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Le Collectif des victimes de la catastrophe de Furiani “scandalisé” par la distinction d'un préfet

Le 5 mai 1992, l'effondrement d'une tribune avant la demi-finale de Coupe de France, qui devait opposer Bastia à Marseille, a fait 18 morts et plus de 2 300 blessés. / © Eric Cabanis / AFP
Le 5 mai 1992, l'effondrement d'une tribune avant la demi-finale de Coupe de France, qui devait opposer Bastia à Marseille, a fait 18 morts et plus de 2 300 blessés. / © Eric Cabanis / AFP

Le Collectif du 5 mai 1992 s'est ému, ce matin, de la légion d'honneur décernée à Raymond Le Deun. A l'époque directeur de cabinet du préfet de Haute-Corse, il avait été désigné parmi les responsables de la tragédie du stade Armand-Cesari.

Par Axelle Bouschon

"Qui sera le prochain à être distingué ? " C'est la question que pose Le Collectif du 5 mai 1992 ce matin.

L'association s'offusque de la légion d'honneur décernée à Raymond Le Deun, préfet du Morbihan depuis 2016, et tout nouvellement appointé à la tête de la préfecture du Val-de-Marne.

Le haut fonctionnaire, rappelle le collectif, était en 1992 président de la commission départementale de sécurité. Il avait été reconnu en partie responsable par la justice de la catastrophe de Furiani.

"L'Etat honore donc un des responsables de la plus grande catastrophe du sport français", s'émeut le collectif, qui se dit "scandalisé".


Sécurité insuffisante



Le 5 mai 1992, la tribune du stade Armand-Cesari, à Furiani, s'effondre en plein match opposant le SC Bastia à l'Olympique de Marseille.

A la veille du match, le 4 mai 1992, les travaux de cette tribune, commandés par les dirigeants du club pour augmenter la capacités de place du stade, ne sont toujours pas finalisés.

La commission de sécurité en charge d'inspecter le chantier juge même le niveau de sécurité comme étant "très insuffisant". Le chantier se poursuit le jour du match, et une ultime commission de sécurité est tenue alors même que les portes du stade s'ouvrent au public.

Mais Henri Durand, le préfet de Haute-Corse, et Raymond Le Deun, son directeur de cabinet, restent injoignables. Aucun autre fonctionnaire de la préfecture ne se trouvant sur les lieux, le match débute sans avis validé par la commission de sécurité. 


Tragédie


Dès les premières instances de la rencontre, les responsables de sécurité s'inquiètent : les boulons et les écrous de la tribune, terminée dans l'urgence, ont déjà commencé à se dévisser. 

Le commentateur du match invite les spectateurs à "ne pas taper des pieds" mais en vain : à 20h23, la partie haute de la tribune nord s'écroule. Pour les spectateurs situés au plus haut des gradins, c'est une chute de 15 mètres.

Au total, cette tragédie aura entrainé la mort de 18 personnes, et blessé 2 357 autres.

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