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Journée mondiale du naturisme: “nous ne sommes pas tous des sex-symbols, et alors ?” témoigne un campeur de Wasselonne

Le camping associatif de Wasselonne ouvre ses portes gratuitement ce dimanche 7 juillet / © Marie-Christine Lang/France 3 Alsace
Le camping associatif de Wasselonne ouvre ses portes gratuitement ce dimanche 7 juillet / © Marie-Christine Lang/France 3 Alsace

Dimanche 7 juillet, c'est la journée mondiale du naturisme. Parmi les évènements organisés partout en France, le camping associatif de Wasselonne (Bas-Rhin) organise une journée découverte "sans maillot". Nous y avons rencontré Jean-Michel D’herde, nu, et fier de l’être.
 

Par Marie Coulon

Il a le naturisme dans la peau. Jean-Michel D’herde, 57 ans, passe le plus clair de son temps nu, et ça fait des années que ça dure. "Je crois que j’ai toujours été naturiste, depuis tout petit. Très jeune je ne pouvais déjà pas supporter de dormir avec un pyjama", témoigne-t-il.
 

Le quinquagénaire fait partie de l’association CGA, Centre gymnique d’Alsace, qui gère un camping associatif de 5 hectares à Wasselonne (Bas-Rhin). Une structure qui regroupe 170 membres et qui ouvre ses portes gratuitement ce dimanche 7 juillet…aux sans maillots ! "Notre but est de permettre à tous ceux qui hésiteraient encore à devenir naturiste, de venir voir comment ça se passe et de découvrir ce que c’est, réellement".
 
Convaincre les "pro-tissu" de sauter le pas serait presque devenu un jeu d'enfant. Selon Jean-Michel, le naturisme est aujourd'hui considéré comme "art de vivre en pleine expansion". Si les recensements sont difficiles, la fédération française de naturisme dénombre plus de 17 millions d’adeptes à travers le monde, dont 4,7 millions de pratiquants réguliers en France. Pour lui, c’est sûr, la pratique répond à une "certaine réalité environnementale et sociale…Dans notre société où tout va vite, où le stress est prégnant, ça permet d’avoir un contact avec l’air, la nature, et puis ça permet de faire tomber les inégalités, les barrières. On a besoin de tout ça" explique-t-il.

Un engouement qui met un peu de baume au cœur aux "anti-textile" de Wasselone, à fleur de peau depuis qu'ils constatent aussi une poussée de défiance envers le naturisme. "Nous subissons de plus en plus de jugements et d’agressions verbales. Pas dans les clubs fermés mais sur les plages, par exemple. C’est le retour d’un certain moralisme qui s’entend et se voit à tous les niveaux de la société, c’est vraiment dommage". Et Jean-Michel de rappeler que le naturisme est autorisé par la loi et qu’il ne faut pas le confondre avec l’exhibitionnisme.

"Nous ne sommes pas exhibitionnistes. Au contraire. Ici on se respecte. On se regarde dans les yeux. Montrer les corps c’est les faire disparaître d’une certaine manière".
 
© Marie-Christine Lang/France 3 Alsace
© Marie-Christine Lang/France 3 Alsace

Adieu les complexes ? "Totalement" répond-t-il. "Nous ne sommes pas tous des sex-symbols, et alors ? Parmi nous il y a des petits gros, des grands-mères, etc… mais on ne juge pas. Dans une société de l’image, on se doit d’expliquer que l’apparence ne compte pas, qu’il n’y a pas de problèmes. Moi j’ai plutôt envie de demander aux gens : « pourquoi vous habillez-vous ? Ça ce n’est pas naturel".

Un discours militant mais sans prosélytisme, qui devrait faire mouche auprès de la vingtaine de personnes attendues toute la journée sur le camping, pour s’essayer à la nudité. Au total, l'Alsace compte environ 450 naturistes licenciés dans des structures associatives et de smilliers de pratiquants.
 

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