Le Centre Corse : c'est sans doute là que le chamboulement provoqué par le redécoupage des cantons est le plus spectaculaire. Le canton de Golo Morosaglia réunit 55 communes et presque quatre anciens cantons.
C'est à la fois le plus grand et le moins peuplé des cantons de l'île, 750 km2 pour à peine 9000 habitants.
Dans cet immense territoire, quatre binômes sont en concurrence, dont deux menés par des conseillers généraux de l'actuelle majorité PRG. Le président du Conseil exécutif de Corse Paul Giacobbi n'a pas désigné officiellement son candidat.
Elu conseiller général en 2008 , Dominique Vanucci ne se présente pas. Son canton de Bustanico a disparu, coupé en deux : cinq communes ont basculé avec Ghisonaccia, dix-neuf font partie du canton de Golo-Morosaglia.
Ce territoire, fait de petits villages, compte un seul bourg d'un millier d'habitants : Ponte Leccia. L'ensemble trouve sa cohérence dans sa ruralité et l'état de ses routes.
Le maire et conseiller général de Campile, Jean-Marie Vecchioni, est candidat dans ces élections départementales. Face à lui, deux autres conseillers généraux : Jacques Costa, maire divers gauche de Moltifao et Jean-Baptiste Castellani, élu UMP du Niolu.
Des candidats et une question : comment incarner un aussi vaste territoire ? Les difficultés du territoire font partie de son attrait. La lutte contre la désertification a également motivé la candidature pour Corsica Libera de François Sargentini, adjoint au maire de Tralonca.
L'enjeu de cette élection se mesure aussi à l'échelle institutionnelle et doit préparer le territoire à la future collectivité unique. Pour effectuer ce travail, le binôme élu du Golo-Morosaglia n'aura que deux ou trois ans.
Bien peu au regard du gigantisme de ce canton. Et de ses multiples problématiques.
Reportage d'Emilie Arraudeau, Grégoire Bézie, Jacques Antomarchi