L'homme politique strasbourgeois Robert Grossmann est mort

Robert Grossmann, ancien président de la Communauté urbaine de Strasbourg, s'est éteint à l'âge de 83 ans.

Agé de 83 ans, l'homme politique strasbourgeois Robert Grossmann est mort. Connu pour son caractère bien trempé et son amour pour la litterature, il s'était retiré de la vie politique en 2014 après 49 ans d'engagement.

Ce Strasbourgeois diplomé de droit et de lettres s'était lancé en politique en 1965 en fondant l'Union des jeunes pour le progrès (UJP). Gaulliste convaincu, il n'a que 25 ans quand il est élu pour la première fois au conseil municipal de Strasbourg et au conseil général du Bas-Rhin dès 1965. A cette époque, il côtoie André Malraux, et forme de jeunes militants comme Nicolas Sarkozy.

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Interrogé par Robert Grossmann, Nicolas Sarkozy, étudiant de 20 ans, est militant à l'UDR. Il s'agit de sa première apparition à la télévision. ©France Télévisions

Un tandem à la tête de Strasbourg

Robert Grossmann aura connu une activité politique à la fois riche et frustrante car il lui aura fallu attendre 35 ans pour accéder aux commandes de Strasbourg. Mais il n'y est pas arrivé seul. L'alliance de la droite et du centre permet de remporter les municipales de 2001. C'est le tandem (tel qu'il s'est lui-même baptisé) avec Fabienne Keller. Elle à la tête de la mairie, lui à la Communauté urbaine de Strasbourg.

Sous leur mandat, Strasbourg construit et aménage : le jardin des Deux-Rives, le Zénith, la gare, la place Kléber, l'Aubette. Le tandem quadrille aussi la ville avec la vidéosurveillance, une des réponses aux tensions dans les quartiers. En 2008, le couple politique veut repartir pour six années supplémentaires, mais sans succès. Sentant le vent de la défaite après un premier tour calamiteux, le tandem se déchire entre les deux tours des municipales. Robert Grossmann, rendu responsable de la situation par beaucoup, disparaît des affiches électorales avant le deuxième tour. Et c'est le socialiste Roland Ries qui remporte la capitale européenne.

En 2014, il quitte l'UMP alors dirigée par Jean-François Copé, ne se reconnaissant plus dans le parti de Nicolas Sarkozy. Il s'était alors confié devant nos caméras sur l'ensemble de sa carrière politique

Jointe par téléphone, Fabienne Keller avec laquelle il a dirigé Strasbourg s'est dite "triste et émue" d'avoir appris le départ d'un "homme au caractère fort mais très engagé pour Strasbourg". "On était différents mais complémentaires et cela a produit beaucoup de projets au service des habitants", a déclaré la députée européenne (Groupe renew Europe).

Sur les réseaux sociaux, les hommages sont nombreux depuis l'annonce de son décès. Pour le député bas-rhinois Patrick Hetzel (Les Républicains), "c’est l’un des derniers grands gaullistes alsaciens qui part'. Pour la conseillère municipale Pernelle Richardot (PS), Robert Grossmann était "un des hommes qui marquent votre histoire".

Son personnage haut en couleur a fait pendant de longues années le bonheur des cabarettistes alsaciens de la Choucrouterie et des Scouts. Mais Robert Grossmann ne manquait pas d'humour, et il s'était fait un malin plaisir de les rejoindre sur scène en 2014 pour jouer son propre rôle comme on peut le voir dans notre reportage de l'époque

Connu pour son fort caractère et son amour de la litterature, il était surtout passionné par sa ville et son quartier de la Robertsau auquel il avait consacré un ouvrage (Ma Robertsau, séquences d'histoire d'un quartier strasbourgeois, aux éditions de la Nuée bleue). 

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