Transats, parasols et mobilier de plage embarqués par les forces de l'ordre. Ce matin, une quarantaine de gendarmes a débarqué pour contrôler les établissements qui ne disposaient pas d'AOT, et se sont installées quand même, comme elles l'avaient promis...
Pour l'heure, plusieurs établissements sont concernés, à Palombaggia et Lecci, parmi lesquels le Playa Baggia, le Casadelmar et la Plage Casadelmar.
Le comité départemental anti-fraude, accompagné du procureur de la République d'Ajaccio, Eric Bouillard, a mené une action toute la matinée pour sanctionner les paillotes qui, malgré le refus d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine maritime, se sont installés sur les plages.
Comme ici, à la Playa Baggia:
« Si je ne me trompe pas, ils nous ont pris 59 transats. Il y en avait une vingtaine sur la plage et tout le reste a été pris à l’intérieur de notre propriété. C’est vraiment cette chose qui n’est vraiment pas bonne. Ca s’est passé rapidement en 20 ou 30 minutes », explique Ghjuvan Luca Bertilaccio, directeur du Casa del Mar.
►Éric Bouillard, procureur de la République d'Ajaccio, revient sur cette opération de gendarmerie et les risques encourus par certains propriétaires de paillote.
La tension continue donc de monter entre les professionnels du tourisme et l'Etat, après le refus de 86 demandes pour la saison estivale.
Nombre d'entre eux avaient dénoncé des mesures "injustes", et promis de remonter leurs installations même sans autorisation.
C'est ce qu'ils ont fait, mais sans surprise, la réponse de l'Etat ne s'est pas faite attendre.
Occupation de la mairie
La profession s'est réunie devant la mairie aux environs de 11h30 pour manifester sa colère. Les paillotistes se sont regroupés en assemblée générale au sein de la mairie vers 15 heures. Ils réclament une réunion quadripartite entre l'État, la collectivité de Corse, la commune et eux-mêmes.
Pour les gérants mis sur la sellette, l’État serait plus indulgent face aux poids lourds du tourisme. « Le distinguo que fait l’État par sa non-réponse à ce que nous avons dénoncé, c’est-à-dire l’attitude des grands groupes qui se permettent tout en Corse, le groupe Accor par le Sofitel, le Club Méditerranée à Cargese qui a obtenu une AOT démesurée par rapport à ce que l’on nous refuse ici », soutient Cesar Filippi, gérant de l'hôtel "Le Belvédère" à Porto Vecchio.
Les gérants des paillotes disent qu’ils ne quitteront pas la mairie de Porto-Vecchio tant que la préfète de région n’aura pas donné de réponse sur la situation de ces grands groupes touristiques.
Depuis samedi dernier, sur 50 paillotes, 25 ont fait l’objet de procès-verbaux.
En septembre dernier, nous consacrions un magazine Sucietà à la question, avec un titre qui peut sembler prémonitoire:
Paillotes, la mise en ordre en Corse?