Santé en Corse : 15 millions d'euros pour accompagner les personnes âgées

En visite dans l'île ce lundi, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée de l'Autonomie auprès du ministre de la Santé, a dévoilé le plan de renforcement de l’offre d’accompagnement des personnes âgées. Pour les quatre ans à venir, la Corse bénéficiera d'une enveloppe de 15 millions d'euros.

Lundi matin, à l'Ehpad de Vico, Brigitte Bourguigon n'est pas arrivée les mains vides. Dans sa valise, la ministre chargée de l'Autonomie auprès du ministre de la Santé a apporté deux choses : le plan de rattrapage sur l’offre d’accompagnement des personnes âgées en Corse et une enveloppe de 15 millions d'euros.

Cette somme conséquente, étalée sur les 4 prochaines années, est destinée à combler le déficit de l'île en matière d'équipements. Une nécessité dans une région déjà marquée par le vieillissement de sa population et qui devrait compter plus d'un tiers de séniors en 2030.

"Cette enveloppe sera apportée dans le cadre du Ségur de la santé et de France relance pour l’investissement dans les établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées, indique le ministère. En plus de quoi, 317 000 euros seront alloués pour les équipements du quotidien afin d’améliorer très concrètement la vie des résidents et les conditions de travail des professionnels."

L'exemple de Vico

Cadre de cette rencontre où étaient également présents le préfet Pascal Lelarge, la conseillère exécutive Bianca Fazi et la direcrtice générale de l'ARS de Corse Marie-Hélène Lecenne, l'Ehpad de Vico n'a pas été choisi au hasard pour dévoiler ce plan de soutien.

Selon le ministère, cet établissement rural "s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale portée par Brigitte Bourguignon pour personnaliser les lieux de vie, ouvrir les sites sur l’extérieur, et renforcer la médicalisation des structures. Intégré au village et à ses habitants, l’Ehpad de Vico est un établissement résolument inscrit dans son territoire et en lien étroit avec la vie extérieure."

"Je ne sais pas si nous sommes un exemple, répond François-Aimé Arrighi, directeur de l'Ehpad de Vico. En fait, c'est à chaque établissement d'inventer son propre parcours en fonction du territoire dans lequel il est implanté. Ce qui est important pour nous, c'est d'avoir un établissement qui correspond aux attentes et aux beosins du bassin de vie, avec en particulier une ouverture sur l'extérieur que nous sommes en train de développer. C'est  vraiment le projet de demain." 

Afin de le mener à bien, l'établissement devrait recevoir 32.000 euros pour effectuer des travaux de rénovation. "L’ARS sera ensuite amenée à travailler avec la collectivité de Corse pour évaluer l’opportunité d’aménagements plus largement sur le bâtiment", précise le ministère chargé de l'Autonomie.

j’ai renforcé les salaires des aides à domicile du secteur associatif, autour de 15% en moyenne.

Brigitte Bourguignon, ministre chargée de l'Autonomie

L'offre de soins à domicile fait également partie de la feuille de route rédigée par le ministère. "La Corse présente la spécificité d’avoir su protéger un système intergénérationnel extrêmement solidaire, permettant à de nombreux anciens de rester vivre au village. C’est un très bel exemple, souligne Brigitte Borguignon. Les professionnels de ce secteur doivent être soutenus : j’ai renforcé les salaires des aides à domicile du secteur associatif, autour de 15% en moyenne."

Une résidence autonomie à Corte

Dans ce programme présenté ce lundi, il est donc question de rénovation mais aussi de création. Comme celle des "résidences autonomie". Souvent construites à proximité des commerces, transports et services collectifs, celles-ci s'apparentent à des ensembles de logement pour les personnes âgées qui ne veulent plus ou ne peuvent plus vivre dans leur domicile.

En Corse, la première unité du genre devrait être implantée à Corte, au  nord de la ville. Porté par l’association "Aide à la Santé Publique", le projet prévoit 30 logements, principalement en T1, pour un montant de 4 millions d'euros, dont 400.000 euros financés par l'État. 

Conçues pour accueillir des personnes majoritairement autonomes, ces résidences sont majoritairement gérées par des structures publiques ou à but non lucratif.

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