Musique : Barbara Carlotti renoue avec ses racines corses

La chanteuse signe un sixième album où la Corse est à l'honneur, à travers des reprises parfois surprenantes, mais toujours très réussies, de Canta U Populu Corsu à Regina et Bruno, en passant par Tino Rossi, sans oublier le Tango Corse, dans une version renversante ! 

ILLUSTRATION/ Barbara Carlotti en concert
ILLUSTRATION/ Barbara Carlotti en concert © Alain JOCARD/AFP
Ce n'est pas la Corse fantasmée, vantée à longueur d'interview par les people qui passent leurs vacances sur l'île, que chante Barbara Carlotti sur son album. 

C'est une Corse profondément ancrée en elle. Depuis son enfance passée dans la région parisienne, au son des chansons de Charles Rocchi, Canta U Populu Corsu ou Maryse Nicolai entonnées par son père, originaire de Poggio di Venaco. 

Sur ce sixième album, intitulé Corse, île d'amour, un clin d'oeil amusé à Tino Rossi, Barbara Carlotti reprend des chansons de Regina et Bruno, Tony Toga, Canta ou Antoine Ciosi. 
En Corse, ou en français.La chanteuse ne se contente pas de reprises paresseuses, mais en propose des vraies adaptations, aux arrangements solaires, qui irriteront peut-être les tenants de l'orthodoxie musicale, mais raviront les amateurs de pop aérienne. 

Barbara Carlotti nous le confie, cet album, c'est "une manière de me réapproprier l'héritage culturel que j'avais reçu. De le rendre conscient."

Entretien avec Barbara Carlotti

- Comment est né Corse, île d'amour ?
A la fin d'un concert à la Gaîté Lyrique, une salle de concert parisienne, j'ai chanté une chanson de Tino Rossi. Dans le public, il y avait des membres de ma famille, et des amis corses. J'étais ému de les voir, alors j'ai entonné cette chanson, et tout a commencé comme ça. 

Tout ce répertoire, je l'ai reçu en héritage. Mes parents écoutaient des chansons corses tout le temps à la maison, c'était toute leur jeunesse. Même ma mère, qui n'est pas Corse, les chantait en phonétique !Je n'avais jamais réinterrogé cette partie de ma culture, qui a pourtant toujours été présente. Ce concert, ça m'a donné envie d'approfondir tout cela. J'avais envie d'en savoir plus, de remettre le nez là-dedans...

Ces chansons ont infusé en moi de manière inconsciente

- De quelle manière vous avez choisi les morceaux qui figurent sur l'album ? 
Ca a été assez simple, j'ai choisi mes chansons préférées. Il y a les chansons corses, mais également les chansons qui rendent hommage à la Corse, comme La ballade de chez Tao, d'Higelin, que je chante avec Izia, ou encore une ancienne de mes chansons, Ici, que j'ai reprise avec Pierre Gambini. 
En fait, cet album, c'est la Corse, et autour de la Corse. 

- Vous ne vous êtes pas contenté de simples copier-coller. Il y a un impressionnant travail de réorchestration...
J'ai abordé l'album comme si c'était un album de mes chansons. Je voulais les chanter à ma manière. Les arrangements, l'interprétation, c'est presqu'une sorte de synthèse de tout ce que j'ai fait jusque-là. 

C'est très pop. Je voulais montrer que ce sont des chansons intemporelles, qu'elles pourraient être écrites aujourd'hui, et avoir la même force, la même beauté. 
Barbara Carlotti sur scène en 2012 au Printemps de Bourges
Barbara Carlotti sur scène en 2012 au Printemps de Bourges © Jean-Baptiste QUENTIN/MAXPPP
 

Des mélodies intemporelles

- Que vous a appris l'enregistrement de cet album si particulier sur vous-même ?
C'est étonnant, parce qu'Etienne Daho me dit parfois que j'ai une articulation très précise, que je suis la chanteuse française qui articule le plus ! (sourire) Et quand je parle avec des musiciens insulaires, ils me disent qu'il y a une articulation très précise des chanteurs et des chanteuses corses. Quand ils chantent en Corse mais aussi en Français. 

Je me suis dit que j'avais dû hériter ça de ces chansons que j'ai écoutées tant de fois. 
Ces chansons ont infusé en moi de facon inconsciente. Je m'en sens très proche. 
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