Sénatoriales : le LR Jean-Jacques Panunzi élu en Corse-du-Sud, le nationaliste Paulu Santu Parigi en Haute-Corse

Le sénateur sortant Jean-Jacques Panunzi est élu au premier tour des élections sénatoriales dimanche 27 septembre en Corse-du-Sud. Avec la victoire en Haute-Corse de Paul Toussaint Parigi, candidat Femu a Corsica, les nationalistes mettent un pied au palais du Luxembourg.

Jean-Jacques Panunzi (LR), réélu au 1er tour en Corse-du-Sud ; Paulu Santu Parigi (Femu a Corsica), élu en Haute-Corse.
Jean-Jacques Panunzi (LR), réélu au 1er tour en Corse-du-Sud ; Paulu Santu Parigi (Femu a Corsica), élu en Haute-Corse. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Les sénatoriales ont été marquées dimanche en Corse par l'élection d'un premier sénateur nationaliste, avec la victoire en Haute-Corse de Paul Toussaint Parigi, membre du parti du président du conseil exécutif de Corse
Gilles Simeoni.

En Corse-du-Sud, le sénateur Les Républicains Jean-Jacques Panunzi a été réélu sans surprise dès le premier tour.

Une élection au 1er tour manquée de peu

Il a manqué une seule voix au nationaliste Paul-Toussaint Parigi, 54 ans, pour l'emporter dès le premier tour.

Maire de Santa Lucia di Mercurio, une petite commune de 110 habitants, ce conseiller territorial nationaliste a obtenu 279 suffrages sur les 558 exprimés et a dû patienter jusqu'au deuxième tour pour crier victoire et devenir le premier sénateur nationaliste de l'île de Beauté.

Au second tour, il l'a ainsi emporté avec 328 voix (58,8% des suffrages exprimés) devant le candidat adoubé par la droite, Jean-Marie Seité (230 voix, 41,2 % des suffrages exprimés.

 

Paulu Santu Parigi, maire de Santa Lucìa di Mercuriu, élu au second tour des élections sénatoriales 2020 en Haute-Corse.
Paulu Santu Parigi, maire de Santa Lucìa di Mercuriu, élu au second tour des élections sénatoriales 2020 en Haute-Corse. © Kael SERRERI/ FTV
L'élection de Paul Toussaint Parigi signe une belle victoire pour les nationalistes en Haute-Corse, qui renforcent leur position politique.

"C'est un moment important, fort au plan politique et symbolique puisque, pour la première fois, la Corse aura un sénateur nationaliste", s'est félicité le président du conseil exécutif corse Gilles Simeoni après l'élection du représentant de son parti Femu a Corsica en Haute-Corse.

Rappelons l'arrivée de trois députés nationalistes pour la première fois à l'Assemblée nationale en juin 2017 : Michel Castellani, Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani.
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, invité du magazine politique Cuntrastu, le 16 septembre 2020.
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, invité du magazine politique Cuntrastu, le 16 septembre 2020. © FTV

Sans oublier la victoire historique des nationalistes lors des élections territoriales de décembre 2017. La coalition Pè a Corsica (Femu a Corsica et Corsica Libera) menée par Gilles Simeoni s'est alors installée à la tête de la nouvelle collectivité de Corse.

"C'est un pas supplémentaire qui est franchi aujourd'hui sur une route vers l'autonomie de la Corse qui reste longue et difficile mais notre détermination est plus forte que jamais", a ajouté l'homme fort de l'île, satisfait d'avoir désormais des élus nationalistes "dans toutes les instances en Corse, au niveau national et au parlement européen".

Enfin, aux élections municipales en juin dernier, les nationalistes ont remporté deux des trois villes les plus importantes de l'île : Pierre Savelli réélu à Bastia et Jean-Christophe Angelini à Porto-Vecchio, après trois tentatives infructueuses, remporte la mairie.

Un nouvel ancrage pour Femu a Corsica

Avec l'élection de Paul Toussaint Parigi, les nationalistes font leurs premiers pas au palais du Luxembourg. 

C’est donc l’institutionnalisation du nationalisme qui poursuit son chemin et la confirmation de l’implantation de Gilles Simeoni et de son parti Femu a Corsica en Haute-Corse.

Puisqu’il s’agit de grands électeurs, maires et conseillers municipaux notamment, c’est aussi la preuve que Femu a Corsica bénéficie d’appuis solides et manifestement aussi dans des communes qui n’étaient pas forcément connues pour leurs idées nationalistes.

Reste à savoir désormais quel sera le poids politique au Sénat de ce nouveau visage. Devra-t-il se contenter d’un rôle de sénateur sans groupe, ou réussira-t-il comme l’ont fait les trois députés nationalistes à s’unir avec d’autres sénateurs qui voudraient porter la voix des territoires ?

Réponse très rapidement, l’élection du président du sénat doit avoir lieu jeudi 1er octobre.

Jean-Jacques Panunzi loin devant "Baron Mariani"

Candidat LR à sa propre succession, Jean-Jacques Panunzi est élu en Corse-du-Sud avec 336 voix.

Le deuxième candidat, Jean-Hugues Noël plus connu sous le pseudonyme du "Baron Mariani", n'a pas fait le poids. L'écologiste n'a obtenu que huit voix au premier tour de ce scrutin.

"C'est une énorme satisfaction, parce qu'au-delà du score, c'est un honneur au niveau national, puisque je doute fort que nous soyons nombreux à être élus avec le même pourcentage de voix", a déclaré Jean-Jacques Panunzi.
Jean-Jacques Panunzi vote lors du premier tour des élections sénatoriales en Corse-du-Sud.
Jean-Jacques Panunzi vote lors du premier tour des élections sénatoriales en Corse-du-Sud. © FTV
Pour celui qui a été pendant dix ans président du Conseil général de la Corse-du-Sud, "les maires ne l'ont pas oublié et ils m'ont accordé à nouveau leur confiance, ce n'est qu'une demi-surprise pour moi"

Sur Twitter, le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli s'est félicité de la victoire "franche et sans équivoque" de son "ami". Avant son élection au Sénat en 2014, Jean-Jacques Panunzi a siégé à l'Assemblée de Corse en tant que conseiller territorial de 2004 à 2014.

Il a également occupé la fonction de président du Conseil général de Corse-du-Sud de 2006 à 2015.
 
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