Coronavirus : une immunité plus longue chez les femmes que chez les hommes d'après l'Institut de virologie de Strasbourg

L'Institut de virologie de Strasbourg vient de publier une étude qui démontre, entre autre, une immunité plus longue chez les femmes que chez les hommes, de quoi permettre une meilleure évaluation de la réponse vaccinale à venir.

L'institut de virologie de Strasbourg multiplie les études pour mieux comprendre la réaction des des patients suite à une contamination au covid et donc adapter au mieux la réponse vaccinale
L'institut de virologie de Strasbourg multiplie les études pour mieux comprendre la réaction des des patients suite à une contamination au covid et donc adapter au mieux la réponse vaccinale © Vincent Michel / MaxPPP
C'est la petite dernière en date. Une étude au long cours menée par des équipes du CHU de Strasbourg et de l'Institut de virologie sur 308 personnels hospitaliers, infectés par des formes légères du virus. D'après cette étude, les anticorps neutralisants sont détectables chez 84% des patients suivis jusqu'à six mois après l'infection mais leur taux baisse plus rapidement chez les hommes que chez les femmes, ce qui semblerait indiquer une immunité plus longue pour les femmes. "Pour l'instant, explique le professeur Samira Fafi-Kremer, directrice de l’Institut de Virologie de Strasbourg, on ne sait pas vraiment pourquoi, il se trouve que plusieurs réponses immunitaires au virus se trouvent dans le chromosome X, or la femme en possède deux. Il y a peut-être aussi une explication hormonale, l'oestrogène joue peut-être un rôle".

Des études nécessaires tant l'évolution de la réponse immunitaire des patients covid-19 semble encore mal connue. L'analyse de l'évolution des anticorps a ainsi montré que les hommes de plus de 50 ans ou ceux ayant un indice de masse corporelle supérieur à 25, présentent des niveaux immunitaires plus élevés un mois après l'apparition des premiers symptômes par rapport au reste des individus testés. "C'est finalement assez logique puisque ces personnes sont les plus à risques, développent les formes les plus graves de la maladie et donc le plus d'anticorps pour lutter contre ce virus", explique encore Samira Fafi-Kremer. Des anticorps du coup, encore présents pour 99% des personnes les plus à risque et pour 84% des autres, 3 à 6 mois après l'apparition des symptômes.

L'objectif c'est bien sûr de rendre les vaccinations à venir optimales en terme d'efficacité. "De réaliser que les femmes gardent une immunité plus longtemps peut permettre d'adapter la vaccination, réfléchir à quel dosage, à quelle périodicité en fonction de si on est une femme ou un homme", ajoute encore Samira Fafi-Kremer. Au 18 novembre, 220 patients étaient hospitalisés pour cause de covid dans les hôpitaux universitaires de Strasbourg et dans d'autres unités dont 58 en réanimation. 220, c'est 2 de plus que la veille.
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