Nicolas Hulot : "garder l’espoir devient un acte de bravoure, mais on ne peut pas se résigner"

L'ancien ministre de l'Ecologie était l'invité d'un débat organisé par le collectif Maffia Nò, A vita Iè. Il a réfléchi aux conséquences de la crise actuelle sur notre modèle de société. Mais a aussi abordé la question du grand banditisme, au cœur du combat du collectif insulaire. Florilège.

Nicolas Hulot, invité du collectif A Maffia Nò, a vita Iè
Nicolas Hulot, invité du collectif A Maffia Nò, a vita Iè © JEAN-MARC DAVID/SIPA

Le monde d'après :

- "On vient de se prendre une sacrée claque. On ne peut plus attendre, la nature nous a envoyé un message. Le modèle dans lequel nous vivons n'a pas d'issue heureuse. Pour personne."  

- "J'ose espérer que l'expérience que l'on vient de traverser a bousculé les esprits les plus conservateurs. On a été confrontés à notre vulnérabilité et aux failles de notre système. (...) 

Nous avons tous individuellement beaucoup de plus de pouvoir qu’on ne l’imagine

- "Il faut que, dans les mois qui viennent, s'installe un vrai dialogue constructif pour définir les priorités, et les moyens de les définir. Des priorités qui ne soient pas définies uniquement par les politiques, mais aussi par les citoyens, les ONG, les scientifiques, et les corps intermédiaires.
Et qu'ensuite, on les soumette à un référendum."

  

- Ecologie

- "Il ne faut pas opposer les priorités mais les additionner. L’écologie, c’est l’école de la complexité. Combiner les problèmes de fin du mois avec les problèmes de fin du monde, c’est excessivement compliqué. Nous autres, citoyens, nous avons nos responsabilités. Nous devons dire ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas, mais nous devons participer aussi à l’effort."

Il faut lister les priorités, et les soumettre à un référendum

- "Il faut être exigeant vis-à-vis du personnel politique, mais nous devons avoir notre propre cohérence, notre propre exigence. Nous sommes aussi des consommateurs. Le capitalisme, tel qu’il s’est développé, nous pouvons y mettre fin dès demain en changeant nos habitudes de consommation. Nous avons tous, individuellement, beaucoup de plus de pouvoir qu’on ne l’imagine."

- "Garder l’espoir devient un acte de bravoure, mais on ne peut pas se résigner. C’est trop tard pour être pessimiste. Il faut résister au fatalisme."

 
La discussion entre Nicolas Hulot et Léo Battesti, cofondateur du collectif, s'est déroulée par écrans interposés
La discussion entre Nicolas Hulot et Léo Battesti, cofondateur du collectif, s'est déroulée par écrans interposés © DR
 

- Crime organisé

- "L’engagement qui est le vôtre [le collectif Maffia Nò, a vita Iè - NDLR] est exemplaire, et il est symptomatique de ce qu’il faut faire émerger. Chacun doit poser sa pierre pour aider à changer les choses."

- "Vous mettez sur la table un sujet central que vous connaissez visiblement bien, et que certains ne prennent pas en considération. Un sujet qui pollue, pourrit la vie des citoyens. Il doit faire partie des priorités du monde de demain."

L'engagement de votre collectif est exemplaire

- "Les hommes qui ont des pratiques criminelles, et qui prospèrent, ils le peuvent parce que de l’autre côté, il y a une forme d’indifférence."

- "Nous devons avoir une exigence absolue individuellement et collectivement pour mettre fin à ceux qui se sont organisés, en toute legalité ou en toute illégalité pour s’exclure de la solidarité et piller des biens communs. Le temps est venu, collectivement, de donner au bien commun une institution qui quelque part en assure la gestion.


 

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