Bastia : la procession de la Saint-Joseph a bien eu lieu, malgré l'interdiction de la préfecture

La préfecture de Haute-Corse avait interdit sa tenue, mais la confrérie de Bastia a bien organisé la traditionnelle procession de la Saint-Joseph, ce vendredi 19 mars. Un événement à comité réduit et au parcours considérablement écourté par rapport aux précédentes années.

La procession de la Saint-Joseph a débuté à 15h.
La procession de la Saint-Joseph a débuté à 15h. © Sarah Defranchi / FTV

La procession de la Saint-Joseph a bien eu lieu, ce vendredi 19 mars à Bastia. Le rendez-vous était donné à 15h, et la marche a duré une vingtaine de minutes. La confrérie a fait le choix de maintenir cette tradition annuelle, et ce malgré l’interdiction prononcé par la préfecture de Haute-Corse.

Des modifications ont néanmoins été concédées : le trajet a été considérablement réduit, et restreint au seul quartier de Saint-Joseph. Enfin, l’évènement n’a pas été communiqué publiquement, pour assurer que seule la trentaine de membres de la confrérie prenne part à la procession.

Reste qu'une cinquantaine de Bastiais ont rejoint, au fur et à mesure, les rangs de la procession.

Le risque d'une intervention des forces de l'ordre, qui aurait écourté la célébration, ne s'est pas réalisé, et celle-ci s'est déroulée interruption. "Ce n'est pas une déclaration de guerre à qui que ce soit", a martelé à plusieurs reprises José Gandolfi, président de la confrérie de Bastia, dans un discours précédant la procession. 

Ferme condamnation de la préfecture

Quelques heures après la tenue de la cérémonie, le préfet de la Haute-Corse, François Ravier, a "condamné avec la plus grande fermeté" l'organisation de l'évènement "malgré l’interdiction qui avait été prononcée après concertation avec les membres de l’Archiconfrérie Saint-Joseph et la mairie de Bastia." Plus encore, "il est tout de même paradoxal qu'on appelle au début de la procession à la responsabilité civile, et qu'on ne se l'applique pas à soi-même".

Il est tout de même paradoxal qu'on appelle au début de la procession à la responsabilité civile, et qu'on ne se l'applique pas à soi-même.

François Ravier, préfet de la Haute-Corse

"Alors que la progression de l’épidémie s’accélère nettement sur tout le territoire et que l’arrivée du variant britannique représente aujourd’hui plus des trois quarts des contaminations, certaines personnes ont pris aujourd’hui des risques inconsidérés pour elles-mêmes et pour les autres. Qui répondra de ces agissements inacceptables si un cluster se déclarait ?", déplore le préfet, qui en appelle à la responsabilité individuelle et au civisime de tous "afin de respecter les mesures de protection dans la lutte contre le Covid-19".

La préfecture conclut enfin avoir "signalé la tenue de cette procession à la justice qui appréciera les suites à donner." François Ravier entend désormais travailler à ce que des situations similaires ne se reproduisent pas.

François Ravier, au sujet de la procession de Saint-Joseph qui s'est tenue malgré son interdiction

Pierre Savelli, maire de Bastia, n'a de son côté pas souhaité communiqué sur l'évènement. Ce dernier indique ainsi avoir été en déplacement au moment des faits.

Impossibilité d'assurer "un strict respect des gestes barrières"

Le 18 mars, le préfet de Haute-Corse s’était opposé à la tenue de cet évènement. La préfecture tranchait ainsi que "compte tenu de la tradition fortement ancrée dans la culture locale et de l’intérêt très fort que portent les Bastiaises et les Bastiais à cet évènement, et donc des flux de personnes qui pourraient, de manière spontanée, défiler dans des rues dont certaines sont très étroites, ni l’organisateur, ni les services de l’État ne seraient en mesure d’assurer un strict respect des gestes barrières".

José Gandolfi s’était de son côté dans les derniers jours exprimé à plusieurs reprises en faveur du maintien de la procession, estimant qu'elle "répond à un véritable besoin d’exprimer sa foi pour la confrérie et les fidèles."

Messes à comité restreint

Outre la procession, les messes de la Saint-Joseph ont également été bouleversées en raison de la situation sanitaire. Seules les célébrations du matin (à 7h, 9h, et 10h30) ont été maintenues, et une quatrième messe devrait exceptionnellement se tenir demain, samedi 20 mars, à 10h30.

Le nombre de places a également été réduit : 105 places contre 240 habituellement, pour tenir compte des mesures de distanciation sociale et du bon respect des gestes barrières.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
religion société