Rapprochement des “prisonniers politiques”, l'Assemblée de Corse met la pression

Rapprochement des "prisonniers politiques", l'Assemblée de Corse met la pression
A cinq jours de la visite en Corse du Premier ministre Manuel Valls, l'association Sulidarità et la Ligue des droits de l'homme ont tenu mercredi à Ajaccio une conférence de presse sur le rapprochement des "prisonniers politiques corses", en présence du président de l'Assemblée de Corse. (Sujet en langue corse) - France 3 Corse ViaStella - Pierre Simonpoli, Christian Giugliano. Intervenants : André Paccou, Ligue des droits de l'homme; Julie Istria, soeur de Paul Istria incarcéré; Jean-Marie Poli, association Sulidarità

A cinq jours de la visite en Corse du Premier ministre Manuel Valls, l'association Sulidarità et la Ligue des droits de l'homme ont tenu mercredi à Ajaccio une conférence de presse sur le rapprochement des "prisonniers politiques corses", en présence du président de l'Assemblée de Corse.  

Par France 3 Corse ViaStella

Rassemblement de soutien à Ajaccio

Le sort des "prisonniers politiques" semble s'inscrire comme un point essentiel, que les associatifs et les élus de l'Assemblée de Corse voudraient voir aborder le 4 juillet, à l'occasion de la venue de Manuel Valls et de quatre de ses ministres.

Un rassemblement pour demander l'amnistie des prisonniers corses sur le continent se déroulera lundi à Ajaccio durant la visite du Premier ministre, ont d'ailleurs annoncé les organisateurs. 

Une vingtaine de prisonniers corses sont concernés par cette demande d'amnistie ou, au moins, de rapprochement dans l'île pour y purger la fin de leur peine.
 

Courriers aux ministres

Jean-Guy Talamoni a indiqué avoir adressé un courrier à Jean-Jacques Urvoas, Ministre de la justice l'invitant également à se déplacer à Ajaccio dans les pas du Premier ministre.

"Je m'adresse à vous au regard des pouvoirs dont vous disposez, notamment eu égard à l'article D80 du Code de procédure pénale, qui vous donne compétence pour l'affectation des détenus ayant été condamnés pour des faits qualifiés de terrorisme ainsi qu'à ceux ayant fait l'objet d'une inscription sur le registre des Détenus particulièrement surveillés". 


Un appel relayé également auprès du Premier ministre par le président du Conseil exécutif.

"Je sais que vous considérez que cette catégorie n'existe pas en droit français", écrit Gilles Simeoni.

"Aussi dois-je vous préciser que j'entends par "prisonniers politiques corses" les personnes originaires de l'île actuellement détenues pour des faits commis pour des raisons politiques, infractions relevant du régime dit "de terrorisme".

L'ouverture d'un dialogue

"Nous souhaitons l'ouverture d'un dialogue et avons demandé à être reçus par M. Valls pour échanger sur cette question, comme nous l'avions fait, il y a près d'un an avec Mme (Christiane) Taubira", ex-ministre de Justice, a déclaré pour sa part le porte-parole de Sulidarità, Jean-Marie Poli.

Il a ajouté que "la question des prisonniers est indissociable de l'ensemble de la question corse".

La visite de Manuel Valls ne doit durer qu'une journée. Elle sera notamment consacrée à l'instauration en 2018 d'une collectivité unique en Corse dans le cadre de la loi NOTRe sur les collectivités territoriales.

La question de la co-officialité de la langue corse sera aussi abordée, Manuel Valls devant être accompagné notamment des ministres de la Culture, Audrey Azoulay, et de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem.

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