Strasbourg : le chien Jack déménage après 8 ans comme mascotte, émoi dans le quartier Saint-Florent à Cronenbourg

Jack, border collie âgé de 8 ans, a fait ses adieux au quartier Saint-Florent dans Cronenbourg, à Strasbourg (Bas-Rhin), le dimanche 23 mai. Il déménage à la campagne avec sa famille. Ce chien était la mascotte du voisinage, à qui il manquera beaucoup.

Il aura été la mascotte du quartier pendant huit ans. Jack, un border collie aussi gentil que joueur, était un chien très apprécié de son quartier. Il a déménagé à la campagne avec sa famille le dimanche 23 mai 2021.

Jack vivait à Saint-Florent, à deux pas de l'église éponyme. Il s'agit d'un secteur verdoyant du quartier strasbourgeois de Cronenbourg. Il est parfois appelé "Vieux-Cronenbourg" par une partie de sa population installée de longue date.

 Véronique Bonneville a vécu presque toute sa vie dans ce quartier (visible sur la carte ci-dessous), dont 12 ans dans la maison qu'elle vient de quitter. Elle a répondu aux questions de France 3 Alsace sur Jack, "car ça peut faire plaisir aux gens qui le connaissent d'apprendre un peu son histoire".
 


Comment votre chien participait à la vie de Saint-Florent ?

"Tout au début [quand il est arrivé; ndlr], il a lancé sa balle à travers les barreaux du portail. Et quand les gens passaient, ou les enfants, ils pensaient qu'il avait perdu sa balle. Comme ça, par hasard. Donc ils lui relançaient dans la cour et le jardin. C'est très rapidement devenu un jeu. Il lançait sa balle exprès juste pour que les gens s'arrêtent et lui relancent. Parfois pendant dix minutes, un quart d'heure... Les gens s'arrêtaient exprès pour jouer avec lui, surtout les enfants, les grand-parents qui gardent leurs petits-enfants..."

"Ça devenait le jeu de la journée, surtout pendant le confinement : les gens venaient là pour avoir de l'occupation. Ça faisait pratiquement huit ans que ça durait. Même les éboueurs jouaient avec lui, les gens qui travaillent dans la commune, les paysagistes... Ils faisaient leur pause devant notre portail pour jouer avec Jack. C'était l'attraction du quartier."
 


Comment est-il arrivé dans votre vie ?

"On est allé le chercher chez un berger, dans les Vosges du nord. On cherchait un border collie car on voulait un chien gentil, affectueux, etc. Qui ne soit pas agressif. On est tombé sur une petite annonce d'un berger qui avait une portée. Les parents sont des border collies, le berger a des moutons... C'était naturel."

"On a choisi Jack car c'est le nom du whisky... le Jack Daniel's [on vous rappelle que l'abus d'alcool est dangereux, etc. ; ndlr]. C'est pas très glorieux, on est un peu des fêtards, et c'était peut-être une période où on faisait un peu plus de fêtes... On cherchait un prénom qui soit assez bref, que ça claque un peu, et Philippe, mon mari, s'est dit : pourquoi pas Jack Daniel's. On a laissé tombé Daniel's, et voilà."


Quel est son caractère ?

"Il est très, très, très affectueux. Il donne beaucoup d'amour. Il est speed [rapide; ndlr], il joue tout le temps. Dès que quelqu'un passait, il jouait avec lui : il n'attendait que ça. Par contre, c'est un dominant : il a du mal avec les autres mâles. Mais à part ça, c'est un chien très gentil, très bien, très affectueux. Intelligent aussi, même si on n'a pas eu de temps pour lui apprendre des tours..."
 


Les promenades devaient être populaires ?

"Tout à fait, il était connu. Quand je disais qu'on habitait telle rue, on me disait : 'Ah, là où il y a le chien blanc et noir...' En fait, il était plus connu que nous... C'était un peu la coqueluche du quartier. Quand il était petit, les jeunes venaient le chercher pour le promener."


Et pourquoi ça ne sera plus le cas ?

"Ça va être différent, maintenant, car on habite à la campagne; à Eckwersheim. C'est un peu plus calme, là-bas. On a déménagé, on est parti dimanche avec Jack [voir la photographie de son arrivée sur Instagram ci-dessous; ndlr]... Les poules sont parties, les chats sont partis aussi. On fait juste encore des allées et venues avec mon mari, pour finir d'empaqueter, pour nettoyer et tout ça..."

"On est maintenant dans un verger, à l'arrière d'une petite ruelle avec deux autres maisons. Quand on sort de la maison, il n'y a que du vert. On a 18 ares de terrain là-bas, il a beaucoup plus d'espace... mais c'est plus calme : il n'y aura plus de passage. C'est un peu dommage, mais c'est comme ça, c'est la vie... Bon, il y a déjà le voisin qui joue avec lui, mais ça ne sera plus pareil. Il faudra qu'on l'occupe un peu plus, après et avant le travail. " 
 

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D'où le petit mot à votre portail ?

"Oui, j'ai mis un petit mot [visible dans le tweet d'une voisine ci-dessous; ndlr] sur le portail jeudi soir. Tout simplement, je me suis dit que les gens avaient consacré tellement de temps, et il y a eu tellement d'amusement avec Jack : il ne peut pas partir comme ça sans dire au revoir. Et que les enfants, même les adultes, vont se demander en ne le voyant plus : est-ce qu'il est mort, est-ce qu'il est malade..."

"Donc je me suis dit que par respect pour tout le monde, et pour les remercier de tout le temps accordé à Jack, j'allais mettre ce petit mot. Je ne pensais pas que ça prendrait des proportions comme ça, c'est super sympa. On a eu des petits mots accrochés à la porte; et quand on était dans le jardin, on entendait des gens - de tous les âges - s'attarder, lui parler, nous poser des questions. Une petite fille, Louisa, voulait remercier Jack d'avoir joué avec elle : elle a dit qu'elle allait lui manquer et qu'elle l'aimait beaucoup."
 


Quelles anecdotes pouvez-vous raconter sur ce chien ?

"Oh, vous me prenez au dépourvu... Il a déjà fugué près de l'autoroute quand il était un peu plus jeune, parce que c'est quelqu'un qui... Enfin, 'quelqu'un'... voilà, j'ai l'impression... En fait, on dit avec mon mari que c'est notre bébé. On avait déjà un chien qui est décédé à 16 ans et demi. Le fait d'en reprendre un, un an après, et ne plus avoir d'enfants - on a trois fils tous déjà partis - fait que c'est vraiment un peu devenu notre bébé. Il n'est pas tout le temps sur notre lit, mais sur le canapé : c'est son lit à lui. Quand on s'assied, on lui laisse sa place. Si un comportementaliste nous lit, il ne va peut-être pas être très content..."


Pas d'anecdote, donc ?

"Si, je peux vous raconter... C'est assez spécial : on a des poules. On avait un petit poulailler à l'arrière du jardin. Au début, on ouvrait l'enclos pour qu'elles puissent se promener dans le jardin, picorer l'herbe, enfin tout ce qu'elles veulent. Et le soir, il fallait leur courir après. On s'est alors dit : il faut apprendre à Jack à les rassembler comme les moutons et les faire entrer par la porte de l'enclos."

"Mais il a su si bien faire ça que par la suite, après coup, il était si bien dressé pour les rassembler... qu'il ne leur permettait plus de sortir. Dès qu'une poule sortait tout doucement de son enclos, il ne lui donnait aucune chance et la reconduisait. Donc plus moyen de sortir les poules parce qu'il les remballe tout de suite... Un peu dommage pour elles."
 


Jack ne disparaît pas

Que les voisines et voisins se rassurent, Jack ne disparaît pas pour de bon. Thibaut Bonneville, l'un des trois fils, a ouvert un compte Instagram pour que son fier compagnon canin donne de ses nouvelles. Et quand les Bonneville passeront voir la famille restée à Saint-Florent, Jack les accompagnera. De quoi faire le plein de jeux et de caresses. 
 

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