La dissolution du mouvement d’ultradroite Bastion social prononcée en Conseil des ministres

Présent à Strasbourg entre décembre 2017 et décembre 2018, le Bastion Social a rallié Entzheim (Bas-Rhin) depuis le 14 février 2019. / © Christian Laemmel et Muriel Kaiser, France 3 Alsace.
Présent à Strasbourg entre décembre 2017 et décembre 2018, le Bastion Social a rallié Entzheim (Bas-Rhin) depuis le 14 février 2019. / © Christian Laemmel et Muriel Kaiser, France 3 Alsace.

Emmanuel Macron l'avait promis en février. C'est désormais officiel. Le gouvernement a dissout ce mercredi 24 avril le Bastion social. Mouvement d'extrême-droite accusé d’appeler à la haine, aux discriminations et aux actions violentes. Il était présent à Strasbourg.

Par Avec AFP

Cette décision a été prise "pour mettre fin aux exactions répétées commises" en marge de rassemblements de voie publique, a précisé le ministère dans un communiqué. "On sait la réalité de ce qu'est le bastion social, c'est un mouvement antisémite, raciste qui multiplie les coups et qui au fond poursuit des thèses que nous condamnons", a commenté Christophe Castaner à la presse en marge d'un déplacement, évoquant "l'honneur", "presque le plaisir" de proposer la dissolution du groupe. 

Le président Emmanuel Macron s'était engagé fin février à la dissolution de ce groupuscule identitaire, né à Lyon en 2017. Fondé par des membres du Groupe Union Défense (GUD), syndicat étudiant d'extrême droite, Bastion social a essaimé dans plusieurs villes, mais restait extrêmement discret sur le nombre d'adhérents. Implanté à Strasbourg, le groupuscule avait installé un bar associatif en décembre 2017. Son bail n'ayant pas été reconduit, ses militants squattaient une maison à Entzheim depuis mars dernier. 
 


Inspiré du mouvement italien CasaPound, le groupe est adepte des thèses du "grand remplacement", qui prophétisent la disparition des "peuples européens". "Bastion social" affirme également lutter contre le "capitalisme ultralibéral", n'a pas caché sa sympathie pour le mouvement social des "gilets jaunes" né en novembre dernier, et certains de ses militants ont été vus dans des cortèges.
    
"Cette dissolution, c'est pour essayer de casser toute volonté populaire de soulèvement", a réagi auprès de l'AFP Steven Bissuel, ex-leader du mouvement. "Je suis solidaire depuis le début avec les gilets jaunes. C'est une réaction très saine des Français, de la vraie France périphérique qui n'a pas envie de subir le remplacement de la population et ne veut plus payer trop d'impôt", a-t-il ajouté. M. Bissuel a été condamné fin mars par la cour d'appel de Lyon à 6 mois de prison avec sursis pour "provocation à la haine raciale et à la violence en raison d'une origine ethnique, en état de récidive légale". Il avait publié sur les réseaux sociaux un dessin sur lequel on voyait des ananas portant des étoiles jaunes et des pyjamas rayés, évoquant les prisonniers de camps de concentration, avec en sous-titre la mention "teneur garantie: 6 millions au Zyklon B".

    
 

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