La création d'un centre de sur-tri à Monte suscite déjà la polémique

La commune de Monte a été retenue pour accueillir le centre de sur-tri de Haute-Corse préconisé par le plan déchets de la collectivité de Corse. Un projet décrié par le président de la communauté d'agglomération de Bastia lors d'un conseil communautaire en avril dernier.

Un centre de surtri doit sortir de terre à Monte en Haute-Corse.
Un centre de surtri doit sortir de terre à Monte en Haute-Corse. © Maxime JEGAT / Maxppp

Un terrain de cinq hectares près d'une voie de circulation et d'une voie ferrée à Monte. C'est dans cet espace que devrait sortir de terre le centre de sur-tri de Haute-Corse prévu dans le plan déchet de la collectivité.

Ce plan, dont une nouvelle mouture a été présentée à l'Assemblée de Corse en février dernier, vise à une meilleure gestion des déchets dans l'île qui, pour l'heure, ne bénéficie que de deux centres de stockages et d'enfouissement. Les deux sites atteindront leurs capacités maximales dans les prochains mois.

Afin de limiter le tonnage d'enfouissement dans les années à venir, le document prévoit notamment la création de deux centres de sur-tri établis respectivement sur le territoire de la Capa (communauté d'agglomération du pays ajaccien) et en Haute-Corse. Ces infrastructures visent à réceptionner des déchets préalablement triés à la source qui, pour être valorisés au mieux, sont "sur-triés".

Si la localisation du centre de Haute-Corse semble dorénavant connue, Monte, aucune information factuelle ne filtre, le projet étant encore en phase d'analyse des offres.

"Un centre surdimensionné, sans perspectives"

Alors que rien n'est donc encore arrêté, la polémique, elle, a déjà débuté. Lors du dernier conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Bastia (Cab), organisé le 26 avril et relaté dans les colonnes de Corse Matin, son président, Louis Pozzo di Borgo s'est offusqué "d'un centre surdimensionné, lancé sans études financières ni perspectives". Le tout financé par 40 millions d'euros issus de son plan de transformation et d'investissement pour la Corse (PTIC) et alors même que l'usine sortira de terre sur le territoire de l'intercommunalité voisine de Marana-Golo.

Contacté mercredi, l'élu "assume pleinement [s]es propos" mais précise néanmoins : "Nous ne sommes pas contre le centre de sur-tri de Monte. Nous sommes contre un surdimensionnement et l'entrée d'ordures ménagères brutes dans cette usine. En revanche, nous entendons bien que c'est un outil qui va pouvoir optimiser le tri et notamment le tri à la source."

Quant aux 40 millions d'euros dont la Cab serait privée, Louis Pozzo di Borgo explique qu'il n'en est rien. "Cette somme a été allouée à la Capa car le Syvadec lui a délégué la maîtrise du centre de sur-tri. Ce n'est absolument pas le cas de la Cab puisque la structure ne se trouvera pas sur notre territoire." Pour rappel, un terrain de Furiani avait été ciblé par le Syvadec pour accueillir l'usine. Trop proche de l'étang, et remarquable par sa faune et sa flore, le projet a rapidement été abandonné.

Selon la collectivité de Corse, la production globale de déchets devrait augmenter de 27 % d’ici 2033. La quantité totale de déchets enfouis dans l'île, estimée à 1 064 850 tonnes en 2018, devrait ainsi atteindre 1 235 700 tonnes en 2027, et 1 347 200 tonnes en 2033.

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