À Patrimonio, certains viticulteurs tentent de s’adapter au réchauffement climatique

C'est le temps de la taille dans les vignes des domaines corses. Une taille un peu tardive, car cette année, les feuilles sont tombées tard. Mais le climat qui se réchauffe inquiète les vignerons, qui doivent s'adapter. Reportage au Domaine Montemagni, à Patrimonio.

Le geste est le même depuis toujours. Mais les outils sont plus modernes. Des sécateurs électriques, et une taille un peu tardive, pour préserver d’un éventuel gel.

Néanmoins, la préoccupation des viticulteurs cette année, c’est surtout le climat. « Ici, la vigne est taillée en gobelet, c’est-à-dire qu’elle n’est pas attachée par des fils. La vigne souffre peut-être un petit peu moins, elle est plus proche du sol et on essaye de laisser les terrains enherbés. Ça protège grâce à l’humidité que l’herbe apporte », indique Nadine Montemagni, viticultrice. 

Son père, Louis Montemagni, a 96 ans. Il a planté les premiers pieds de vigne sur ces terres il y a soixante ans. Il perçoit le changement de climat, et la sécheresse l’inquiète. « Sans eau, on ne fait rien. La plante a besoin d’eau et à partir de là, s’il n’y a pas d’eau, elle ne poussera jamais », indique-t-il. 
Cette année, la station météo a mesuré dix fois moins d’eau que les années précédentes. Alors, sur les 80 hectares du domaine, il faut s’adapter, par tous les moyens.

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Sybille Broomberg ; Enzo Giugliano ; Nicolas Burlaud ©France Télévisions

« Le Vermentinu est plus adapté à la chaleur et la sécheresse »

Sur une des parcelles, par exemple, les Montemagni ont gardé les pieds de vigne plus anciens, pour y greffer un autre cépage. Les racines, plus profondes vont chercher l’eau dans le sol. « C’était une parcelle de Muscat et on l’a sur-greffé en Vermentinu. On trouve le Vermentinu plus adapté à la chaleur et à la sécheresse », précise Christian Delaire Montemagni, viticulteur.

Autre méthode : l’enherbage. Un engrais vert, naturel, semé volontairement entre les vignes pour favoriser l’humidité des sols. « Si on prend une vigne sur un sol nu, il ne va pas y avoir d’insectes et de microorganismes. Alors que sur un terrain enherbé, il va y avoir une vie beaucoup plus importante et ça va avoir un impact beaucoup plus qualitatif sur la vigne, sur le raisin », soutient Aurelie Melleray, œnologue au Domaine Montemagni.

S’ils veulent préserver leurs cépages et leur domaine, nul doute que dans les années à venir, les viticulteurs devront continuer à développer des outils pour lutter contre le réchauffement climatique.