Deux foyers de fièvre catarrhale recensés en Corse

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Écrit par Axelle Bouschon
Plusieurs bêtes sont décédées de la maladie, comme ici, dans cet élevage à Ghisonaccia.
Plusieurs bêtes sont décédées de la maladie, comme ici, dans cet élevage à Ghisonaccia. © Guillaume Leonetti / FTV

La maladie n'avait pas été recensée en Corse depuis 2017. Selon nos informations, deux foyers de fièvre catarrhale ovine ont été notifiés en Haute-Corse et en Corse-du-Sud, au cours de la semaine passée. Plus d'une dizaine de brebis ont été, à ce jour, testées positives.

Selon nos informations, deux foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO), également connue sous le nom de "Bluetongue" ou maladie de la langue bleue ont été répertoriés dans un élevage de Ghisonaccia et un en Corse-du-Sud, respectivement les 13 et 15 octobre. 

En Haute-Corse, l'alerte concerne un troupeau de 800 brebis, sur le domaine de Pinia, pour lequel au moins 10 cas de contamination ont pour l'heure été confirmés, entraînant le décès de plusieurs bêtes. Un vétérinaire qui s'est chargé d'effectuer les prélèvements sur les animaux et souhaite conserver l'anonymat indique qu'il est question du type 4 du virus [on en recense au total 32 types, ndlr].

Soit le même sérotype que celui qui sévit depuis l'été en Sardaigne : au dernier bilan de veille sanitaire internationale en santé animale de la plateforme ESA (Epidémiosurveillance santé animale), daté du 12 octobre, on comptait 1431 foyers sur l'île (données du 28/09). Au total, sur les 698.039 ovins détenus au sein des foyers sardes, 64.435 présentaient des signes cliniques, et 10.033 sont morts, précise le bulletin hebdomadaire. Ce qui équivaut à un taux de létalité de 15,6%, de mortalité de 1,4% et de morbidité de 9,2 %.

Si aucun lien entre les contaminations recensées en Sardaigne et celles récemment relevées en Corse ne peut à ce stade être établi, les importations entre les deux territoires, séparés par seulement 14 kilomètres de mer, ont souvent été à l'origine de la naissance d'épidémies de FCO sur l'île de beauté.

Réunion d'information le 19 octobre

Contactée, la préfecture de Corse a répondu par voie de communiqué, ce dimanche 17 octobre. Elle confirme avoir été notifiée des deux foyers de contamination, et précise que "quelques suspicions remontées par les vétérinaires de terrain sont en ce moment investigués par le laboratoire."

La préfecture rappelle que dans ce contexte, une "surveillance accrue des troupeaux est nécessaire." Une réunion d'information est annoncée mardi 19 octobre entre les services de l'Etat, le groupement de défense sanitaire, l’interprofession ovine et les vétérinaires.

Pour lire le communiqué de la préfecture de Haute-Corse

Vaccins payants et difficiles d'accès

Ce sont les moucherons piqueurs de type culicoïdes qui infectent, en premier lieu, les ruminants domestiques : ovins, bovins et caprins. Ces insectes, qui évoluent généralement dans un climat chaud et humide, peuvent ainsi être porteurs de la FCO.

Une fois les bêtes infectées, il n'existe, à ce jour, pas de traitements possibles. Parmi les symptômes les plus courants, la fièvre, les troubles respiratoires, les salivations, un oedème de la face, une cyanose de la langue ou encore l'avortement.

Seule solution pour les éleveurs pour protéger leurs troupeaux : faire usage d'insecticides, ou faire appel au vaccin, seconde option vivement recommandée par la préfecture de région.

Problème, ce dernier n'est plus remboursé depuis le début d'année, et la vaccination contre le FCO n'est depuis 2020 plus obligatoire mais simplement "autorisée". Plus encore, les doses seraient dans tous les cas difficilement accessibles aux professionnels. Des éléments qui laissent craindre des faibles taux de vaccination des troupeaux insulaires.

Pas de dangers pour l'homme

Une fois introduite dans un troupeau, la fièvre catarrhale ovine est particulièrement virale et contagieuse, d'où l'importance pour les éleveurs de pouvoir rapidement repérer et isoler les bêtes atteintes. Asymptomatique ou hautement pathogène pour les animaux selon son sérotype, la FCO ne présente en revanche aucun risque pour l'homme, ni par le contact avec les bêtes, ni par leur viande ou leur lait.

Reste que cet épisode épidémique intervient à un "moment critique", en pleine saison de mise-bas des brebis et au début de la campagne laitière, insiste le vétérinaire interrogé par France 3 Corse ViaStella.

Présente en Corse depuis les années 2000

Originaire des zones subtropicales, la fièvre catarrhale ovine est détectée en Europe pour la première fois dès la fin des années 1950 au sud de l’Espagne et du Portugal, et circule en France continentale depuis 2006.

En Corse, la maladie, dans son sérotype 4, est recensée depuis le début des années 2000, et a été à l’origine d’une importante épizootie en 2003. Elle a depuis touché à plusieurs reprises les élevages insulaires. Le dernier épisode de FCO remonte à juin 2017 : à l'époque, 216 foyers avaient été confirmés et notifiés au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. L'épidémie avait occasionné de nombreux décès parmi les bêtes, et d'importantes pertes financières pour la filière.

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