Strasbourg : une vidéo montrant une voiture de police déloger des Sdf d'une galerie marchande fait réagir

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Écrit par Yann Lagarde

Une vidéo montrant une patrouille de police réveiller des Sdf tôt le matin pour les déloger d'une galerie marchande a suscité l'indignation sur les réseaux sociaux. Une deuxième vidéo a été publiée ce jeudi matin, montrant une nouvelle intervention de la police, à pied cette fois.

C’est une vidéo qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux. Diffusée ce mercredi sur Facebook, on y voit une voiture de police dans une galerie marchande du centre de Strasbourg stationner à proximité de personnes sans domicile fixe.

La voiture reste à moins d’un mètre d’eux, moteur allumé, puis fait subitement marche arrière. Selon l’auteur de cette vidéo, qui dure 35 secondes et qui a été vue près de 200 000 fois depuis hier, la police municipale de Strasbourg « réveille et déloge les personnes sans domicile fixe dès 6h du matin ».


La vidéo, diffusée en direct sur Facebook s’arrête au moment où les policiers sortent de la voiture et semblent intimer à l’auteur de supprimer ce qu’il vient de filmer, ce que l’auteur confirme dans le commentaire de la vidéo. D’après lui, les agents municipaux lui auraient expliqué « que les services de propreté de la ville doivent accomplir leur mission de nettoyage et passent tôt le matin ».

Une décision assumée par la mairie, qui explique que si les patrouilles interviennent si tôt, « c’est pour laisser le temps aux équipes de nettoyage d’intervenir et aux livraisons matinales d’arriver avant l’ouverture des enseignes ». « On ne les empêche pas de se réinstaller après", précise-t-elle.

Une situation qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux, certains reprochant aux services municipaux de déloger des personnes Sdf, plusieurs heures avant l’ouverture des magasins, alors qu’il fait encore nuit et que les températures sont encore très basses. Mais davantage que le motif de l'intervention, c'est surtout l'entrée de la voiture dans la galerie marchande qui semble déranger.


Une deuxième vidéo a été publiée sur Facebook ce jeudi matin par Christine, proche des milieux associatifs qui côtoie les personnes sans-abri depuis plusieurs années. Dans cette nouvelle vidéo, enregistrée en direct vers 5h30, « près du Monoprix place Kléber », elle interpelle les policiers qui interviennent, cette fois à pied.
L’auteure de la vidéo discute pendant 7 minutes avec les policiers municipaux. Expliquant vouloir « faire réagir le maire », elle demande aux policiers que les personnes sans-abri puissent dormir « jusqu’à 7 ou 8h du matin ». Pour elle, les sdf présents dans la galerie ne gênent aucunement l'équipe de nettoyage, le plus souvent "constituée d'un balayeur".

S’en suit alors une conversation sur un ton très cordial avec les agents sur place, qui disent comprendre la situation, mais rappellent que des gymnases sont ouverts pour accueillir ces personnes. Une solution peu pratique pour Christine, puisque beaucoup de personnes sans-abri ont une mobilité très réduite. Certains sont âgés, « ont des difficultés à marcher » et ont toutes leurs affaires qu’ils ne peuvent se résoudre à transporter à l’autre bout de la ville. 


« Tout ce qu’ils demandent, c’est de dormir un peu »


Elle fait également remarquer aux policiers que les personnes qui passent la nuit ici ne dérangent personne, « qu’ils nettoient tout après leur passage » et font même « du gardiennage » devant les vitrines, évitant ainsi des tentatives de cambriolage.

Après avoir réveillé les personnes sans-abri, les policiers repartent, l’auteure de la vidéo reconnaît alors « que la patrouille s’est montrée compréhensive et humaine » et remercie d'avoir laissé la voiture à l'extérieur de la galerie (ce qui n'est pas le cas dans la première vidéo), épargnant aux personnes dormant là « les gaz des pots d’échappement ».

La mairie explique que les équipes de policiers municipaux sont aussi là pour "faire de la médiation, s’assurer que les personnes qui ont dormi dehors vont bien et appeler le 115 si nécessaire".

« Ça se passe toujours bien, en bonne intelligence », assure la mairie qui assume cette décision et affirme n’avoir reçu aucune plainte de commerçants.

De son côté, Christine continuera à venir apporter son aide avec d'autres indépendants et associations.