Quatre start-up alsaciennes à la conquête du salon international des nouvelles technologies de Las Vegas

Le Consumer Electronic Show de Las Vegas aux Etats-Unis, le plus grand salon mondial des nouvelles technologies, a ouvert ses portes le 7 janvier 2020. L'occasion pour des milliers d'entreprises d'exposer leurs produits à la pointe de l'innovation. Parmi elles, quatre start-up alsaciennes.

CES, le salon international dédié à la technologie, a ouvert ses portes à Las Vegas jusqu'au 10 janvier
CES, le salon international dédié à la technologie, a ouvert ses portes à Las Vegas jusqu'au 10 janvier © Etienne Laurent, Maxppp
La 53e édition du Consumer Electronics Show (CES) s'est ouvert à Las Vegas mardi 7 janvier. Durant quatre jours, les start-up du monde entier y présentent leurs innovations. Y participent cette année, quatre sociétés alsaciennes sélectionnées par l’agence nationale Business France et l’écosystème French Tech, avec le concours de CCI International.
  

My food, pour produire sa propre nourriture

My food, cette jeune entreprise, installée à Molsheim, développe des serres connectées permettant à l'utilisateur de produire fruits et légumes, sur de petites surfaces. L'idée pour les fondateurs est de décentraliser les moyens de production en réduisant les émissions de CO2. Aujourd'hui, 70 serres connectées ont essaimé à travers l'Europe, formant ainsi un réseau sur lequel peut s'appuyer chaque utilisateur. 

Johan Nazaraly, co-fondateur avec deux associés de la start-up, explique le fonctionnement : "On a une serre complètement autonome en énergie, avec des panneaux solaires et un système de récupération/irrigation d’eau de pluie ; on a un bassin dans la serre avec des poissons qui vivent leur vie et qu’on va alimenter avec une alimentation biologique (méthode de l'aquaponie). Les déjections de poissons, récupérées par un système qu’on a breveté, vont être tansformées en nutriments assimilables par les plantes ; lorsqu’elles s’en nourrissent, ces plantes permettent à l’eau d’être filtrée et aux poissons de nager dans une eau toujours propre. On a comme ça un écosystème complètement symbiotique et autonome".
 
Pour le commun des mortels, qui n'a aucune connaissance en agronomie, la solution, c'est de se connecter : avec votre smartphone et l'application dédiée, vous gérez votre serre, depuis votre canapé s'il le faut, debout, assis, à l’abri du froid, de la pluie ou du vent. "Avec des capteurs intelligents installés dans la serre et une intelligence artificielle qui coachent l’utilisateur, pour savoir quoi planter et à quel moment récolter, ça permet, pour une serre de 22 m², d’avoir jusqu’à 400 kg de production par an. Production qui correspond aux besoins d’une famille de quatre personnes", explique Johan Nazaraly, le panier moyen d’un français étant estimé à 130 kg par an de végétaux frais.
 
Plusieurs formules ont été conçues pour adapter le système aux surfaces disponibles. Cela va de la tour de culture occupant 1 m2 de surface sur deux mères de haut, pour les balcons ou les petites terrasses, en passant par des petites serres de 3 m²,  jusqu'au format familial de 22 m². 
 

Kwit, pour arrêter de fumer

Kwit, cette start-up strasbourgeoise fondée en 2017, a développé une application de sevrage tabagique, non-médicamenteuse, dans une approche ludique. "L’application est assez ancienne puisque je l’ai conçue tout seul dans mon garage en 2012, après avoir décidé d’arrêter de fumer, mais elle est opérationnelle depuis deux ans, quand j'ai créé la start-up avec deux amis", explique Geoffrey Kretz, un des trois fondateurs.
 
Ingénieur informatique de formation et amateur de nouvelles technologies, Geoffrey Kretz, président aujourd'hui de l'entreprise qui compte une dizaine de salariés, dit s'appuyer sur des experts pour construire leurs nouvelles fonctionnalités : une chercheuse en thérapie comportementale et cognitive, le Pr Lucia Romo, un expert en thérapie digitale à Pittsburg, le Pr Kar-Hai Chu, et une psychologue clinicienne, Luz Adriana Bustamante. 
  
Comment ça marche ? Avec un smartphone et l'application dédiée. Geoffrey Kretz dit exploiter des principes de thérapies comportementales et cognitives (TCC), dans une approche qui se veut scientifique. "Le principe est d’accompagner le fumeur dans sa nouvelle vie de non-fumeur. Pour ça, il va être récompensé, au fur et à mesure de sa progression, par des points. Avec ces points il va gagner des niveaux comme dans un jeu, ce qui va renforcer sa motivation. A côté de ça, il va découvrir ce qui se passe dans son corps en termes de bienfaits, de bien-être. Dans cette succession de petites réussites, il va avoir des informations sur ce qu’il a économisé, l’espérance de vie qu’il a récupérée. Quand il a envie de fumer il peut juste secouer le téléphone pour avoir un petit message de motivation. Cela va pouvoir l’aider à passer les quelques minutes que dure une envie de fumer".
 
L'utilisateur peut enregistrer ses envies quand elles lui arrivent, lui associer une intensité, un état émotionnel et un déclencheur : "Ce qui lui permettra de comprendre par-lui-même la situation la plus à risque, comme par exemple « je me sens seul dans ma voiture et c’est là que j’ai le plus envie de fumer»  et quand on anticipe et qu’on on est prêt à accepter l’envie, la moitié du travail est fait pour affronter ses envies", explique Geoffrey Kretz. L'application, traduite en 15 langues, a été téléchargée par 1,5 millions d’utilisateurs à travers le monde.
 

Transchain, pour garantir les échanges numériques

Transchain, société fondée en 2018 à Strasbourg, est présente pour la deuxième fois à Las Vegas. Avec le système du blockchain, elle permet aux entreprises d'échanger documents et données numériques de manière sûre et infaillible. "Notre application peut s'adapter à n'importe quel éditeur de logiciels. Elle garantit une traçabilité sans faille des échanges", explique Pierre Banzet, fondateur et président de Transchain.
  

Moon, pour contrôler sa santé

Moon, start-up installée à Schiltigheim, a développé une plateforme de télésurveillance du diabète, avec la collaboration d'un laboratoire de recherche, de professionnels de santé et du centre européen d'étude du diabète (CEED). L'application, téléchargeable gratuitement, permet à un patient de renseigner ses données au jour le jour, son taux de glycémie, notamment. Le suivi de sa santé est assurée par les équipes médicales en télésurveillance. "Le diabète nécessite un suivi au cas par cas et nécessite une observance importante. Un patient mieux suivi sera moins hospitalisé", explique Jean-Vianney Massin, co-fondateur et directeur général de la start-up.
       
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