Charleville-Mézières : sous la menace d'une évacuation musclée, les gens du voyage ont quitté le site qu'ils occupaient illégalement

Les gens du voyage étaient installés depuis une semaine sur le site de la Warenne à Charleville-Mézières dans les Ardennes. Une installation illégale. La justice a délivré une ordonnance d’expulsion. Dans un premier temps, la communauté évangélique avait refusé de partir. Ce vendredi matin, les forces de l'ordre étaient prêtes à intervenir. Les caravanes ont finalement quitté les lieux. Retour sur les événements.

A Charleville-Mézières, dès 8 heures du matin ce vendredi 9 juin, les forces de l'ordre se sont positionnées autour du terrain où étaient installés les gens du voyage, plus précisément à l'entrée du site de la Warenne. Dimanche dernier, 180 caravanes d'une communauté évangélique avaient pris possession des lieux, malgré l'interdiction. 

Mercredi, une ordonnance d'expulsion avait été délivrée par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Cela faisait suite à une demande de la mairie de Charleville-Mézières. Au terme du délai légal de 24 heures laissé à la communauté, le maire Boris Ravignon a donc demandé au préfet des Ardennes de faire appliquer la décision de justice car la communauté évangélique refusait de partir. Elle disait être dans son bon droit : "nous avons effectué toutes les démarches nécessaires au préalable," nous assurait le pasteur de la communauté. "C'est de la discrimination et très désagréable de se faire traiter de menteurs." 

Selon l'équipe de France 3 Champagne-Ardenne présente sur les lieux dès le début des opérations, il y avait huit cars de gendarmes mobiles, mais aussi les polices nationale et municipale ainsi qu'une brigade canine. Des négociateurs ont tenté une dernière concertation, "dans un souci de dialogue", avant intervention.

En fait de matinée, quelques caravanes ont commencé à quitter les lieux. Mais d'autres ont décidé dans un premier temps de rester sur place. Pas de violence mais la communauté est très amère. "Nous n'avons plus que deux jours prévus ici, nous devons rejoindre Valenciennes dimanche," explique Désiré Vermeesche, le pasteur. "Qu'est-ce que cela peut faire de nous laisser ici deux jours de plus, on est propre, on ne fait pas de bruit, on ne dérange personne."

Certains membres de la communauté ont nettoyé le terrain, et ont déposé leurs sacs poubelles à l'entrée.  Après la confusion des premières heures, les choses ont fini par s'arranger. 

Une solution trouvée

Les forces de l'ordre n'ont pas lancé l'assaut, privilégiant la concertation et le dialogue le plus longtemps possible. La solution est venue du nord de la France. Désiré Vermeesche a pris la parole devant tous les membres de la communauté évangélique. La communauté de communes et la sous-préfecture de Valenciennes mettent à la disposition des gens du voyage un terrain provisoire dès ce vendredi, en attendant dimanche où ils s'installeront sur une autre aire de la ville. En tout cas, à Charleville, vers midi, les caravanes ont quitté les lieux ce vendredi, les unes après les autres, même les plus récalcitrants ont accepté la solution proposée. La Warenne n'est désormais plus occupée et le calme est revenu.  

Le maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon, a fait part de sa satisfaction sur les réseaux sociaux : "La fermeté paie : les gens du voyage installés illégalement sur les terrains de sport de la Warenne ont désormais libéré les lieux. Sur notre demande, le tribunal administratif avait ordonné leur expulsion. Merci au préfet des Ardennes de son soutien et aux services de la Ville mobilisés pour que force reste à la loi."

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