Strasbourg : contre les perturbateurs endocriniens, des légumes bio pour les femmes enceintes et les bébés

"L’ordonnance verte" a été adoptée à l’unanimité lundi 21 mars 2022 en conseil municipal à Strasbourg. Ce dispositif, prévu pour septembre 2022, vise à protéger les femmes enceintes et leurs enfants des perturbateurs endocriniens. Il se concrétisera notamment par des paniers de légumes biologiques.

Alimentation, produits cosmétiques, produits ménagers. Les pesticides sont présents partout dans notre quotidien. Et s’ils sont très nocifs pour l’adulte, ils le sont encore plus pour la future maman et son bébé. "Même à faible dose, les perturbateurs endocriniens augmentent les risques d’obésité, les troubles neuro-cognitifs, et même les risques de cancers" explique Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé publique et environnementale.  

"On est dans un monde de chimie, de pesticides, et on finit par s’habituer sans rien faire", poursuit l’élu, également médecin. Alors il se réjouit d’autant plus de l’adoption, à l’unanimité, de l’ordonnance verte en conseil municipal à Strasbourg, lundi 21 mars 2022. Celle-ci va permettre à toutes les femmes enceintes de Strasbourg de bénéficier d’un dispositif protecteur pour elles-mêmes, et pour leur enfant, pendant la grossesse.

Concrètement, à partir du mois de septembre 2022, les médecins pourront délivrer une ordonnance qui donnera accès à leurs patientes à trois ateliers d’information sur les perturbateurs endocriniens, et les meilleures manières de s’en protéger. Parallèlement, chaque semaine, elles recevront un panier de légumes issus de l’agriculture biologique.

Un budget de 330.000 euros

Sur les 3.000 à 4.000 femmes enceintes chaque année à Strasbourg, l’équipe municipale estime qu’environ 20% demandera à bénéficier de l’ordonnance verte chaque année. "C’est pour ça qu’on est parti sur 800 personnes environ pour commencer", explique Alexandre Feltz. La mesure, chiffrée à 330.000 euros, pourra être élargie si davantage de Strasbourgeoises veulent y adhérer.

L’expérimentation avait déjà été menée pendant un an et demi auprès d’une centaine de femmes et elle avait remporté un succès notable. Entre juillet 2019 et décembre 2020, des futures mamans suivies dans des centres médico-sociaux de la PMI (Protection maternelle et infantile) avaient été sensibilisées aux risques des perturbateurs endocriniens et aux moyens d’y échapper.

La Ville a maintenant cinq mois pour identifier un opérateur chargé de distribuer les paniers bio, et mettre sur pied un parcours avec les professionnels de santé. "C’était un projet majeur de notre mandat", conclut Alexandre Feltz. "Ensuite, il faudra aller plus loin dans la réglementation sur les produits qu’on fabrique, comme ceux contenant du bisphénol." Mais pour ça, la balle est dans le camp de l’Union européenne.