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DOCUMENTAIRE. Des jeunes de lycée abordent le sexe et l'amour autrement avec le Dr Kpote

Ils sont lycéens à Strasbourg et ils ont accepté de participer à une "classe libre". Pendant une année scolaire, ils vont apprendre, ils vont devoir s'écouter et débattre autour des thèmes qui touchent à la sexualité et à la vie amoureuse : les sentiments, le respect de l'autre, le désir, la contraception ou l'identité de genre, tout passe à la moulinette de ces jeunes esprits, encore façonnés par leur éducation ou déjà en révolte face aux visions du passé.

Ils sont tous lycéens à Strasbourg. Ils ont l'âge des convictions : celles de leur éducation qui les rassure ou celles de la révolte qui les oppose. Ils vivent à l'ère des réseaux sociaux et des avis tranchés. Et leur lycée n'échappe pas à la violence tristement banale du sexisme, du racisme et des multiples rejets et préjugés. 

Alors un groupe de ces jeunes gens se lance dans l'aventure de la "classe libre". Un lieu où la parole est libre, mais guidée par un animateur en santé sexuelle. Une classe dans laquelle l'écoute est de mise et oblige à repousser les curseurs de la tolérance. 

Voici trois bonnes raisons de voir "Classe libre" un documentaire de Clara Elalouf en avant-première puis en replay ci-dessus. 

1. Pour devenir petite souris

C'est bien l'impression donnée. Comme si nous étions une petite souris qui observe cette classe de l'intérieur. Au milieu de ces jeunes, sans que notre présence les gêne. Il a fallu une belle dose de confiance entre ces lycéens et la réalisatrice pour parvenir à capter ces échanges libres, ces invectives parfois, mais cette grande liberté de ton toujours.

Bien sûr, ils sont un peu intimidés au début de l'année scolaire lorsqu'ils rencontrent Didier Valentin, alias Dr Kpote, l'animateur en santé sexuelle. L'homme, habitué des publics jeunes et débridés, ne se la laisse pas conter et tient sa classe d'une main de fer dans un gant de velours. Il faut dire aussi qu'il en impose par son aisance à parler des choses de la vie. Il en a vu d'autres et le glisse subtilement dès la première séance : "je vis et je travaille beaucoup dans le 93" lâche-t-il l'air de rien. Échanges de regards entre les élèves "celui-là, on ne la lui fera pas" semble-t-on lire dans leurs yeux.

Les acteurs sont posés ; l'année scolaire peut commencer. Et nous, petite souris, allons assister au spectacle de la vie en atelier classe libre.

2. Parce que l'humour débloque les situations

À la question "vous avez tous déjà abordé la sexualité avec vos parents ?", les réponses gênées fusent. Non, c'est tabou, évidemment. Un jeune homme s'enhardit et déclare que le simple mot "fille" est délicat à utiliser devant sa mère. Du tac au tac, Dr Kpote envoie "pourquoi, elle préfère que tu ailles avec des garçons ?" Rires, l'ambiance se détend, la conversation s'anime. À celui dit qu'il ne peut pas voir des scènes "rien que des petits bisous" en famille, l'animateur demande si"ça va, ça ne t'ennuie pas trop de ne regarder que des Disney en famille ?" Re-rires. 

C'est le ton ping-pong qui sera le mode d'échange de toute l'année, entre ces presque adultes et celui qui vient leur apporter un éclairage différent de ceux de leurs parents. Le tout premier débat s'ouvre sur la fidélité. "Peut-être qu'on n'a pas tous la même vision de la fidélité." Les visages sont dubitatifs, rigolards ou indisposés. Leurs convictions sont bousculées. Une fois de plus, l'humour sert de bifurcation. L'animateur évoque le trouple. "C'est quoi le trouple ?", demande une voix "ben un couple à trois" répond une autre. Et l'animateur de conclure : "je ne vous sens pas prêts pour le trouple, vous, hein ?".

3. Parce qu'après l'humour, il y a l'écoute et après l'écoute il y a la tolérance

Les rôles s'inversent. Les lycéens ont compris qu'ils pouvaient parler, qu'ils pouvaient rire et lâcher quelques provocations. Alors ce sont eux qui remettent un peu d'ordre quand ça fuse trop et ils osent poser leurs questions.

Sur le thème du genre, par exemple, l'un des élèves s'étonne : "tous les jours, il y a une nouvelle sexualité créée ; les gens accordent trop d'importance à ça et ça fait polémique". Il poursuit "d'accord, tu es non-binaire, mais du coup, tu as quoi entre les jambes ?". La réponse vient d'un autre élève : "il y a une différence entre identité de genre et identité sexuelle." L'animateur peut rebondir sur le sexe d'assignation et ouvre le champ de compréhension de la différence. Petit à petit, les thèmes tabous ou polémiques se succèdent : le porno, la communauté LGBT+, la vision religieuse sur l'homosexualité, la norme, le consentement, sans oublier l'aspect physique, l'anatomie avec une scène édifiante avec la représentation d'un clitoris en silicone.

Un atelier à reproduire sans modération dans le plus de classes possible.

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