"Prisonniers politiques" corses : Éric Dupond-Moretti a rencontré Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni

Le ministre de la Justice a rencontré Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni jeudi 12 novembre pour aborder la question des "prisonniers politiques" corses. Une date très importante pour les associations.

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont été reçus au ministère de la Justice jeudi 12 novembre.
Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont été reçus au ministère de la Justice jeudi 12 novembre. © Marc-Antoine Renucci / FTV
La nomination d'Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice en juillet dernier avait apporté un vent d'espoir pour les associations de soutien et les proches des détenus et anciens condamnés corses. 

Une solution va-t-elle être enfin trouvée ? Ce jeudi 12 novembre, la rencontre à Paris entre le président du Conseil exécutif Corse Gilles Simeoni, le président de l'Assemblée Jean-Guy Talamoni et le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti ravive tous les espoirs du côté des associations qui défendent les "prisonniers politiques" corses.

On attend un geste fort.

"On attend un geste fort, ce sera synonyme d'apaisement vis-à-vis de l'État français", commente Thierry Casolasco, président de l'Associu Sulidarità.

Si l'association est consciente que cette rencontre n'aboutira "certainement pas" à une réponse favorable pour tous les prisonniers, elle a l'espoir que les choses changent, notamment pour les personnes incarcérées sur le continent.

Mettre fin à "plus de 40 années de conflit"

"Nous espérons que M. Dupond-Moretti sera celui qui permettra au gouvernement français d'ouvrir les yeux et de réaliser qu'il et plus que temps de s'asseoir autour d'une table et de mettre fin à plus de 40 années de conflit, fin aux persécutions judiciaires, à l'exil carcéral", avait déclaré l'Associu Sulidarità en juillet dernier dans un communiqué. 
Éric Dupont-Moretti peut faire évoluer la situation des "prisonniers politiques" corses.
Éric Dupont-Moretti peut faire évoluer la situation des "prisonniers politiques" corses. © Arnaud JOURNOIS / MaxPPP
Le garde des Sceaux connaît bien le terrain corse. Il est en effet connu pour avoir plaidé trois fois dans le dossier de l'assassinat du préfet Claude Érignac. En 2011, il a assuré la défense d'Yvan Colonna aux côtés de Gilles Simeoni, d’Antoine Sollacaro et de Pascal Garbarini.
L'heure du verdict pour Yvan Colonna au palais de justice de Paris, 2011.
L'heure du verdict pour Yvan Colonna au palais de justice de Paris, 2011. © O.LEJEUNE /MaxPPP
Mêmes attentes du côté de l'association À Fianc'à Noi. "Tout un chacun connaît la position humaniste du nouveau garde des Sceaux concernant les prisonniers politiques corses, il a toujours milité afin que les droits des détenus soient respectés et que la double peine de l’enfermement et de l’exil cesse", peut-on lire dans un communiqué daté du 12 juillet.

Le 9 novembre, A Fianc'à Noi a réaffirmé son indignation face aux conditions de détention et l'état de santé des personnes récemment incarcérées dans les maisons d’arrêt de Fresnes et de Fleury Merogis.Caroline Graf, mère de Julien Muselli et présidente de l'association, se bat pour que son fils soit rappoché, tout comme Adrien Matarise et Ghjilormu Garelli.

Les trois jeunes hommes sont incarcérés à Fleury Mérogis pour les deux premiers, à La Santé pour le troisième, depuis décembre 2019 dans le cadre d’une enquête en cours visant une série d’attentats et de tentatives d’attentats perpétrés au printemps de l’année dernière.

Conditions de détention et crise sanitaire

La crise sanitaire n'a fait qu'augmenter l'inquiétude de leurs parents. Interrogés par Corse-Matin en mai dernier, ils dénonçaient des conditions de détention "radicalement endurcies". "Les parloirs ne font pas partie des motifs familiaux impérieux", se désolait Nathalie Garelli. 

Le collectif d'anciens prisonniers politiques corses, Patriotti, se bat également pour "la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, l’arrêt de toutes les poursuites, l’arrêt de toutes les amendes et l’enlèvement de tous les Corses inscrits sur les fichiers que nous dénonçons depuis plusieurs années". En juillet, le collectif avait demandé à rencontrer le nouveau garde de Sceaux.Le combat de ces associations va-t-il être entendu ? Suite à la rencontre de plus d'une heure et demie entre le ministre et les élus corses ce jeudi, les associations sont dans l'attente. Éric Dupond-Moretti s'entretiendra avec les députés et sénateurs nationalistes vendredi. 
 
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