Les premiers habitants en Corse datent du Néolithique, selon des fouilles récentes

Des fouilles récentes ont révélé que la première occupation de la Corse date du Néolithique, a indiqué à l'AFP le président de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) qui voit l'île comme "un dossier scientifique important".

"Parmi les découvertes les plus notables, on a trouvé des traces du Néolithique à l'Ile-Rousse et Sotta qui ont révélé que les premiers habitants de l'île datent du Néolithique", a expliqué le président de l'Inrap, Dominique Garcia, de passage ce jeudi 14 décembre au musée archéologique de Lucciana.

"C'étaient des agriculteurs et des cultivateurs, c'est une originalité, il n'y a pas d'homme de Néandertal ou de la préhistoire ancienne en Corse", a-t-il ajouté, avant un séminaire sur les découvertes récentes de l'archéologie préventive en Corse, ouvert aux professionnels de l'archéologie, du tourisme, de la culture et au grand public.

"La Corse est un dossier scientifique important pour nous parce que ce qu'on trouve dans l'île, on ne l'a pas ailleurs", a-t-il dit.

Découvertes majeures

Parmi les autres découvertes majeures figure une tombe souterraine étrusque, vieille de près de 24 siècles, avec un squelette entouré de vaisselle, découverte en 2019 au sud d'Aléria.

"Pour l'Inrap, ça fait partie des cinq plus belles découvertes de ces 20 dernières années", s'est félicité M. Garcia, pointant une trouvaille "inattendue parce que les étrusques sont connus en Italie mais peu en dehors et même en Italie on n'a pas fouillé une sépulture de cette qualité depuis une vingtaine d'années".

"C'est une fouille moderne avec des données sur l'ADN, l'état sanitaire de la personne, sur les matériaux périssables, des choses que les archéologues n'avaient pas les moyens d'observer il y a 15 ans", a-t-il expliqué, précisant que l'étude complète serait achevée "dans un an" et sera "de rang international".

Étude des populations

Autre originalité corse, "des équipes de l'université de Corse et de l'Inrap travaillent sur l'étude sanitaire et pathogène des populations, ce qui peut nous aider demain, à mieux saisir la manière dont les épidémies se diffusent", a-t-il souligné, précisant que "des éléments se conservent notamment dans l'ADN au niveau des dents".

L'Inrap a été créé en 2001 par l'Etat qui a institué, en même temps, l'obligation de diagnostics et, si nécessaire, de fouilles sur tout aménagement (construction de parkings, routes, supermarchés, etc.) dans une zone sensible sur le plan archéologique. Il réalise 2.000 fouilles par an.