président du Syvadec. En signe d’apaisement, les deux vice-présidences de la Cab ont été laissées vacantes. La porte du dialogue reste ouverte. 
 

« On a aucun respect pour notre village »


Si les enjeux de ce nouveau mandat sont nombreux, le premier réside dans la résolution d’une crise des déchets qui dure depuis des années. L’enfouissement des déchets est au cœur des préoccupations.

Durant l’élection des vice-présidences, Jean Peyrenet, élu de la communauté de commune du Sartenais-Valinco prend position. Il ne veut pas que sa commune serve d’exutoire pour tous les déchets de Corse. « Je considère que l’on surexploite Viggianello et que l’on n’a pas de solution. Et non seulement on n’a pas de solution, mais en plus, on a aucun respect pour notre village », déplore-t-il. 
 
Don Georges Gianni élu président du Syvadec
 

Vers la création de nouveaux centres d’enfouissement ?


Dans les faits, même si le centre d’enfouissement de Prunelli-di-Fiumorbu va bientôt arriver à saturation, tout comme celui de Viggianello d’ici octobre, les solutions proposées par Don Georges Gianni ne sont pas faites pour rassurer l’élu du Sartenais-Valinco. « Aujourd’hui, on a une possibilité de remettre 25.000 tonnes supplémentaires à Viggianello. Et pour l’année prochaine et il y aurait une autre capacité supplémentaire de 50.000 tonnes sur Viggianello. Cela nous permettrait de faire le joint avec Viggianello 2 s’il est entièrement validé », indique le président du Syvadec. 

D’autres pistes sont envisagées comme la création d’autres centres d’enfouissement. « Ghjuncaghju a juridiquement la possibilité d’ouvrir d’ici 2021 et des études ont été réalisées sur Moltifao. À ce jour, elles sont favorables et nous permettent d’avancer dans ce dossier, en espérant que ça aboutisse », détaille Don Georges Gianni. 
 

Les élections territoriales en toile de fond ?

Le résultat de cette élection est un échec pour la majorité territoriale, Guy Armanet est un proche de Gilles Simeoni. Don Georges Gianni, lui, a notamment été par le président de la Capa, Laurent Marcangeli. 

 
Entretien avec Don Georges Gianni, nouveau président du Syvadec


Faut-il voir dans cette élection une lutte d’influence en vue des territoriales ? Une chose est sûre, le poids politique de Laurent Marcangeli aura été déterminant dans ce vote. Pour lui, il faut changer la gouvernance du Syvadec. « Chacun doit prendre ses responsabilités. Un vote s’est exprimé et il ne fait pas l’ombre d’un doute. Soit on dit, on travaille tous ensemble, si on a une petite divergence on la fait trancher par le vote. Soit on fait un enfant capricieux et quand on perd on fait la tête et on s’en va. Je pense que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire les choses. Si à l’avenir certains votes ne plaisent pas à tout le monde, on va être dans des situations de blocage à longueur de temps », estime-t-il. 

Pour le moment, le président de la Capa n’est pas officiellement candidat aux élections territoriales. Selon nos informations, il enchaînerait les entretiens avec des élus à travers l’île. L’annonce potentielle de sa candidature est attendue après les élections sénatoriales. 


 
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