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Bastia : l'IRA bientôt réformé

Ouvert en 1980, l'institut régional d'administration (IRA) de Bastia forme des cadres intermédiaires de la fonction publique. / © France 3
Ouvert en 1980, l'institut régional d'administration (IRA) de Bastia forme des cadres intermédiaires de la fonction publique. / © France 3

Ouvert en 1980, l'institut régional d'administration (IRA) de Bastia forme des cadres intermédiaires de la fonction publique. Cette année, ils sont 146 inscrits, d'horizons divers, la dernière promotion sous cette forme. L'an prochain, la formation sera remodelée, ce qui inquiète les syndicats.
 

Par Emilie Araudeau / France 3

Chaque année depuis 1980, l'institut régional d'administration (IRA) de Bastia accueille une nouvelle promotion de stagiaires fonctionnaires. Toute une population, qui pendant neuf, dix, onze mois, sort, mange, dort... Bref, consomme dans une ville qui, le plus souvent n’est pas la sienne : sur les 146 inscrits cette rentrée, 137 ne viennent pas de Corse.

137 nouveaux habitants doivent donc se loger, sans APL, puisqu’ils sont des salariés de la fonction publique. Heureusement... l'IRA a un truc pour les aider, un truc dont a bénéficié Elisabeth Millard pour trouver un 25 m2 en centre-ville, à 400 euros par mois : « C'est la première fois que je viens en Corse. J’ai trouvé mon appartement grâce à l’association des élèves qui répertorie un ensemble de biens à la location pour les élèves de l'ira. Tout s'est très bien passé. Ma propriétaire a l'habitude de recevoir des élèves de l'IRA".
Bastia : l'IRA va être réformé
Intervenants - Alexis Gouhier, stagiaire-fonctionnaire de l'IRA de Bastia // Elisabeth Millard, stagiaire-fonctionnaire de l'IRA de Bastia // Elisabeth Millard REVIENT, stagiaire-fonctionnaire de l'IRA de Bastia // Yasmina Dufour, stagiaire-fonctionnaire de l'IRA de Bastia // Emmanuelle Afonso, stagiaire-fonctionnaire de l'IRA de Bastia // Didier Grassi, CFDT Corsica des personnels de l'IRA de Bastia // Yvon Alain, directeur de l’IRA de Bastia___ Equipe - Emilie Arraudeau, Typhaine Urtizvéréa

Elisabeth Millard est une parisienne de 22 ans, fraîchement diplômée en droit des affaires à l’université d’Assas… Parmi les 5 IRA de France, la cadette de la promo a choisi Bastia pour son environnement. « L'IRA de Bastia est une belle opportunité pour moi, car il y a beaucoup de postes au ministère de l'environnement. Et il y a un patrimoine naturel assez formidable en Corse, dont je vais pouvoir profiter toute cette année ». Sur les bancs de l’IRA, elle va notamment côtoyer Yasmina Dufour. A 60 ans, l'aînée des stagiaires est fonctionnaire depuis 38 ans.... "J’ai tenté  le concours de nombreuses fois au cours de ma carrière, à Bastia mais aussi à Metz. Par persévérance j'ai réussi cette année", explique Yasmina Dufour. « Je suis enchantée de suivre cette formation qui est professionnalisante et qualifiante. Ca va me permettre d'évoluer avec des jeunes et des moins jeunes et de développer  un réseau professionnel", poursuit-elle.



Devenir attaché d'administration

A Bastia, Elisabeth et Yasmina vont suivre exactement la même formation pour devenir des attachées d'administration .... Ce qu'on appelle des cadres intermédiaires. Elles seront susceptibles d’occuper les mêmes types de postes.

Cette extrême diversité du public accueilli fait partie de l'ADN des instituts régionaux d'administration. A Bastia cette année, 73 élèves sont issus du concours externe ; 56 du concours interne ; 17 ont emprunté la 3è voie, réservée aux personnes ayant acquis une expérience dans le privé, l'associatif ou la politique.

Mais intégrer l'IRA, c'est d’abord réussir le concours. Pour cette promotion, 2119 candidats se sont présentés… pour 146 élus.

Parmi eux, Emmanuelle Afonso. Cette diplômée en gestion a passé quatre ans dans le privé sur le continent. L'IRA la ramène à sa vocation, le service public, et à sa ville natale. Elle fait partie des neufs insulaires de la 38è promotion : « J'ai choisi Bastia parce que je voulais me rapprocher de ma famille et avoir la possibilité d'avoir un poste ici, en Corse. Mettre mes acquis au service de l'administration au service de l'intérêt général, c'était vraiment très important pour moi. Or l'IRA propose justement de le faire ; Ca a motivé mon choix, d'autant plus que j'ai une maman dans la fonction publique, donc je connais très bien cet univers. Le fait que l'IRA soit à Bastia m’a décidée ».


Une réforme qui réduit le nombre d'étudiants

Ces stagiaires de la fonction publique sont rémunérés, à partir de 1300 euros net par mois pour les externes... les fonctionnaires en activité sont maintenus dans leur revenu durant la formation. Ces salaires et ceux du personnel absorbent l'essentiel du budget des IRA. A Bastia, cette année, il est de 9 millions d'euros, mais il est appelé à baisser ; environ de 10 % dès la rentrée prochaine. Cette économie est l'un des objectifs affichés par la réforme de la scolarité des instituts régionaux d’administration. Ce n'est pas la seule source d'inquiétude des syndicats. « La première inquiétude, c’est la fin de l’alternance, alors que c’est aujourd’hui une des forces de la formation de l'IRA, expose Didier Grassi, CFDT Corsica des personnels de l'IRA de Bastia . Mais il y a aussi une dimension plus locale : le fait que la réforme réduise le nombre d'élèves par promotion aura forcément un impact économique sur la vie de la cité".

Car la réforme va profondément modifier le fonctionnement de l'IRA : au lieu de 150 élèves pendant un an, Bastia accueillera successivement deux vagues de 75 élèves différents pendant six mois. Pour la direction, ce changement sera au bénéfice de la formation. "Nous avons souhaité cette réforme, explique Yvon Alain directeur de l'IRA de Bastia, pour avoir des instruments plus adaptés afin de suivre individuellement chacun de nos élèves. La réforme a aussi pour objet de mieux s'adapter à une administration qui bouge. Il faut que nous puissions introduire des préoccupations nouvelles, le numérique, le management, les risques psycho sociaux… Un certain nombre de choses doivent être ancrés dans les textes qui définissent aujourd'hui notre formation".

Cette 38è promotion sera donc la dernière de l'ancien régime : en février, chaque élève sera affecté, selon ses notes, à un univers : administration centrale, services déconcentrés ou Education nationale. En juillet, les postes libres, à pourvoir au 1er septembre seront connus.  Les stagiaires, qui se sont engagés à servir l’Etat pendant 5 ans, ne pourront les refuser sous peine de devoir rembourser leur scolarité.

 

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