Bischheim : Il tombe sous le charme d'un canard à la Ballastière et se lance dans la photo d'oiseaux aquatiques

En trois ans, Jean-Charles Balla a passé des heures à la Ballastière, au milieu des habitants des lieux - oiseaux et insectes - qui lui ont inspiré des milliers de clichés. Le photographe amateur expose les plus beaux d'entre eux jusqu'au 1er septembre à la Cour des Boecklin, à Bischheim.

Vous connaissez le plan d'eau de la Ballastière, à Bischheim, pour son espace de baignade. Des dizaines, voire centaines de personnes venues profiter de la plage, une glace à la main. Jean-Charles Balla vous fait découvrir le site sous un angle différent. Plus calme, plus intime, plus "nature" aussi. Pendant trois ans, il a photographié oiseaux, insectes et autres animaux. Rendez-vous à la Cour des Boecklin (17 rue Nationale à Bischheim) pour un voyage en terre pas si connue : ses clichés y sont exposés jusqu'au 1er septembre.
 


Quand il se promène au milieu de ses photos, Jean-Charles Balla a parfois du mal à y croire. Il avoue modestement avoir l'impression qu'elles ne sont pas les siennes. Comme si la lumière qui se pose sur lui le dépassait, lui, le photographe amateur initié à la belle photo par son papa quand il était tout jeune. Il a fait une pause pendant de longues années pour se consacrer à sa passion pour le vélo, environ 25.000 kilomètres par an aux quatre coins de la France, avant de reprendre une fois sa retraite prise.

Il rougit un peu, de bonheur assurément, lorsque Claire et Olivier, des habitants de Bischheim, le complimentent sur son travail. Ou que Caroline souligne sa patience pour parvenir à la "bonne photo". 
 

L'exposition est née d'un coup de foudre. Une histoire d'amour pas banale entre le photographe amateur, venu profiter de la quiétude des bords de la Ballastière et une jolie cane blanche. Elle lui a fait les yeux doux, une semaine, puis deux, puis trois jusqu'à le faire craquer. "Dès qu'elle me voyait arriver sur mon vélo, elle approchait. Et quand je m'asseyais au bord de l'eau, elle venait à côté de moi. On a sympathisé, je l'ai photographiée. C'est comme ça que les choses ont démarré", confie Jean-Charles Balla, qui jusque-là immortalisait essentiellement des paysages.

D'un canard à quelques autres, il n'y a qu'un pas. Le photographe, aujourd'hui retraité après une carrière comme responsable informatique dans une imprimerie à Schiltigheim, en a ainsi captés des centaines avec son objectif 600 mm : "Ca fait rire certains photographes qui trouvent que ce n'est pas très exotique. Mais pourquoi des animaux d'ici seraient-ils moins beaux que ceux d'Afrique ? Je voulais montrer qu'on peut aussi faire de belles photos à la Ballastière, un endroit que je connais depuis très longtemps et où je me baignais quand j'étais jeune. Et surtout montrer que ce n'est pas juste un lieu de baignade, sensibiliser les gens à être plus respectueux.
 

Jean-Charles Balla admet ses lacunes en terme de connaissance animale, même s'il est passionné par la faune. Pour reconnaître une espèce, il a dû faire des recherches sur internet ou solliciter l'aide d'amis éleveurs de canard. Il s'y connait désormais un peu plus sur les périodes d'incubation puis de naissances et sur les lieux où les oiseaux et canards cachent leurs nids. Car "si un photographe a besoin de chance, il n'y a pas de hasard. Tout doit être anticipé. On n'obtient pas n'importe quelle photo n'importe quand.

Il se déplace avec son attirail : un trépied pour installer son appareil, mais aussi une combinaison qui lui permet d'aller dans l'eau, un siège pliable pour patienter plus confortablement des heures durant sur la berge, et un filet pour se camoufler. L'homme de 71 ans n'aime pas abuser du zoom, il préfère attendre, longtemps parfois, que les animaux s'approchent de lui et va à leur rencontre, quitte à se mouiller les pieds. 

Dans ses clichés, il recherche l'émotion. Photographier des mannequins humains, très peu pour lui. Il n'a pas envie de diriger un modèle ou de demander à quelqu'un de poser. Il préfère le spontané et recherche "Le" moment. "Il faut qu'il se passe quelque chose dans la photo. Moi, je n'ai pas de formation, je ne suis pas un spécialiste. J'ai envie d'émotion. Je photographie des choses que les autres s'interdisent en pensant que c'est déjà fait, et j'essaye de travailler à ma façon pour apporte ma touche personnelle", explique pudiquement celui qui, dans cette activité, apprécie avant tout le moment où il découvre ses photos, une fois rentré chez lui.

Pour lui, un beau cliché l'est davantage pour l'histoire qu'il raconte ou la circonstance dans laquelle il a été pris que pour sa qualité intrinsèque. 
 

Ses trois clichés favoris

  • Un grèbe sous une pluie battante : "Quand j'ai pris cette photo, il pleuvait des cordes, c'était un moment très particulier car j'étais aussi trempé que le grèbe. J'ai essayé de m'abriter tant bien que mal jusqu'à ce que l'averse passe".
  • Une oie et deux canards : "Ils étaient pourchassés par une oie bernache qui ne voulait pas qu'ils aillent sur son étang. Je les ai photographiés dans un moment de panique. J'ai suivi le trio pendant plusieurs mois. J'aimais beaucoup que ces animaux soient inséparables alors qu'ils n'étaient pas destinés à vivre ensemble"
  • Arc-en-ciel : "J'espérais photographier un arc-en-ciel, donc j'ai passé tout l'après-midi à attendre et finalement, j'ai eu un double arc-en-ciel. Cela montre qu'il faut anticiper. Je suis très content de cette photo".