Dans le parc naturel des Ardennes, des alpinistes escaladent le tunnel de Laifour, afin de prévenir les chutes de pierres sur la voie de chemin de fer. Les travaux, menés par la SNCF après quelques incidents, devraient se terminer fin novembre 2017.
Ils se nomment cordistes ou travailleurs acrobatiques. Malgré la pluie, le vent ou le brouillard, ces alpinistes prennent des risques, à Laifour (Ardennes) pour assurer la sécurité des trains et de leurs voyageurs. Dans ce village de la vallée de la Meuse, ils sont chargés d'empêcher les chutes de pierres sur le tunnel ferroviaire qui fait la liaison entre Charleville-Mézières et les communes septentrionales du parc naturel régional des Ardennes.
"Il y a eu des incidents il y a quelques années suite à des chutes de blocs [de pierre], donc la SNCF a décidé de mener des campagnes de sécurisation de cette tête de tunnel," explique Fabien Guillot, conducteur de travaux aux Guides du Grand massif, en Haute-Savoie.
Un chantier d'envergure
Pour prévenir les chutes, ses hommes pratiquent principalement des forages. "On a près de 900 forages de 3 mètres [de profondeur] sur le chantier, réalisés intégralement de façon manuelle, puis la paroi de 10 000 m² de grillages," poursuit Fabien Guillot. Soit une surface légèrement plus grande qu'un terrain de football.
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En moyenne, une douzaine de personnes travaillent en même temps sur ce chantier d'envergure. S'ils utilisent des foreuses manuelles pour creuser à même la roche, les cordistes ont également eu recours à trois héliportages pour acheminer le gros du matériel depuis la Haute-Savoie. Ce chantier de plusieurs centaines de milliers d'euros rentre dans le plan de rénovation de la ligne ferroviaire Charleville-Givet.
"Les 80 000 euros investits dans cette ligne devrait au moins la rendre aussi rapide qu'il y a vingt ans, observe le maire de Laifour, Daniel Durbecq. On souhaite que ça aille vite et qu'on puisse retrouver une voie de chemin de fer qui puisse relier Charleville à Givet dans un laps de temps bien plus court".
Il faut actuellement 1h10 à 1h20 pour relier Charleville à Givet, dernier arrêt avant la frontière belge, situé à 65 kilomètres de la préfecture. Les trains circulent donc à près de 50 km/h en moyenne, car sont notamment obligés de ralentir à l'approche de ce tunnel de Laifour pour des raisons de sécurité. Des travaux donc indispensables pour supprimer les ralentissements et réduire le temps de trajet.
Notre reportage à Laifour (Ardennes)
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