Strasbourg : après le raté de 2018, bientôt de nouvelles bornes de charge pour voitures électriques dans l'Eurométropole

L'Eurométropole de Strasbourg choisit deux nouvelles entreprises, Engie Solutions et Freshmile, pour installer et gérer des bornes de charge pour véhicules électriques dans l'agglomération. Un premier projet de ce type avait avorté courant 2019.
L'une des actuelles bornes de recharge électrique du centre-ville de Strasbourg, en piteux état
L'une des actuelles bornes de recharge électrique du centre-ville de Strasbourg, en piteux état © Philippe Dezempte / France Télévisions
Des bornes de recharge flambant neuves et enfin opérationnelles : une annonce similaire avait déjà été faite en… septembre 2018. Lors de la Foire européenne de Strasbourg, le président de l'Eurométropole Robert Herrmann déclarait prévoir l'installation de 250 bornes de recharge pour véhicules électriques, réalisée et gérée par deux investisseurs privés, Bouygues et Electricité de Strasbourg, sur des emplacements loués par l'agglomération. L'opération devait commencer rapidement, avec 80 stations mises en place dès 2019, et s'échelonner jusqu'en 2023.  

Mais un an plus tard, rien n'avait bougé – même si, entretemps, l'agglomération alsacienne avait été primée pour cette initiative par Avere-France (l'association nationale pour le développement de la mobilité électrique). Un prix décerné à un projet qui n'a jamais vu le jour. En cause : une "procédure mal enclenchée" associant deux investisseurs concurrents, et un "vice de forme" de ce premier appel à initiative privée (AIP), selon les explications de l'Eurométropole.


Un grand retard à rattraper

Pourtant, il y a urgence. Car en la matière, la capitale alsacienne, pionnière en 2010, fait aujourd'hui pâle figure. Avec seulement une cinquantaine de points de charge plus ou moins vétustes, à la technologie vieillissante, et dont un bon tiers ne fonctionne plus.

Après ce premier coup d'épée dans l'eau, l'Eurométropole a donc lancé un second AIP en novembre dernier. Et a trouvé un nouveau duo de prestataires-investisseurs, présenté ce mercredi 27 mai dans un communiqué : la société ENGIE Solutions, associée à la start up Freshmile, née en 2016 et basée à Entzheim. Deux entreprises habituées à collaborer, puisqu'ensemble, elles ont déjà obtenu un contrat d'exploitation de bornes de recharge dans le Morbihan.


Deux prestataires habitués à collaborer

Désormais, c'est donc ce binôme qui sera chargé de sélectionner les zones d'implantation les mieux appropriées, et d'installer et gérer les nouvelles bornes pour véhicules électriques et hybrides dans la capitale alsacienne. Il a signé avec la collectivité une convention cadre pour occupation du domaine public pour une période de 15 ans.

Dans un communiqué commun, également en date du 27 mai, Engie Solutions et Freshmile affichent leur "ambition conjointe (…) de mettre à la disposition de l'ensemble des habitants de l'Eurométropole une mobilité plus vertueuse", et de "contribuer activement à ce que Strasbourg devienne une métropole européenne de référence en matière de mobilité électrique."


92 nouvelles bornes de puissance variable

Selon ce nouveau projet, seules 92 bornes sont prévues dans l'immédiat. Mais elles offriront l'équivalent de 150 points de charge, et seront "de haute technologie", avec une puissance variable : certaines permettront de recharger son véhicule à vitesse normale, d'autres à vitesse "rapide, voire très rapide".


Un service payant

Contrairement aux anciennes bornes en fonction depuis 2010, dont l'accès est gratuit (excepté celles des parkings privés), l'utilisation de ces nouvelles bornes sera payante. Soit par abonnement (environ 30 euros par an, "en proportion de l'énergie consommée et du temps de charge"), soit par carte sans contact ou par le biais d'une application mobile dédiée, pour les utilisateurs occasionnels. La carte de l'ensemble des stations de recharge sera accessible via une application.

L'installation doit commencer cet automne, et sera réalisée progressivement jusqu'en 2022, "au fil d'une identification fine des besoins". En effet, l'idée est de repérer au fur et à mesure les emplacements les mieux adaptés, en fonction du nombre d'utilisateurs et de la vitesse de charge. Une clause de la convention stipule même qu'une borne non - ou trop peu - utilisée durant un an, c'est-à-dire installée dans une zone peu appropriée, devra être déplacée.


Une incitation à adopter des voitures "propres"


L'Eurométropole espère que cette offre permettra d' "accélérer l’usage de véhicules électriques ou hybrides au plan local" et permettre ainsi d'améliorer la qualité de l'air dans l'agglomération. Reste à savoir si l'assurance de trouver dans la rue des bornes de recharge en nombre suffisant – et en bon état de marche – suffira à inciter les habitants de l'Eurométropole à échanger leur véhicule plus polluant contre une voiture "propre". Le maintien sur le long terme, ou non, des primes à l'achat de voitures électriques, promises ce mardi 26 mai par le chef de l'Etat Emmanuel Macron, pourra également peser lourd dans la balance.  
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
société économie écologie environnement