Environnement : de nouvelles mesures pour encadrer le futur centre d'enfouissement de déchets de Giuncaggio

Deux arrêtés destinés à protéger l'environnement ont été pris par le préfet de Haute-Corse concernant le projet de nouveau centre d'enfouissement de déchets de Giuncaggio. Un projet contesté par des défenseurs de l'environnement. Et censé soulager la Corse pour les 30 ans à venir. 

Illustration. La Corse peine à gérer ses déchets depuis une vingtaine d'années.
Illustration. La Corse peine à gérer ses déchets depuis une vingtaine d'années. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Un arrêté de 70 pages porte sur les prescriptions environnementales et l'autre sur les servitudes prévues autour du site, ces demandes devant être prises en compte par l'opérateur Oriente Environnement "sous trois mois".

Parmi les nombreuses mesures demandées figurent notamment "une évaluation des eaux d'écoulement des casiers" de déchets enfouis, une étude supplémentaire sur les dangers et un protocole de surveillance des risques de pollution.

Ces garanties environnementales visent à s'assurer que l'activité du centre ne pollue pas le site et notamment le Tavignano, deuxième fleuve de Corse, situé à proximité, ainsi que sur la filière clémentines, produite en aval.

Une dérogation pour les espèces protégées 

Pour lancer la construction de ce centre, Oriente Environnement doit encore obtenir une dérogation pour les espèces protégées délivrée par une commission nationale, a précisé mardi le préfet François Ravier, ajoutant qu'elle n'avait à sa connaissance pas encore été demandée.

"Pas un coup de pioche n'est possible sans elle", a-t-il assuré. 
Incapable de gérer ces déchets, la Corse a fini par les expédier sur le continent en avril 2020.
Incapable de gérer ces déchets, la Corse a fini par les expédier sur le continent en avril 2020. © Jean-Pierre BELZIT / MaxPPP

2,4 millions de tonnes enfouies

Le projet de centre d'enfouissement de Giuncaggio, porté par l'opérateur privé Oriente Environnement, prévoit une capacité annuelle de 80.000 tonnes pendant 30 ans.

D'abord bloqué par un arrêté préfectoral, il a finalement été autorisé par deux décisions de justice, prises par le tribunal administratif de Bastia, puis la cour administrative d'appel de Marseille.
Le projet de nouveau centre d'enfouissement de Giuncaggio (Haute-Corse) très contesté par des défenseurs de l'environnement.jpg
Le projet de nouveau centre d'enfouissement de Giuncaggio (Haute-Corse) très contesté par des défenseurs de l'environnement.jpg © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Un projet très contesté

Un nouveau recours devant le Conseil d'Etat a été déposé mais il n'est pas suspensif.

Le collectif de riverains Tavignanu Vivu, opposé à ce centre, avait alerté fin 2019 Emmanuel Macron, assurant que ce projet mettrait "sciemment en danger la population, l'économie et l'environnement" de toute une région.

Sans incinérateur sur son territoire et dotée de seulement deux centres d'enfouissement, à Prunelli (Haute-Corse) et Viggianello (Corse-du-Sud), la Corse peine à gérer ses déchets depuis une vingtaine d'années.
 
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