Ardennes. Des fabricants français se lancent dans les machines d'impression 3D métallique

Une imprimante utilisant du sable pour l'industrie du métal. / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Une imprimante utilisant du sable pour l'industrie du métal. / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Le développement de l'impression 3D incite des entreprises françaises à se lancer sur le marché de l'impression métallique, avec l'espoir de se faire une place dans un secteur en pleine évolution et dominé par les Allemands. Les fabricants se sont réuni à Charleville-Mézières le 26 et 27 octobre.

Par AFP

L'impression 3D, qui consiste à fabriquer une pièce en déposant peu à peu les unes sur les autres de minces couches de matière, a de nombreuses applications industrielles en fonction des matériaux utilisés: du plastique, du métal ou du sable pour les moules de pièces.

Les constructeurs français de machines d'impression 3D métallique ont fait le point cette semaine lors du symposium organisé à Charleville-Mézières par Platinium 3D, une plate-forme de démonstration, d'expérimentation, de recherche et de formation sur cette nouvelle technologie.

"On est à un point de bascule. Les entreprises sont très en demande. Elles découvrent ce que cette technologie est en mesure de leur apporter", explique Hubert Mongon, directeur général de l'UIMM, la fédération des métiers de la métallurgie.

Réduction de coûts et compétitivité sont des éléments susceptibles de décider les PME à s'équiper, à un moment où l'investissement industriel est en phase de reprise, selon M. Mongon.

Dans un marché européen dominé par les constructeurs allemands de machines d'impression 3D métallique, les Français commencent à se positionner.

Créée il y a cinq ans, la start-up strasbourgeoise Beam a déjà installé une quinzaine de machines et le rythme s'accélère avec cinq machines à livrer d'ici la fin de l'année, indique Pierre-Henri Thiefaine, vice-président développement.

L'offre s'adresse aux "pionniers qui vont faire un investissement d'avenir", explique M. Thiefaine. Beam vient de compléter sa gamme par un troisième modèle, plus petit et donc moins cher, en visant les scientifiques et les centres de recherche.

Autre nouveau sur la ligne de départ: Addup, coentreprise créée en 2016 entre Michelin et le groupe d'ingénierie Fives.

Michelin avait déjà une longue expérience de la fabrication additive qu'elle a intégrée il y a 15 ans avec l'objectif de produire plus rapidement des moules de pneumatiques, a rappelé Alexandre Lahaye, directeur marketing chez Addup.

Un an et demi après sa création, Addup met sur le marché sa première machine de fabrication additive métallique.

La société Prodways, filiale de Groupe Gorgé, qui disposait déjà d'une gamme d'imprimantes 3D pour plastique et céramique, a annoncé il y quelques mois le développement d'une machine pour l'impression métal de grandes pièces.

"Chaque matière permet d'attaquer de nouveaux marchés", a souligné Franck Fabre, ingénieur d'affaires chez Prodways Technologies.

Des places à prendre

"Il y a une amorce de filière française dans le domaine de la fabrication additive", observe Jean-Camille Uring, vice-président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). "Le moment est important pour se positionner sur le marché".

Le président de l'Alliance pour l'industrie du futur, Philippe Darmayan, va dans le même sens: "il y a de la place à prendre sur les créneaux existants", mais aussi "des marchés de niche dans lesquels une entreprise peut plus facilement trouver son secteur d'excellence".

Comme la numérisation et la robotisation, la fabrication additive est l'une des innovations que l'Alliance pour l'Industrie du futur s'efforce de promouvoir auprès des PME et TPE.

Cette ambition est au coeur de la plate-forme Platinium 3D, qui veut "accompagner le tissu industriel pour ne pas être en rupture technologique", souligne Sébastien Guenet, délégué général adjoint de l'UIIMM Champagne-Ardennes.

En aval de la filière, certaines PME ont sauté le pas de l'impression 3D en se positionnant comme sous-traitants pour des grands groupes, notamment dans l'aéronautique et l'automobile.

Mais l'heure de la production de masse n'a pas sonné.

"On est très loin de la grande série. Il y a un savoir-faire à développer et une problématique de compétitivité", témoigne Charles de Forges, directeur général de Spartacus 3D, en reconnaissant peiner à rentabiliser de lourds investissements initiaux.

A l'inverse, le fondateur de 3D MetalPrint, Maxime Hugues, assure avoir "identifié des marchés de niche". "Il est possible d'acheter ces machines, de les faire tourner et d'être rentable", affirme-t-il.

"Les machines que vous avez sur le marché, ce sont des machines dont l'objectif principal est la réalisation de prototypes et de pré-séries", explique M. Uring. "Le vrai passage à l'industrialisation va se faire dans les 2, 3 ans à venir", pronostique-t-il.

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