Congrès des maires de France. Face au gouvernement, des élus champardennais sceptiques

Les élus entrant dans le Paris parc expo de la Porte de Versailles, mardi 20 novembre 2017. / © Nicole Fachet/France 3 Champagne-Ardenne
Les élus entrant dans le Paris parc expo de la Porte de Versailles, mardi 20 novembre 2017. / © Nicole Fachet/France 3 Champagne-Ardenne

Le 100e congrès de l'Association des maires de France se tient du 21 au 23 novembre 2017 à la porte de Versailles, au sud-ouest de Paris. Les élus champardennais s'inquiètent de voir l'État délaisser les villes et leurs fonctions politiques dégénérées, notamment par les communautés de communes.

Par V.P. avec Nicole Fachet

Le parc des expositions de la porte de Versailles, dans le sud-ouest parisien, s'est peuplé d'écharpes tricolores. Mardi 21 novembre, près de 15 000 élus ont répondu à l'appel de François Baroin, président de l'Association des maires de France (AMF) qui organise jusqu'au 23 novembre le 100e congrès de son histoire.

À l'ouverture de cette édition, les inquiétudes des élus locaux sont nombreuses. Face aux membres du gouvernement présents, ils souhaitent être confortés dans leurs fonctions, qu'ils pensent menacées par les regroupements communaux et les agglomérations. En général, ils pointent le désengagement financier de l'État vis-à-vis des communes. La diminution des dotations de l'État et des contrats aidés, ainsi que la suppression progressive de la taxe d'habitation, sont des mesures qui compliquent la tache des édiles.




"Il y a toujours eu des frottements entre l'État et les communes, note François Baroin. Aujourd'hui, on arrive aux limites de l'exercice, ce qui met en cause la décentralisation, c'est-à-dire une certaine idée de la liberté locale. Évidemment, le président de la République est attendu là-dessus."


"Un petit jeu de massacre"

"Ce qui me préoccupe le plus, ce sont des positions brutales comme celles que nous avons eu sur les emplois aidés", souligne Didier Leprince, maire de Fontvannes, commune de 700 habitants dans le pays d'Othe (Aube). Grâce à ce statut, dont le gouvernement a annoncé une réduction drastique du nombre, son village employait un jeune homme souffrant d'un handicap. "Il rentrait de vacances, il pensait que son contrat allait prolongé d'un an. Et on lui a dit : « lundi, tu pointes à Pôle emploi». On ne veut plus ça," tempête l'élu aubois.

Son voisin Éric Vuillemin est encore plus amer. Pour le maire Les républicains de Romilly-sur-Seine, l'État se livre à un "jeu de massacre" des petites communes. "Il faut que ça s'arrête, s'impatiente-t-il. Nos concitoyens ont besoin d'être épaulés (...) Nous attendons des réponses précises du gouvernement lors de ce congrès."

Au pupitre, le Premier ministre Édouard Philippe a préparé le terrain, deux jours avant la clotûre du congrès par Emmanuel Macron jeudi 23 novembre. "Notre fonction, nos mandats, consistent parfois à dire « non » plutôt qu'à dire « oui »", résume à la tribune le résident du palais Bourbon. Les baisses de dotation de l'État et la suppression de taxe d'habitation, recette non négligeable pour les communes, auront les conséquences attendues : les maires devront rogner leur budget de fontionnement pour garder saines leurs finances.

►Notre reportage au parc des expositions de la porte de Versailles (Paris)

À la porte de Versailles (Paris), le gouvernement face aux maires de France
Intervenants : Didier Leprince, maire sans étiquette de Fontvannes (Aube), Éric Vuillemin, maire Les républicains de Romilly-sur-Seine (Aube); François Baroin, maire Les républicains de Troyes et président de l'Association des maires de France. - France 3 Champagne-Ardenne - Présentation : Laurence Laborie. Reportage : Nicole Fachet et Antoine Laroche. Montage: Aurore Scherschell.



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