Élections à la présidence du Medef : un Alsacien parmi les sept candidats en lice

© ERIC PIERMONT / AFP
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Six hommes, une femme: sept candidats dont l'Alsacien Olivier Klotz se lancent dans la course à la succession de Pierre Gattaz à la tête du Medef. Qui sont-ils? que défendent-ils? petit rappel de leurs parcours.

Par M.C. avec AFP

La course à la présidence du Medef a été lancée officiellement ce vendredi avec la validation des candidatures pour succéder à partir du 3 juillet à Pierre Gattaz, à la tête de l'organisation patronale depuis 2013. 

Le comité statutaire de la première organisation patronale a annoncé avoir retenu la candidature de neuf personnes, qui ont obtenu 50 parrainages de membres de l'Assemblée générale pour pouvoir se présenter: Pierre Brajeux, Dominique Carlac'h, Olivier Klotz, Fabrice Le Saché, Patrick Martin, Frédéric Motte, Geoffroy Roux de Bézieux, Alexandre Saubot et Jean-Charles Simon. Mais au final, la course ne se fera qu'entre sept personnes: fin avril, Pierre Brajeux, patron du Medef Hauts-de-Seine, et Fabrice Le Saché, fondateur d'Aera Group, une société de conseil et de négoce spécialisée sur les financements verts très active en Afrique, ont annoncé qu'ils se rallieraient au président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes Patrick Martin, une fois passée l'étape du comité statutaire.

Dominique Carlac'h
Ancienne spécialiste du 400 mètres, diplômée de Sciences Po et HEC, Dominique Carlac'h a créé il y a 25 ans une société de conseil, D&Consultants, spécialisée dans la stratégie et le financement de l'innovation. Elle préside le comité Sport du Medef. Elle plaide pour un "Medef 4.0", plus ouvert aux femmes et à la structure simplifiée, et est attachée au principe d'"entreprise bienveillante".

Olivier Klotz
Directeur général de Heuft France, filiale d'un groupe allemand spécialisé dans l'équipement pour l'agroalimentaire, cet Alsacien dirige depuis 2014 le Medef Alsace. Cet homme de 56 ans veut notamment que l'organisation patronale ait "une action forte au niveau de Bruxelles et Strasbourg".

Patrick Martin 
PDG de Martin-Belaysoud Expansion, un groupe familial spécialisé dans la distribution de fournitures industrielles, il est le président du Medef Auvergne-Rhône Alpes. Fin avril, il a obtenu le ralliement de Fabrice Le Saché, fondateur d'Aera Group, une société de conseil et de négoce spécialisée sur les financements verts très active en Afrique, et de Pierre Brajeux, patron du Medef Hauts-de-Seine et président-fondateur de Torann-France, une entreprise de sécurité privée de plus de 2.000 collaborateurs.

Frédéric Motte
Cet enfant du Nord de la France, âgé de 53 ans, raconte avoir hypothéqué sa maison pour reprendre en 1996 une affaire avec un partenaire, après avoir débuté sa carrière dans le secteur bancaire. Aujourd'hui, Cèdre Industries est une fédération de 16 entreprises de sous-traitance industrielle. Maire pendant 19 ans de Beaucamps-Ligny, une commune de 900 habitants près de Lille, il est devenu fin 2013 président du Medef de Lille et du Nord Pas-de-Calais devenu depuis Hauts-de-France. En 2014, il est nommé vice-président du Medef national chargé du pôle branches, mandats et territoires, dont il vient de démissionner. Son slogan: "rassemblement, transformation, engagement".

Geoffroy Roux de Bézieux
Agé de 55 ans, il en est à sa deuxième campagne au Medef: en 2013, il avait fini par rallier Pierre Gattaz, qui une fois élu l'avait nommé vice-président de l'organisation patronale chargé du pôle "économie". Ce diplômé de l'Essec, qui a débuté sa carrière à L'Oréal, a créé plusieurs entreprises dans le secteur des télécoms, comme The Phone House et Omea Telecom, qu'il a revendu à Numericable en 2014, et en lançant Virgin Mobile. En 2009, il fonde notamment avec Pierre Kosciuzko-Morizet un fonds d'investissement, ISAI, présent notamment au capital de BlaBlaCar. Depuis 2014, il contrôle le groupe Notus Technologies, qui a acquis notamment l'entreprise d'huile d'olive haut de gamme Oliviers and Co. Ses priorités s'il est élu: mettre l'essentiel de son énergie "sur la transformation technologique et digitale de l'économie" et "faire de la pédagogie de l'économie et de l'entreprise".

Alexandre Saubot
C'est un autre poids lourd du Medef: il était jusqu'à peu vice-président de l'organisation patronale chargé du pôle social, et a notamment été sa voix dans la négociation sur l'Unedic - dont il a d'ailleurs été le président. Il avait annoncé à sa candidature qu'il renoncerait à tous ses mandats patronaux pour se présenter "en homme libre", et a donc quitté la présidence de l'UIMM, la puissante fédération de la métallurgie. Polytechnicien, il fait ses premières armes dans le secteur public au ministère de la Défense avant de passer à Bercy, puis au cabinet de Philippe Douste-Blazy au ministère de la Culture. Il bifurque ensuite dans la banque d'affaires, chez Natixis, avant de s'investir dans le groupe industriel familial Haulotte, bâti par son père Pierre Saubot sur les ruines du Creusot-Loire. Il défend un Medef qui retrouve la maîtrise de son agenda social et veut réduire les prélèvements sur les entreprises.

Jean-Charles Simon
Ancien cadre de l'Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe les plus grands groupes français, ce diplômé de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae Paris-Tech) et de Sciences Po Paris a occupé entre 2008 et 2010 le poste de directeur général du Medef, après avoir travaillé comme trader puis comme directeur des études du RPR. Passé par Groupama et Scor, il a créé fin 2013 Stacian, une société d'intelligence statistique et d'analyse économique. Proche de l'ancien vice-président du Medef Denis Kessler, chantre du libéralisme et d'une ligne dure vis-à-vis des pouvoirs publics, il appelle à mettre fin au paritarisme.

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