Jérôme Ferrari, 44 ans, Prix Goncourt 2012

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jean CROZIER

Le sermon sur la chute de Rome couronné par le prestigieux prix Goncourt

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Prix littéraires, l'écrivain Jérôme Ferrari en lic

Le Femina a donné lundi le coup d'envoi d'une semaine marathon pour les candidats aux prix littéraires. Il a été attribué à Patrick Deville pour "Peste et Choléra" édité au Seuil. En lice, "Le sermon sur la chute de Rome" de Jérôme Ferrari, peut encore remporter le Goncourt, décerné mercredi...

Jérôme Ferrari a été couronné, mercredi 7 novembre, par le prestigieux prix Goncourt pour son roman Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud). Le lauréat, en lice pour la plupart des prix littéraires cette année, a été choisi au deuxième tour, par cinq voix contre quatre.

Jérôme Ferrari a été couronné, mercredi 7 novembre, par le prestigieux prix Goncourt pour son roman Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud), qui fait d'un bar corse l'épicentre d'une fable superbe sur les espérances déçues, les frustrations et l'inéluctable fugacité des mondes. Le lauréat, en lice pour la plupart des prix littéraires cette année, a été choisi au deuxième tour.

Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie et conseiller pédagogique au Lycée français d'Abou Dhabi depuis la rentrée, après avoir enseigné au lycée international d'Alger puis au lycée Fesch d'Ajaccio. Ce quadragénaire à la silhouette juvénile et au regard intense, qui refuse de se dire philosophe, a bâti en six romans une œuvre d'une grande puissance poétique, où alternent la spiritualité, le cocasse et le drame.

Plus encore que dans ses précédents romans, Dans le secret (2007), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009) ou encore Où j'ai laissé mon âme (2010), Prix roman France Télévisions, l'auteur envoûte par la beauté de son écriture, à la fois imprégnée du souffle des sermons antiques et terriblement moderne. Le fameux sermon de saint Augustin a été prononcé en 410, dans la cathédrale disparue d'Hippone, devant des fidèles désemparés après le sac de Rome. Augustin les rassure : "Le monde est comme un homme : il naît, il grandit, il meurt." Ce seul passage et les têtes de chapitre du roman sont extraits du Sermon.

Le livre emporte le lecteur dans la montagne corse. Un vieil habitant, Marcel Antonetti, est rentré au village ruminer ses échecs. A la surprise générale, son petit-fils Matthieu renonce à de brillantes études de philo pour y devenir patron du bar du village, avec son ami d'enfance, Libero. Leur ambition ? Transformer ce modeste troquet en "meilleur des mondes possibles". Les débuts sont prometteurs. Mais bientôt l'utopie vire au cauchemar. Les ex-apprentis philosophes sont frappés par la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient.(Source: AFP)

Joie et émotion en Corse

L'attribution du prix Goncourt à l'écrivain corse Jérôme Ferrari a été accueillie avec joie et émotion mercredi dans les milieux littéraires et académiques insulaires. "C'est exceptionnel! C'est un acte fondateur pour la Corse, comme le fut, dans le domaine sportif, la participation de Bastia à la finale de la Coupe d'Europe de football, en 1978", a déclaré à l'AFP le libraire bastiais Sébastien Bonifay. Pour M. Bonifay, qui est aussi chroniqueur de l'émission Via Cultura de France3 Corse-Via Stella, Ferrari est "un écrivain à la carrière exemplaire, toujours à l'écart des coteries littéraires et qui exerce son métier de professeur de philosophie". Meilleure vente de la librairie "Les deux mondes" de Bastia, "Le sermon sur la chute de Rome" rend le "le public content car Ferrari raconte dans ce livre magnifique la Corse telle qu'elle est dans toute sa complexité". M. Bonifay a aussi félicité les éditions Actes Sud "qui ont toujours soutenu Ferrari" et qui "se battent dans un contexte difficile pour le monde de l'édition, sans jamais mettre un genou à terre devant les contraintes commerciales". Pour le journaliste et écrivain ajaccien Jacques Renucci "le talent de Jérôme Ferrari est d'atteindre l'universel à partir d'un environnement microcosmique". "Comme les grands écrivains américains, il entraîne le plus grand nombre à partir de ce qu'il se passe ici, réalisant la difficile synthèse entre identité, spécificité et universalité", a dit M. Rennuci à l'AFP. "Cela, a-t-il ajouté, nous valorise et nous rend humbles. C'est toute la différence entre les livres de Ferrari et Mafiosa", la série télévisée sur le milieu du grand banditisme insulaire. Le recteur de l'Académie de Corse, Michel Barrat, s'est aussi félicité de l'attribution du Goncourt au romancier insulaire. "C'est une très bonne nouvelle pour la Corse. Cela donne une image autre que celle de la violence et je suis très content que ce Goncourt soit attribué à un professeur", a déclaré M. Barrat à l'AFP. "Je connais bien Jérôme Ferrari qui a enseigné la philosophie au lycée Fesch d'Ajaccio. C'est un excellent professeur et un type bien!", a ajouté le recteur, lui-même ancien professeur de philosophie et insulaire par sa mère. "Cela montre que l'on peut être professeur et créateur et j'espère que cela va pousser les jeunes Corses à choisir les filières littéraires", a-t-il indiqué.(Source: AFP)

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