Valérie Bozzi, maire de Grosseto-Prugna, condamnée par le tribunal d'Ajaccio pour prise illégale d'intérêt

Valérie Bozzi, maire de Grosseto-Prugna et son compagnon Sylvestre Ceccaldi ont été condamnés par le tribunal correctionnel d'Ajaccio, mardi 5 octobre, pour, respectivement, prise illégale d'intérêt de la part d'un élu et recel de prise illégale d'intérêt.

Le tribunal correctionnel d'Ajaccio a condamné, mardi 5 octobre, la maire de Grosseto-Prugna, Valérie Bozzi à quatre mois de prison avec sursis, 5.000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêt.

La même peine a été prononcée à l'encontre de son compagnon, Sylvestre Ceccaldi, qui comparaissait pour recel de prise illégale d'intérêt.

Les deux prévenus ont fait appel. 

Mercredi 6 octobre, au lendemain du jugement, la maire de Grosseto-Prugna a réagi sur son compte Twitter : "Ma probité n'a jamais été remise en cause et je ne céderai pas face à ses tentatives de déstabilisations. Vous pouvez compter sur mon engagement le plus total dans l'intérêt général et je ne doute pas que la vérité sera rétablie devant la Cour d'appel. Je ne réclame que la justice et l'application du droit dans cette affaire."

Lors de l'audience, qui s'était déroulée le 28 septembre dernier, le ministère public avait reproché à Valérie Bozzi d'avoir participé, en octobre 2016, à un vote de son conseil municipal pour la vente d'un bail commercial en faveur de la SAS Alta Rocca, présidée par son compagnon Sylvestre Ceccaldi. Et, moins de deux ans plus tard, d'avoir signé des concessions de plage au bénéfice de la société de son compagnon.

À la barre, Valérie Bozzi a assuré : "je n'ai aucun intérêt financier dans cette société et je n'y apparais pas. Je n'ai été au courant de cette vente qu'au moment de la signature". Pour ce qui est de la concession, la maire de Grosseto-Prugna a indiqué : "elle a été signée en même temps que 21 autres. Au moment où je signe, pour moi, tout est conforme car je pense que tout a été bien fait par mes services en amont." Interrogé à son tour par le tribunal, Syvestre Ceccaldi a martelé être commerçant et ne pas connaître les rouages de l'administration. "Je signe les papiers et je paye chaque année ce que je dois."

"Que va-t-il rester de ce dossier ? Qu'ils se font de l'argent sur le dos du contribuable?"

Pour le procureur, Geoffrey Makan, dans ce dossier, il est question "de corruption". "On ne reproche pas ici du favoritisme, mais une prise illégal d'intérêt et il y a intérêt. Ces personnes ont un compte commun, des enfants en commun. C'est un comportement qui nuit à la démocratie en signant cette concession, il y a une négation de l'intérêt public et de la confiance portée par ses concitoyens à Valérie Bozzi pour le mandat qui est le sien." Il requiert six mois d'emprisonnement avec sursis, 5.000 euros d'amende et un minimum de trois ans d'inéligibilité à l'encontre des deux prévenus.

Du côté de la défense Maître Thomas Heintz, conseil de la maire Valérie Bozzi, a fustigé une réquisition "hors sol". "Ce qu'on vous demande sur la forme est difficilement audible. On ne peut pas parler de corruption. Que va-t-il rester de ce dossier ? Qu'ils font des affaires sur le dos du contribuable ? Ce n'est pas la réalité de ce dossier", s'est-il emporté. Il réclame la relaxe et défend la bonne foi de sa cliente, reconnaissant "une erreur de plume".

Maître Jean-François Pedinielli, avocat de Sylvestre Ceccaldi, s'est également dit "estomaqué par les réquisitions." Selon lui, "il n'y a pas de recel car il n'y a pas de profit."

 

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