"U troppu stroppia", le cri de colère de Corsica Maritima Holding

Dans un communiqué publié le 22 juin, le groupement de 150 entreprises CM Holding déplore les attaques régulières à son encontre. Le consortium assure oeuvrer au développement économique de l'île, et s'interroge sur les responsables de cette campagne de destruction de l'image de sa réussite.

Illustration. Un navire de la Corsica Linea.
Illustration. Un navire de la Corsica Linea. © PHOTOPQR/LA PROVENCE/VALERIE VREL

U troppu stroppia, trop c'est trop : le consortium Corsica Maritima Holding, lassé d'être "attaqué de façon récurrente", n'entend plus se taire. "Nous avons cru naïvement un instant que ces rumeurs nuisibles comme on en connaît trop souvent sur l’île s’éteindraient avec le temps, malheureusement il n’en est rien."

Dans un communiqué de deux pages rendu public le 22 juin, le groupement de 150 entreprises retrace l'historique depuis sa création en 2015.

"Au moment de la liquidation de la SNCM, notre volonté était de créer un système coopératif pour y accueillir l'ensemble des professionnels (commerçants, transporteurs, hôteliers, tous les acteurs économiques de l'île en lien avec le transport)", rappelle CM Holding. "Nous avions tellement souffert depuis des décennies du monopole de la SNCM et de sa mauvaise gestion, qu'il nous semblait que nous avions le devoir et la responsabilité de nous unir sur un modèle économique désintéressé, copié sur celui de la Brittany ferries, dirigées depuis 40 ans par les paysans Bretons."

Dans l'impossibilité de créer le dit système coopératif pour des raisons juridiques, les responsables de CM Holding racontent avoir mis en place une société à capital variable, rejointe, depuis sa création en mai 2015, par 150 entrepreneurs. "Notre volonté était d’assoir le projet de reprise sur un socle solide et indestructible, un vrai projet industriel et commercial, celui du transport de marchandises, seule garantie de la pérennité de l’entreprise à long terme, est-il détaillé. Il fallait que notre structure soit capable d’affronter les tempêtes d’un retournement comme ce fut le cas, et c’est la raison pour laquelle certains actionnaires ont dû abonder plus que d’autres afin de constituer un capital très important garantissant la solvabilité de l’entreprise auprès des partenaires financiers et des salariés."

Fondation de Corsica Linea

Une initiative qui oeuvre finalement à l'avènement de la Corsica Linea, début 2016, abonde le communiqué. Un "véritable succès commercial, industriel et social" reconnu "des deux côtés de la Méditerrannée" comme le "meilleur modèle jamais constitué pour desservir la Corse". Et les résultats ont, selon la CM Holding, été probants : "plus un seul jour de grève, un service jamais égalé, des prestations dont tous les utilisateurs rêvaient depuis des décennies, la création de 400 emplois corses, l’achat de 3 nouveaux bateaux en moins de 5 ans, la modernisation de la flotte en termes de réception, de restauration, mais aussi en termes de protection de l’environnement avec des moteurs moins polluants et l’arrivée du premier bateau au GNL prochainement."

Corsica Maritima Holding aurait notamment permis à l'Office des Transports et la Collectivité de Corse d'économiser "pas moins de 150 millions d'euros en 5 ans", ce qui aurait par la suite contribué à la baisse du prix du tarif résident de la compagnie aérienne Air Corsica, "et au comité d'investir dans l'intérieur de l'île".

Plus encore, "depuis sa création en 2015, est-il assuré, Corsica Maritima Holding n'a jamais distribué un seul euro à ses actionnaires, aucun de ses actionnaires ou dirigeants n'a bénéficié d'un passe-droit ou d'avantage quel qu'il soit. Tous les actionnaires sont et ont toujours été traités comme des clients."

Illustration. Un navire de la Corsica Linea.
Illustration. Un navire de la Corsica Linea. © PHOTOPQR/LA PROVENCE/David Rossi

Entrée au capital de Corse Presse et possible futur retrait

En 2018, le groupement rentre au capital de Corse Presse, société éditrice de Corse-Matin, à hauteur de 35%. L'unique quotidien insulaire se trouve alors dans une situation très critique, et son détenteur, le groupe la Provence, cherche des repreneurs. "Notre but n’a jamais été de contrôler la presse mais seulement de sauver les 220 emplois que représente le journal Corse Matin sur l’île. Depuis 2018, nous n’en sommes que l’actionnaire minoritaire et nous ne contrôlons rien : c’est bien La Provence et son PDG qui sont les patrons de Corse Matin."

Corsica Maritima Holding indique aujourd'hui envisager de se retirer du capital du journal. "Nous espérons seulement pour les salariés corses du journal qu’un repreneur insulaire se fera connaître pour éviter la disparition du quotidien, à moins qu’il ne demeure dans les mains d’un grand groupe continental."

Illustration. CM Holding est actionnaire minoritaire au capital de Corse-Matin.
Illustration. CM Holding est actionnaire minoritaire au capital de Corse-Matin. © FTVIASTELLA

"Notre groupement n'a aucun lien avec le monde criminel"

Problème, malgré toutes ces actions qu'il assure désintéressées et dans l'objectif de "contribuer au développement économique de l'île et à son émancipation", le consortium affirme recevoir des critiques fournies et se voir taxé par certains d'entité monopolisant une partie de l'économie corse, dans les médias et depuis le début de la campagne des élections territoriales.

"Nos détracteurs ont peut-être la nostalgie du temps ou la distribution était aux mains de grands groupes continentaux, où le monopole du transport appartenait à Air France, à Air Inter, à la SNCM et à STEF TFE", raille le communiqué. "Notre groupement n’a aucun lien avec le monde criminel comme certains journalistes en manque de sensation voudrait le faire croire. Deux de nos membres ont d’ailleurs démissionné de leur poste d’administrateurs dans l’attente des décisions de justice les concernant. Pour notre part, nous ne sommes ni policiers, ni juges."

Le consortium conclut son communiqué en s'interrogeant sur ceux qui orchestreraient la manipulation de l'opinion, et la destruction de l'image de leur "si belle réussite". "Nous soutenons les démarches sincères et éclairées de ceux qui cherchent à assainir et à moraliser la vie politique, économique et sociale de notre île, nous en sommes solidaires. Nous n’oublions pas que les hommes ne font que passer, l’essentiel étant ce que nous aurons créé et bâtit pour la Corse."

Un message qui entend remettre les choses au clair, dans l'entre-deux-tours des élections territoriales.

Pour lire le communiqué de CM Holding

 

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