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Victime d'une escroquerie, un entrepreneur appelle à l'aide et lance une cagnotte sur internet

Mathieu Jehl présente sa situation dans une vidéo / © Capture d'écran
Mathieu Jehl présente sa situation dans une vidéo / © Capture d'écran

Le gérant d'une société de location de matériel vidéo vient d'être victime pour la seconde fois d'un vol avec escroquerie. L'assurance ne rembourse rien, et lui n'a presque plus de matériel à louer, mais des emprunts à rembourser. En désespoir de cause, il lance une cagnotte sur internet.

Par Sabine Pfeiffer

"Demander de l'argent sans contrepartie ne fait pas partie de mon fonctionnement, mais je ne sais pas quoi faire d'autre pour m'en sortir. Sauver ma société, et par extension, ma propre vie." Par ces quelques mots, Mathieu Jehl, jeune entrepreneur de Neuve-Eglise, dans le Bas-Rhin, résume parfaitement sa situation actuelle. Lui, l'indépendant, qui gère avec passion sa société de location de matériel de vidéo et de cinéma CINEXO, créée voici neuf ans "en partant de rien", et dans laquelle il a réinvesti le moindre de ses gains, se trouve totalement acculé suite à une énorme escroquerie début avril. Aujourd'hui, il ne voit plus d'autre issue que d'organiser un appel à dons sur internet. 

Il y a deux ans, Mathieu Jehl a été victime d'une première escroquerie de ce type. Suite à une location, il n'a jamais réussi à récupérer son matériel, d'une valeur de 50.000 euros, dont la police n'a pas pu retrouver la trace. Seul point positif pour lui : à cette époque, il venait de rembourser un premier crédit, et pouvait donc réinvestir dans du nouveau matériel pour remonter la pente. Rendu méfiant par cette mésaventure, il a demandé par la suite des garanties complémentaires avant de prêter la moindre caméra. Et ne s'est pas méfié lors de ce nouveau prêt, début avril, car l'emprunteur lui a fourni les documents demandés : carte d'identité, permis de conduire, chèque de caution... Et a même organisé un véritable tournage, avec une réelle équipe, "et des techniciens de métier qui se sont fait avoir, eux aussi." C'est en appelant le chef opérateur pour lui demander si tout allait bien que Mathieu Jehl apprend que le tournage a été annulé. Il comprend alors que son matériel s'est, une fois encore, évanoui dans la nature. Par la suite, les gendarmes lui expliquent que tous les documents de son "client" sont des faux.


Une arnaque de grande ampleur

Suite au dépôt de plainte, Mathieu Jehl découvre qu'ils sont cinq loueurs, en France et l'un en Suisse, à avoir subi une arnaque identique de la part du même voleur, plus probablement de la même bande organisée. Préjudice global : près d'un million d'euros. L'affaire vient d'être confiée au parquet de Paris, mais sans grand espoir de retrouver le matériel volé, principalement des caméras d'une valeur de 60.000 à 65.000 euros, car elles ont vraisemblablement déjà été revendues à l'étranger.

Une situation impossible

Aujourd'hui, Mathieu Jehl se retrouve dans une situation totalement impossible. Selon la police, le matériel ne sera vraisemblablement pas retrouvé Il ne touchera strictement rien des assurances, car les vols avec escroquerie "sont toujours explicitement exclus du contrat". Il lui reste encore 65.000 euros d'emprunt à rembourser sur le matériel volé, et en parallèle, n'a presque plus de matériel à louer. Donc, impossible pour lui de faire face à cette perte en poursuivant son activité. Et comme il est caution personnelle sur l'ensemble de ses emprunts, s'il dépose le bilan, il devra rembourser l'ensemble de ses prêts, "ce qui (lui) prendrait une dizaine d'années en y consacrant la majorité de (ses) revenus salariés" s'il trouvait un autre travail. 


Un dernier espoir


D'où cette ultime planche de salut : lancer un appel à dons sur une plateforme en ligne. Pour Mathieu Jehl, l'objectif serait de pouvoir racheter une caméra, afin de ne pas être obligé de mettre la clé sous la porte, ce qui ne ferait qu'aggraver sa situation. Dans un texte d'accompagnement à son appel, il se présente en quelques lignes : "Chaque jour, je fais la tournée, tel le petit épicier dans sa camionnette, pour livrer le matériel où les productions en ont besoin. Je ne suis pas qu'un prestataire technique, je m'investis dans les projets de mes partenaires, j'essaie d'exercer différemment ce métier, en apportant conseil et aide tout au long de la prestation." Il complète le tout par une vidéo, dans laquelle il raconte les détails de son histoire. Avec un seul, immense, espoir : toucher, "pour 1 escroc, 10.000 coeurs en or".       

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