En Corse, toujours plus de déchets et un coût de traitement toujours plus élevé

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Écrit par A.A. avec A.S.

La synthèse annuelle de l'observatoire des déchets ménagers de Corse (Odem) a été publiée le 21 juin. Elle fait apparaître que si le tri progresse, la production augmente tout comme le coût de traitement qui reste supérieur à la moyenne nationale.

243.933 tonnes. C'est la quantité de déchets produits en Corse durant l'année 2021 et révélée par le rapport annuel de l'observatoire des déchets ménagers de Corse (Odem), rattaché au Syvadec, et publié le 21 juin dernier.

Comparée à l'année précédente, cette production a augmenté de 8 %. "Cela représente 721 kg par habitant, explique Don-Georges Gianni, président du Syvadec. À l’exception de l’année 2020, marquée par la situation sanitaire et le recul de l’activité touristique, la production globale de déchets est en augmentation constante depuis 2017. Cette évolution est due à l’importante croissance démographique régionale (plus de 1 % en moyenne par an contre une moyenne nationale de 0,4 %) ainsi qu’à la hausse de l’activité touristique."

62 % de taux d'enfouissement

Et ces ordures sont particulièrement polluantes. Ainsi, en Corse, 62 % d'entre elles sont enfouies, contre 21 % au niveau national. Un taux élevé notamment dû à un tri encore insuffisant.

Si sa part a augmenté de 12 points ces six dernières années, elle ne s'élève qu'à 38 % actuellement. "Les collectes sélectives (verre, papier, emballages et biodéchets) augmentent de 15 % entre 2020 et 2021. La marge de progression reste importante eu égard aux volumes de déchets valorisables encore présents dans les poubelles d’ordures ménagères", commente Don-Georges Gianni.

Et le coût global de traitement reste très élevé. En Corse, il faut compter 268 euros, hors taxes, par an et par habitant contre 152 euros en moyenne au niveau national en zone touristique. Soit 116 euros de plus par an et par personne.

Pourquoi cette différence ?

Cet écart s'explique notamment par l'absence d'économie d'échelle dans le tri. Ainsi, plus les quantités sont faibles, plus les coûts sont élevés. Par exemple, pour trier une tonne d'emballage en Corse, il faut débourser 1.120 euros contre 246 euros en moyenne au niveau national où les infrastructures sont adaptées au pic touristique sans contrepartie financière. Enfin, le transport représente 13 % du coût total, contre 8 % sur le continent.

Le tout est essentiellement payé par le contribuable via la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Entre 2019 et 2020, cette dernière a augmenté de 4.8 %, mais, sur la même période le coût du service a affiché une hausse de 11 %.