L'enquête pour harcèlement contre l'ex-préfet de Haute-Corse Alain Thirion classée

Anne Ballereau, ancienne sous-préfète de Calvi, accuse l'ex-préfet de Haute-Corse Alain Thirion de faits de harcèlement moral et sexuel. L'enquête préliminaire ouverte par la police judiciaire de Bastia vient d'être classée en raison d'une "insuffisance de charge", a indiqué le procureur de Bastia.

Alain Thirion, en décembre 2019.
Alain Thirion, en décembre 2019. © PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/Amenvals Nathalie

L'enquête visant Alain Thirion, directeur général de la sécurité civile et ancien préfet de Haute-Corse (en poste de mai 2015 à février 2017) pour harcèlement moral et sexuel a été classée, révèle ce mercredi 24 mars l’AFP.

En cause, une "insuffisance de charge", a indiqué le procureur de la République de Bastia, Arnaud Viornery. La plainte déposée en retour contre la plaignante, Anne Ballereau, par Alain Thirion fin décembre 2019, pour "dénonciation calomnieuse" a également été classée "pour les mêmes motifs", a-t-il précisé.

"Si toutes les déceptions de carrière devaient se transformer en poursuites pénales, la justice n'y suffirait pas. Le parquet de Bastia a néanmoins fait une enquête très approfondie et a pu constater qu'il n'y avait aucune infraction de commise", a commenté Marie-Alix Canu-Bernard, l'avocate du directeur de la sécurité civile.

Je continuerai car je n’ai dit que la vérité.

Anne Ballereau, la plaignante

Anne Ballereau, ex-sous-préfète de Calvi (d’août 2014 à août 2016), a de son côté indiqué son intention de poursuivre son combat : "Je continuerai car je n’ai dit que la vérité".

Ses conseils, Me Alexandre Martin et Me Emmanuelle Franck, ont eux estimé que le "comportement parfaitement décrit dans l'enquête de M. Thirion (était) à (leurs) yeux constitutif" de harcèlement, et annoncé la rédaction d'une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la saisine d'un juge d'instruction sur ces accusations.

Sous-entendus graveleux et gestes déplacés

La plainte a été déposée en décembre 2019. Anne Ballereau accuse celui qui a été son supérieur hiérarchique de lui avoir tenu des sous-entendus graveleux, d’avoir eu des gestes déplacés et d’avoir fait preuve de favoritisme politique. Des faits qui se seraient déroulés entre 2015 et 2016, alors qu'ils étaient tous deux en poste en Corse.

Une enquête préliminaire a été ouverte en février 2020 pour des chefs de harcèlement moral dans le cadre du travail et harcèlement sexuel par personne ayant autorité, et confiée à la police judiciaire de Bastia ainsi qu'à l'Office central pour la répression des violences aux personnes à Nanterre.

Selon Anne Ballereau, Alain Thirion aurait insisté à plusieurs reprises pour qu'elle dorme à la préfecture, en ajoutant que sa femme était "sur le continent" et lui intimant de ne pas faire "la difficile".

Il était très tactile, il savait que je n'aimais pas cela et il en tirait encore plus de satisfaction.

Anne Ballereau, la plaignante

Dans le procès-verbal de dépôt de plainte, elle décrit notamment l’insistance du préfet "en lui faisant la bise". "Il glissait discrètement ses lèvres vers mon cou et me touchait avec sa main le bas du dos. Il passait son bras autour de ma taille, toujours sur le ton de la rigolade devant les gens. Il était très tactile, il savait que je n'aimais pas cela et il en tirait encore plus de satisfaction".

Anne Ballereau reproche aussi à Alain Thirion des humiliations professionnelles. Ce dernier la faisait "passer pour incompétente", affirme-t-elle.

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