Test obligatoire pour se rendre en Corse durant les fêtes : un Green Pass au rabais ?

À compter du 19 décembre, les tests deviennent obligatoires pour se rendre en Corse pour Noël. En cas de contrôle, à l'aller, seule une attestation sur l'honneur sera demandée. Une mesure "améliorable" pour Gilles Simeoni qui a défendu le projet de Green Pass, plus restrictif, en mai dernier.

À compter du 19 décembre, les tests deviennent obligatoires pour se rendre en Corse durant les fêtes.
À compter du 19 décembre, les tests deviennent obligatoires pour se rendre en Corse durant les fêtes. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP

La mesure était réclamée depuis mai dernier par le conseil exécutif de Corse. Défendu par son président, Gilles Simeoni, le projet de Green Pass prévoyait l'obligation pour chaque passager d'être en possession d'un test de dépistage négatif au Covid19 de moins de 72 heures. 

L'objectif : sécuriser la situation sanitaire de l'île tout en préservant son attractivité touristique. Voté par l'Assemblée de Corse, le dispositif ne l'a pas été par l'État. "À l'époque, il nous a été dit aussi bien par Paris que par nos opposants sur place que cette mesure était anticonstitutionnelle, discriminatoire et inefficace au plan médical et scientifique", regrette Gilles Simeoni. 

Samedi, pourtant, le préfet de Corse et la directrice de l'agence régionale de santé (ARS) ont annoncé la mise en place de tests obligatoires, de moins de 72 heures, à l'embarquement des avions et des bateaux pour toute personne voulant se rendre en Corse entre le 19 décembre et le 8 janvier. 

Une attestation sur l'honneur, assurant notamment la réalisation de ce test – PCR ou antigénique – sera aussi exigée. 

Une mesure "peu fiable" et "éphémère"

Une mesure bienvenue pour Gilles Simeoni. "Je constate qu'elle reprend le même principe que le projet proposé au printemps dernier et je m'en réjouis, car ce qui compte, c'est la santé des Corses, de celles et ceux qui vont venir en Corse, et des plus vulnérables", explique-t-il. 

Néanmoins, le président du conseil exécutif de Corse souligne "des modalités d'applications améliorables". Dans son viseur la seule obligation de rédiger une attestation sur l'honneur. "Le monde médical a été unanime sur le principe d'un test obligatoire et dit qu'une attestation ne suffit peut-être pas", complète-t-il. 

Même critique pour le président de l'Assemblée de Corse. Dans un communiqué, co-signé par Petru Antone Tomasi président du groupe Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni écrit : "Formulées depuis le printemps […] nos propositions sont édulcorées à tel point que le dispositif de contrôle des passagers présenté par l'État se limite à une simple déclaration sur l'honneur.

Il dénonce une mesure "peu fiable" et "éphémère" qui "ne saurait nous convenir." Et réitère une proposition "consistant à instaurer l'exigence de tests négatifs – comme dans l'outre-mer- au départ des liaisons maritimes et aériennes vers la Corse."

"L'objectif est de nature différente"

Interrogé sur la ressemblance entre le dispositif déployé par l'État et le Green Pass sur le plateau du Corsica Sera samedi 12 décembre, le préfet de Corse a évoqué "un objectif de nature différente.

Ainsi, il décrit la mesure votée par l'Assemblée de Corse en mai dernier comme un moyen "d'ériger la Corse en une destination de confiance" à l'occasion de la saison estivale et les nouvelles mesures annoncées samedi comme un "moyen de protéger les réunions de famille à un moment où il y a un différentiel important entre l'île et le continent."

Nous avons fait des progrès et il faut maintenir cet acquis si nous voulons que la suite soit favorable, notamment au niveau économique.

Pascal Lelarge, préfet de Corse

Pour rappel entre le 30 novembre et le 6 décembre, le taux d'incidence s'élevait à 32 pour 100.000 habitants en Corse alors qu'il est de 167 à Lyon ou de 183 à Nice. "Nous avons fait des progrès et il faut maintenir cet acquis si nous voulons que la suite soit favorable, notamment au niveau économique", reprend Pascal Lelarge, préfet de Corse. 

Une idée partagée par Gilles Simeoni qui appelle "d'ores et déjà à sécuriser les prochaines vacances, y compris estivales." Il rappelle que les destinations qui parviennent à concilier sécurité sanitaire et attractivité touristique sont des "territoires gagnants" au point de la santé et au point de l'économie. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société transports aériens économie transports transports maritimes