"Un grand homme, connu pour sa gentillesse" : deux ans après son décès, un hommage rendu à Hidetoshi Nakahashi à Bastia

"Humble", "gentil", "porteur de grandes valeurs", deux ans après sa disparition, la ville de Bastia a rendu un hommage, à l'occasion de la fête du sport, à Hidetoshi Nakahashi, maître karatéka, ce samedi 18 septembre.

"L'immortalité, c'est laisser une trace après son passage. Grâce à vous, aujourd'hui, mon père est immortel." Debout devant la scène installée au centre la place Saint-Nicolas, ce samedi 18 septembre, Erika Nakahashi partage sa reconnaissance à la foule.

Plus de deux ans déjà que son père, Hidetoshi Nakahashi, monument du karaté, s'est éteint à Bastia. Homme d'une grande "humilité" et d'une plus grande encore "gentillesse", le karatéka a reçu un hommage posthume, cette année, à l'occasion de la Festa di u Sport de la communauté d'agglomération bastiaise qui se tient ce week-end.

"Il incarne tout ce que nous recherchons dans le sport et que nous voulons transmettre aux jeunes sportifs", affirme Louis Pozzo di Borgo, président de la communauté d'agglomération de Bastia. 

"Il est et restera toujours ancré en nous"

Originaire de Kobé, au Japon, "Hidé" s'était installé en Corse en 1976. Là, il y a fondé une famille et un Dojo : l'école Shito-Ryu. Il laisse encore aujourd'hui, selon sa fille, "une marque" après de ceux qui l'ont connu. "Je reçois beaucoup de témoignages de gens qui m'expliquent tout ce qu'il leur a apporté, aussi bien dans le sport que dans la philosophie de vie."

Un avis largement partagé par Jean-Paul Corrieri, 6e Dan de Shito-Ryu :"il est encore et restera toujours ancré en nous". Celui qui a été durant plusieurs décenies son élève se souvient, non sans émotion, d'un homme dôté d'une "grande gentillesse, de connaissances, et d'humilité".

"J'ai commencé le karaté quand j'étais jeune homme, autour de mes 15 ans. J'en ai maintenant 60, et j'ai évolué durant des années à ses côtés. Il m'a transmis un état d'esprit, la rigueur aussi. C'était un grand homme, qui avait une vraie aura. Quand il était là, il y a quelque chose qui se passait."

Aujourd'hui assistant principal du Dojo que dirigeait maître Nakahashi, Jean-Paul Corrieri s'applique à transmettre le savoir qui lui a été inculqué.

Une façon de préserver même après son départ les enseignants du maître, et de le partager, y compris auprès des plus jeunes qui ne l'ont pas connu. Un moyen d'honorer, également, celui qui a largement participé à la popularisation de l'art martial sur l'île.

"Quand il est arrivé en Corse, il existait déjà plusieurs enseignants de karaté. Mais il a donné une nouvelle dimension à la discipline, par sa rigueur, son humanité, sa technique, et son rayonnement national, voire même international. Aujourd'hui, on récolte ce qu'il a semé pendant des décennies, avec des grands champions et championnes." 

Parmi ces grands karatékas insulaires, notamment, l'Ajaccienne Alexandra Feracci, qualifiée, cet été, aux jeux olympiques de Tokyo. "C'est formidable de voir nos athlètes là bas. Et ça fait parler les gens, ça donne des idées aux plus jeunes. En voyant Alexandra, ils se disent : "Pourquoi pas moi ?", et on a un vrai retour, des personnes de plus en plus intéressées, plus enclines à nous rejoindre", se félicite Jean-Paul Corrieri.

Et ce malgré une année 2020 plus compliqué, en raison de la crise sanitaire. "Ca a été un peu en dent de scie, on a été forcés de faire selon les réglementations sanitaires. On a perdu quelques adhérents, comme tous les clubs, mais on a fait au mieux pour garder le lien avec les gens."

L'école espère entre 80 et 100 adhérents pour cette année, soit "à peu près autant qu'en 2019". "On y croit bien sûr, parce que par nature, on est optimistes", sourit Jean-Paul Corrieri. L'assurance de continuer à faire vivre la mémoire d'Hidetoshi Nakahashi, longtemps après sa disparition,

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
sport