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Initiative : l’art des marionnettes pour explorer les relations garçons-filles à l’école de Wittisheim

© France 3 Alsace
© France 3 Alsace

Utiliser l’art des marionnettes pour explorer les relations garçons-filles, c’est l’expérience vécue pendant 4 mois par les CM2 de l'école de Wittisheim. Nous les avons suivi tout au long de leur "drôle" d'aventure.

 

Par M.C

Des couleurs. Plein de couleurs. En ce vendredi 29 mars 2019, la classe de CM2 de l’école entre Ill et Rhin de Wittisheim (Bas-Rhin) est bien encombrée. Des pelotes de laine jonchent le sol. Sur les bureaux, des pots de peinture, des pinceaux, des ciseaux, sont éparpillés. En glissant leurs mains dans des sacs, les écoliers découvrent des fleurs, des plumes, des fruits, des légumes. Répartis en groupes, ils sont une vingtaine à s’affairer pour concevoir des marionnettes. C’est le point de départ d’une aventure de 4 mois destinée à explorer les "délicates" relations garçons-filles à travers les petits personnages.


Les premiers pas...


A son origine, il y a une association : "Les foulées du sourire" fondée par Patricia et Régis Legrand. En 2014, ils ont perdu leur sœur et belle-sœur, Elisabeth Knobloch-Jung, assassinée par son ex-conjoint.  Depuis, le couple installé à Wittisheim a fait de la lutte contre les violences conjugales un devoir.
 

 "C’est la première fois qu’on partage une aventure avec les enfants et ça fait chaud au cœur. Il y a quelque chose de concret qui se met en place auprès d’eux. C’est important parce qu’ils représentent notre avenir, notre futur", réagit Patricia.

Pour autant, pas question d’aborder frontalement cette thématique difficile avec des bambins âgés entre 10 ans et 11 ans. "Si on parlait de la violence avec des enfants de CM2 ça serait trop brutal. Vaut mieux passer par des ateliers ludiques". Ludiques, mais tout de même un peu sérieux. Pour favoriser l’expression de chacun, Sylvie Bodaine, psychologue, est également présente. "Les relations filles-garçons ça reste compliqué avec des enfants. Alors on a imaginé concevoir des marionnettes et que ce soit elles qui s’expriment. A travers ce vecteur, les jeunes vont pouvoir dire plein de choses", explique-t-elle.

Mais pour l’instant, il faut donner corps à ces petits personnages à l’allure parfois surprenante. L’aventure des relations humaines ne fait que commencer pour les écoliers...
 


L'apprentissage de l'altérité


Il faudra un mois, pour que les marionnettes prennent forme. Désormais, les écoliers doivent leur donner vie. À tour de rôle, ils sont invités à monter sur une scène fictive et à improviser des dialogues autour des rapports garçons-filles. Un nouveau personnage, en chair et en os, a rejoint l’aventure. Jacques Lombard, comédien professionnel. "Il s’agit de faire fonctionner les marionnettes en binômes, qu’elles puissent se poser des questions, qu’elles s’explorent entre elles, qu’elles soient curieuses" explique-t-il.

Les timidités de départ s’effacent rapidement. Au travers des saynètes la parole se libère. Les mots sont parfois durs, acérés… les caractères des petits personnages se révèlent. "Avec les marionnettes je peux sortir tout ce que je ressens. Ma marionnette est méchante, pauvre, menteuse et puceau. Elle ne s’entend pas bien avec les autres parce que les autres sont spéciaux par rapport à elle", confie Logan, 11 ans. Alors comment bien vivre ensemble ? Se respecter ? Grâce au théâtre, les enfants continuent à se chercher, à s'interroger...
 


Le grand jour...


Juin 2019. Après 4 mois à explorer les relations à autrui, il reste aux écoliers à abattre encore quelques clichés autour de l'égalité des sexes, mais sans vraiment s'en rendre compte, les marionnettes ont gagné en assurance. Elles se disputent toujours un peu d'accord, mais désormais elles savent débattre. Le théâtre a libéré les paroles, il a aussi permis de changer les comportements. L’aboutissement d’un long travail salué par les proches des écoliers conviés à une représentation.
 
Pour Patricia et Régis Legrand, le pari est gagné. Ils tirent le rideau sur une sacrée expérience : démontrer que la lutte contre les violences peut-être menée à l'école, dès le plus jeune âge, de manière ludique. Leur association, "Les foulées du sourire", pourrait entreprendre d'autres actions de sensibilisation à destination des scolaires, dès la rentrée prochaine.
 

 

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