Pendant le confinement, I Muvrini a enregistré "Canzona pè Dopu" avec 1001 personnes

Rassembler 1001 personnes autour d'un micro, malgré l'épidémie de Covid-19. Le projet d'enregistrer la "chanson d'après" était ambitieux, mais les frères Bernardini l'ont mené à bien. Et "Canzona pè Dopu" sort aujourd'hui.

I Muvrini ont rendu public le 12 juin Canzona pè Dopu, la chanson qu'il ont écrite et enregistrée pendant le confinement. Avec l'aide de centaines d'inconnues et d'inconnus du monde entier.
I Muvrini ont rendu public le 12 juin Canzona pè Dopu, la chanson qu'il ont écrite et enregistrée pendant le confinement. Avec l'aide de centaines d'inconnues et d'inconnus du monde entier. © I Muvrini

Un duo, ce n'était déjà pas facile.
Un trio, ça commençait à sentir le roussi. 
Un quatuor, autant ne pas y penser. 

Pendant les deux mois et demi de confinement, la musique, c'était soit en solo, soit sur disque...
 

Des habitués du genre

Sauf quand on s'appelle I Muvrini. 
Le groupe de Taglio Isolacciu s'y connaît, en matière d'échanges et de collaborations musicales. 
En quarante ans de carrière, les frères Jean-François et Alain Bernardini ont chanté et joué avec tout le monde. 
 

Renaud au côté de Jean-François Bernardini à Saint-Etienne en 2016
Renaud au côté de Jean-François Bernardini à Saint-Etienne en 2016 © PHOTOPQR/LE PROGRES


L'anglais Sting, les français Véronique Sanson, Renaud ou Grand Corps Malade, l'australienne Tina Arena, l'espagnole Luz Casal, l'indonésienne Anguun, Angelo Branduardi, le grec Hàris Alexiou, l'allemand Reinhard Mey, le catalan Lluis Llach...
Un véritable guide du routard de la musique. 

A la lumière d'une telle carrière, on pensait que tout avait été fait, dans le domaine, par I Muvrini. 
 

Un vrai défi

On se trompait. 
Ce qui restait à explorer, c'est l'enregistrement d'une chanson.
A 1000. 
Alors que la moitié du monde est calfeutrée chez elle, et doit déclencher un plan ORSEC pour sortir acheter le pain. 

Il y a deux mois, qu'I Muvrini lançait un appel sur les réseaux sociaux :
 

La perspective est alléchante pour les fans : mêler leur voix à celle d'I Muvrini
La perspective est alléchante pour les fans : mêler leur voix à celle d'I Muvrini © I muvrini


Le 22 avril, Jean-François Bernardini, un habitué des démarches symboliques fortes, expliquait sa démarche au quotidien le Parisien :
"Il nous fallait trouver une solution pour ce peuple qui lutte, ce peuple qui souffre. Nous voulons qu'il devienne le peuple qui chante. Le chant, c'est le souffle. Je respire donc je suis. Et ce coronavirus s'attaque à notre souffle, le poumon. Répondons à cette maladie avec notre souffle collectif !"

 

Ensemble, toujours

Pour participer à l'aventure, c'était simple : 

Le groupe a mis en ligne sur son site l'ossature d'une nouvelle chanson, "Canzona pè Dopu". On y trouvait la mélodie, la partition, et les paroles, traduites en plusieurs langues. 

Ne restait pour les internautes qu'à apporter leur pierre à l'édifice. 
En se filmant, et en envoyant la vidéo par mail à I Muvrini. 
 

Mêler les voix, I Muvrini savent faire. Mais cette fois-ci, la tâche était ardue
Mêler les voix, I Muvrini savent faire. Mais cette fois-ci, la tâche était ardue © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP


Et la liberté était totale.
Chanter, harmoniser, slammer, jouer d'un instrument, improviser sur la grille...
"Tout le monde apparaîtra", promet alors Jean-François Bernardini. 

Le succès a été tel que la date limite des candidatures a été repoussé d'une semaine. 
 

Canzona pè Dopu

Une fois toutes les contributions récoltées, il a fallu les mettre en musique. 
 


Pour proposer un tout cohérent, et pas un patchwork sans queue ni tête. 
Pas facile, quand un millier de contributeurs se sont joints à la démarche. 

Au jour le jour, sur Facebook, I Muvrini tiennent leurs 38.000 followers de l'avancée des choses. 
Jusqu'au 12 juin au matin, où le résultat est enfin dévoilé. 
 


On y retrouve le style inimitable d'I Muvrini depuis des années, à travers des paroles d'une candeur chargée de sens, portées par des centaines de voix venues de partout :

Tu le connais le vent qui éteint une bougie
Ou avive un feu de camp pour réchauffer la nuit
Entre ce qui nous tue et ce qui nous grandit
Juste rien de plus et c'est toi qui choisis

Entre les "tout est foutu et les "tout ira bien"
Il y a une route il y a un chemin
Il y a un salut il y aura un demain...


Jean-François Bernardini conclut, avec l'optimisme qu'on lui connaît :
"1001 souffles, 1001 cœurs battants, 1001 imaginaires, 1001 envols pour demain... Cette aventure a tissé, et tissera encore et encore, de merveilleux liens entre nous toutes et tous. Allez peuple Terre !"

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