Troyes : la Foire de mars plie bagage

Le démontage de la Foire de mars à Troyes se termine / © Brice Bachon
Le démontage de la Foire de mars à Troyes se termine / © Brice Bachon

Ce mardi 17 mars, l'heure est au départ pour les forains. Suite aux annonces du Premier ministre interdisant l’ouverture de tous les lieux « non-indispensable à la vie du pays », la Foire de mars à Troyes a fermé ses portes samedi soir.

Par Cécile Banasik


Les grues sont au travail. Les manèges fermés. Le terrain désert. Le démontage de la Foire de mars a débuté avec un peu de retard. Certains camions n'étaient pas disponibles, en révision ou bloqués.

Les forains, entre déception et compréhension, sont unanimes face à l'urgence. "Je suis un peu dégoûté, avoue Arthur Sebbaghi. Mais l'important, c'est la santé publique. On démonte et on rentre chez nous." Un peu plus loin, Austin Courteaux précise : "On espérait terminer quand même, mais avec la crise qui s'annonce, c'était un petit peu obligé. Il vaut mieux être chez soi et surveiller nos proches."
 
Le champ de foire est presque désert. Les dernières caravanes prennent la route. / © Brice Bachon
Le champ de foire est presque désert. Les dernières caravanes prennent la route. / © Brice Bachon


Sur place, Rémi Gaillier, placier de la foire et chef de projet à la mairie de Troyes, distribue des attestations de déplacement dérogatoire à tous ceux encore présents. "Si tu pars du champ de foire au-delà de midi, il vaut mieux que tu aies ça pour te déplacer", explique-t-il à l'un d'entre eux.

Un tel document est devenu obligatoire suite aux annonces du président de la République, et il sera bien utile à ces forains. Beaucoup ne partiront que dans la soirée. "Ça semble impératif qu'ils puissent quitter le lieu du champ de foire pour pouvoir remiser leur véhicule sur un lieu plus sécuritaire", constate Rémi Gaillier.

 

"On n'a pas d'assurances, on n'a pas de chômage. Il n'y a aucun service qui a été mis en place pour nous. On vit sur nos réserves." Arthur Sebbaghi, forain.


Mais tous ne sont pas égaux face à l'urgence. Certains forains ont des solutions de repli comme Arthur : "On a un terrain attitré dans le sud. On a quand même 800 km de route." D'autres se retrouvent à la rue, sans foire, sans emplacements.
 

Des semaines financièrement compliquées


Ils le savent, la période qui s'annonce va être difficile économiquement. Au même titre que les concerts et les salons, toutes les foires sont annulées. Austin redoute les prochaines semaines " Ça va être assez compliqué. Pour l'instant, on reste chez nous et on va attendre. Le mois va être long".  
 


Après Troyes, ces forains devaient se rendre à Nancy en avril. Ils vont devoir vivre sur leurs réserves. "Aucune subvention ne va être mise en place pour les forains, déplore Arthur. On n'a pas d'assurance, on n'a pas de chômage. Il n'y a aucun service pour nous."
 

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