Deux frères alsaciens vivent leurs premiers championnats du monde de BMX aux Etats-Unis, "un rêve" pour toute la famille

Espoirs du BMX français, Jules et Jean Cattet, deux frères installés à Rouffach (Haut-Rhin), participent pour la première fois aux championnats du monde de BMX à Rock Hill en Caroline du Sud.

Jules 18 ans et Jean 13 ans sont en train de vivre un rêve. Participer aux championnats du monde de BMX. La compétition se déroule du 12 au 18 mai, à Rock Hill en Caroline du Sud.

Ils se sont envolés pour les Etats-Unis le mercredi 8 mai avec leur maman. L'aîné, Jules Cattet, court dans deux catégories, en 20 pouces et cruiser (24 pouces). Le jeune pilote en études STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) à Besançon est engagé en coupe de France  et vient de se qualifier pour les championnats d’Europe.

Son petit frère Jean est en classe de 4ème au collège Saint-Joseph de Rouffach. Il s’est qualifié aux mondiaux en catégorie cruiser sans être jamais passé par le championnat de France.

Une bonne chute pour commencer 

Le dimanche 12 mai, les deux frères ont chacun pu réaliser leur course de BMX race en catégorie cruiser. C’est leur papa Edouard Cattet, resté en France pour s’occuper des deux autres enfants qui nous donne de leurs nouvelles.

Jules est arrivé 4e lors de la première manche puis il a déraillé et est tombé en fin de course pendant la deuxième manche. "Il a pu faire une radio, heureusement, il ne s’est rien cassé, et il peut prétendre à la course de 20 pouces ce mercredi 15 mai. Il faudra être tenace", analyse son père.

Quant au petit frère Jean, ses mondiaux sont déjà terminés : "Il est arrivé 5e à la première, 5e à la deuxième et 6e à la dernière manche" explique son père, "il y avait des pilotes très forts en face. Il a dû être impressionné. Il manque encore de maturité mais il est en progression."  

Une histoire de famille

Le BMX entre dans la vie des Cattet en 2012. Personne ne se doute que lorsque Jules démarre cette activité au club BMX de Cernay vers 6-7 ans, c’est toute la famille qui s’engage dans une sacrée aventure. Mais pour le jeune garçon, c’est une révélation, la vitesse, les sauts. Dès qu’il a découvert cette activité, il n’a plus voulu la lâcher.

Son père s’y essaye aussi pour partager ce loisir avec ses enfants mais arrête assez vite pour éviter les blessures. Dans la fratrie, Jean et le petit dernier, Charles, 11 ans rejoignent eux aussi le club de Cernay pour quatre heures d’entraînement par semaine.

"On voit la ténacité que ça leur donne, la régularité dans l’implication de cette activité, ils sont responsables de leurs affaires. Ça leur a permis de grandir. "

Edouard Cattet, père de Jules et Jean

Mais longtemps, les performances ne sont pas au rendez-vous. En 2020, Jules a un nouvel entraîneur, Charly Gaillard, multiple champion d’Europe et du monde de BMX. "Une rencontre très bénéfique car Charly Gaillard lui apporte une sérénité, et réussit à canaliser ses énergies. Jules devient peu à peu un pilote plus réfléchi sur le vélo avec un instinct."

Le père est admiratif de ses fils qui ne se laissent pas abattre. Évoquant ces mondiaux, il a été surpris surtout que Jean se qualifie. "Ça a été une surprise car l’année dernière il sortait péniblement des manches qualificatives. Pour nous c’était inattendu. Mais il a pris 10 cm et ça lui a donné de l’assurance, de l’aplomb."

Jean a pu concourir à ces Mondiaux avec deux autres pilotes du club de Cernay, Ilhan Farcy, et son entraîneur Charly Gaillard.

 

Sacrifice financier

Le BMX reste un sport très cher. Le voyage à Rock Hill en parti financé par la famille coûte 5000 euros. "Même si les proches et certains sponsors comme l’Intermarché ou Optique 2000 de Rouffach font des dons, cela reste insuffisant pour se permettre d’aller à toutes les compétitions. À chaque fois, il faut débourser entre 500 et 700 euros" explique Edouard Cottet.

Jules est qualifié pour aller aux championnats d’Europe du 28 mai au 2 juin à Vérone. Mais il ne pourra certainement pas s’y rendre car la famille n'a pas les moyens. Et il n’y a aucune aide financière des clubs ou de la fédération française de BMX. Il faudrait trouver de nouveaux mécènes pour aider les deux champions à aller au bout de leurs rêves.