Saint-Florent : les facteurs entament une grève illimitée

Depuis lundi, les facteurs du Nebbiu ont entamé une grève illimitée portée par l’intersyndicale CGT-STC. Ils protestent notamment contre une nouvelle méthode de management de La Poste qui pourrait augmenter leur charge de travail. La distribution du courrier dans la micro-région est impactée.

"On a des discussions depuis plusieurs mois et la direction se montre sourde aux demandes des agents", déplore Julien Perraudin, responsable départemental CGT Poste en Haute-Corse. "La grève ne sort pas de nulle part", dit-il alors qu’une grève illimitée a été votée par les postiers du Nebbiu, portée par l’intersyndicale CGT-STC. Neuf des dix facteurs titulaires rattachés au centre postal de Saint-Florent se sont déclarés grévistes.

En septembre, ils avaient déjà lancé un mouvement de quelques heures pour faire connaître leurs revendications.

Principal point d’achoppement : la « sécabilité » des tournées. La direction souhaite mettre en place une organisation du travail qui consiste à répartir la tournée d’un facteur absent entre ses différents collègues. "Nous pensons que ce système visant à distribuer plus avec moins de personnes va dégrader les conditions de service aux usagers et les conditions de travail", déplore Julien Perraudin, qui souligne que ces problématiques ont déjà été constatées sur le continent, où la sécabilité a été mise en place.

Conditions de travail et de distribution

"Aujourd’hui, on nous annonce des garde-fous dans l’organisation. On nous assure que ça ne sera pas mis en place plus de 30 jours par an, pas plus de deux jours d’affilée. Mais ce genre de résolution tient 18 mois, juge Julien Perraudin. On a une vision de ce que ça donne dans la durée sur le continent."

Les facteurs se plaignent également de l’état des locaux dans lesquels ils travaillent, derrière la mairie de Saint-Florent. Une revendication qu’ils disent aussi porter depuis longtemps en interne. "Ils ont l’impression que tout ce qui peut rapporter d’argent à la Poste on le met vite en place, par contre quand il s’agit d’améliorer les conditions de travail, la direction fait trainer."

Contactée par France 3 Corse ViaStella, la direction n’a pas encore réagi à ces propos.

Le mouvement indépendantiste Core in Fronte a apporté son soutien aux grévistes dans un communiqué.

Des discussions toujours au point mort

Mardi, les grévistes se sont installés devant les bureaux de la poste de Patrimonio pour contester le « plan de continuité » mis en place par la direction. Il vise à distribuer les colis, les courriers prioritaires et la presse malgré le mouvement social. "La direction essaie de casser la grève en embauchant des CDD et des intérimaires, s’indigne le syndicaliste. On considère qu’il s’agit d’une entrave au droit de grève, alors qu’on pourrait se mettre autour d’une table pour entamer les discussions." 

Une assemblée générale a donc eu lieu mercredi matin et la poursuite du mouvement de grève a été votée par le personnel. "Aucune avancée de la direction dans le sens des grévistes n'est à signaler pour le moment", précise Julien Perraudin. De nouvelles discussions ont eu lieu dans la matinée sans pour le moment faire bouger les lignes des deux camps.

Jeudi, le blocage des voitures destinées aux tournées a été décidé par les grévistes. Des opérations de tractage pour informer la population sur la situation et "la nécessité d'un maintien de qualité du service public" dans le Nebbiu. Un moyen de pression du personnel car "le ton s'est durci avec la direction qui voulait continuer à faire sortir les tournées des grévistes par des CDD et des intérimaires. À l'heure actuelle, nous demandons avant tout des discussions sur les conditions de travail sur place qui se dégradent, sans que la notion de sécabilité ne soit imposée", rapporte le délégué syndical de la CGT.  

Un préalable indispensable pour les grévistes et les organisations syndicales "avant de pouvoir parler de tout autre nouveau projet". Des échanges avec les élus locaux doivent aussi avoir lieu dès ce vendredi à Saint-Florent. Objectif : trouver une solution et un terrain d'entente à un mouvement qui entame déjà son cinquième jour.

 

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