Strasbourg, “Capitale du bruit” ? C'est Robert qui le dit

Connaissez-vous Robert? C'est le personnage du docu-fiction La capitale du bruit projeté ce mardi, au cinéma Star Saint-Exupéry de Strasbourg. Cet homme déteste la vie noctune et s'amuse à filmer les gens dans la rue, surtout quand ils sont ivres et vomissent... Ça vous rappelle quelque chose? 

Par LC

Peut-être que l'histoire du docu-fiction La capitale du bruit - projeté ce mardi 28 novembre au cinéma Star Saint-Exupéry à Strasbourg - vous rappelle vaguement quelque chose? Robert, un homme d'une quarantaine d'années, habitant du centre-ville de Strasbourg, a du mal à accepter la vie nocturne de son quartier. Il filme des gens, la plupart très éméchés, puis poste ensuite les images sur les réseaux sociaux où vomi, insultes et bagarres jouent les rôles-titres. 


Pour les Strasbourgeois, ce scénario devrait faire tilt. Rappel des faits : depuis 2013, une association de riverains s'est regroupée sous le le nom de Calme Gutenberg. Ses membres luttent contre les nuisances sonores et les dégradations commises par les clients des bars du centre-ville. Pour Nicole Nussbaum, présidente de l'association, si le collectif est passé à l'étape supérieure en publiant des vidéos sur YouTube, c'est parce que : "Nous n'avons pas eu le choix face au déni du maire qui ne voit pas les gens qui se battent et hurlent dans les rues; et qui ne voit pas non plus les familles qui sont privées de sommeil à cause d'une minorité qui s'amuse."


Du court... au long métrage


En 2015, deux copains Rock Brenner et Arnaud Delecrin ont alors l'idée de faire un court métrage sur Calme Gutenberg : "On a vu leurs vidéos et les commentaires qu'ils postent. Ils sont assez rentre-dedans. On trouvait ça marrant de faire une comédie sur ce genre de débat. Et de suivre un personnage qui lutte contre ces nuisances."

Un film tourné comme un faux documentaire où l'improvisation a régné en maître : "On voulait que ça soit spontané, que notre comédien cherche ses mots", explique Rock Brenner. Un comédien, Stéphane Bernard, qui a donc endossé le rôle du fameux Robert. Et même en dehors du tournage, puisqu'une page Facebook a été créée à son nom et qu'elle est régulièrement alimentée par Robert/Stéphane.

Les trois compères tournent donc leur court métrage mais se rendent compte qu'ils ont matière à produire un film beaucoup plus long. De fil en aiguille, ils finissent par tourner un long métrage d'1h30. Mais toujours avec les moyens du bord : "On a seulement eu besoin d'une caméra et d'un micro grand public. Nos potes nous ont filé un coup de main pour l'image et le son. Et les comédiens étaient tous bénévoles. On a pas cherché à avoir des financements. On a dû en avoir pour 1500 euros de budget."


Un débat sans fin ? 


Mais pas sûr que le film fasse avancer les choses. Chacun campe sur ses positions : la mairie d'un côté et l'association de l'autre. Pour Mathieu Cahn, adjoint au maire de Strasbourg en charge de l'animation : "C'est compliqué de dialoguer avec Calme Gutenberg. Ils ne comprennent pas que le centre-ville est un espace urbain particulier, qui n'appartient pas à ses riverains. Strasbourg n'est pas une ville-musée, c'est donc normal que certains quartiers soient vivants ! Après je ne suis pas favorable à une spécialisation des quartiers : il faut trouver un point d'équilibre."

Quant à Nicole Nussbaum, ce film ne l'amuse pas du tout : "A part nous discréditer une fois de plus, ce film ne va rien changer. Il est comme un pet d'âne : ça va faire beaucoup de bruit, ça va sentir mauvais mais ça va se dissiper tout aussi vite! Alors que nous sommes quand même face à un problème de santé publique et d'intérêt général. Le repos est un droit. Les adjoints au maire devraient plutôt s'intéresser aux vrais problèmes de la ville plutôt qu'à ces pitreries." 

A la suite de la projection, un débat est prévu en compagnie - justement - de Mathieu Cahn. Mais pas sûr que Calme Gutenberg fasse le déplacement : "Il n'y a aucune consigne. Mais peu de nos membres semblent être intéressés. On ne va pas aller payer un billet pour se faire insulter ensuite", ajoute Nicole Nussbaum. CQFD.


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