Le centre pénitentiaire de Villenauxe-la-Grande se mobilise pour le Sidaction

La 25e édition du Sidaction débute ce vendredi 5 avril pour trois jours de mobilisation et de sensibilisation sur la lutte contre le sida. Le centre de détention de Villenauxe-la-Grande a organisé une course solidaire pour récolter des fonds.
© Tiphaine Le Roux / France 3 Champagne-Ardenne
Près de 25 ans après sa première édition, le Sidaction s’ouvre officiellement ce vendredi 5 avril, à 20h40, pour trois jours, jusqu'au dimanche 7 avril. Un nouvel appel aux dons est lancé pour financer la recherche contre le sida.

Plusieurs actions ont été menées tout au long de la semaine dans différents établissements. Pour la première fois, détenus et personnel se sont mobilisés au centre de détention de Villenauxe-la-Grande, au nord de l'Aube. Pour récolter des fonds, une cinquantaine de détenus ont foulé le terrain de sport de la prison.

"Chaque tour couru en moins d'une minute trente correspond à 1 euro, explique Stéphane, le professeur de sport. L'association socioculturelle et sportive du centre de détention fera ces dons au Sidaction." Davantage amateurs de musculation ou de football, les détenus se sont mis cette fois à la course à pied pour la bonne cause. Leur manière à eux de prouver que, même incarcéré, on peut être solidaire.
 

S'informer sans tabou

Un forum était aussi organisé à l'intérieur de la prison pour permettre aux détenus de s'informer sans tabou. Les associations ont alerté sur les pratiques qui favorisent la transmission du sida ou de l'hépatite C : sexualité non protégée, tatouage sauvage ou utilisation de seringue artisanale. Elles insistent aussi sur la nécessité de se faire dépister régulièrement.

"On peut se faire dépister en prison, on peut recevoir son traitement en prison."
Dominique Descharles, responsable d'Aides Champagne-Ardenne

" On veut démystifier le fait qu'une personne séropositive n'est plus dangereuse, n'est plus contaminante quand elle prend bien son traitement, précise Dominique Descharles, responsable d'Aides Champagne-Ardenne. Cela permet une meilleure acceptation des détenus séropositifs."

 

 


D'autres actions en prison

Depuis 2010, l’administration pénitentiaire est partenaire du Sidaction. Cette année, plusieurs prisons du Grand Est propose des tournois sportifs ou des séances d'information sur la santé et le VIH. C'est le cas à la Maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), ainsi qu'aux centres de détention d'Oermingen (Bas-Rhin), de Saint-Mihier (Meuse) et de Toul (Meurthe-et-Moselle).

Il n'existe à ce jour pas de statistiques officielles sur la présence du sida en prison.

 
© Sidaction
​​​​​​​Un seul numéro : le 110
Vingt-cinq ans plus tard, alors que les traitements ont progressé, l'association Sidaction alerte sur la "banalisation" de l'épidémie. Selon les derniers chiffres officiels, publiés fin mars, 6.400 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2017, un nombre qui ne baisse plus depuis plusieurs années.
En France, près 172.000 personnes vivent avec le VIH dont 24.000 qui l'ignorent.
Si les traitements par trithérapie permettent aujourd’hui de rendre le virus du sida indétectable et d’empêcher sa transmission, on ne sait toujours pas l’éliminer de l’organisme. C'est pourquoi un nouvel appel aux dons pour financer la recherche est lancé.
Les dons peuvent être faits par téléphone (110, appel gratuit), par SMS (envoyer "DON" au 92110 pour un don de 5 euros) et par Internet (www.sidaction.org).
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